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Un activisme à l’Etranger avant le 12 décembre : L’UE priée de maintenir les sanctions contre les proches de J.Kabila

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Pour la FIDH, la levée précipitée de ces mesures risque d’être interprétée comme une caution à l’impunité généralisée et comme un abandon du soutien aux victimes des répressions politiques sanglantes de l’ancien régime
 Par GKM
 

 « Près d’un an après l’alternance politique en RDC, la majorité des hauts responsables de « l’ère Kabila » sous sanctions européennes sont restés dans leurs postes ou dans la sphère politique et sécuritaire. Aucune mesure judiciaire à leur encontre n’a été prise par les autorités congolaises actuelles, alors que certains sont soupçonnés d’être responsables de graves crimes », note la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme(FIDH) dans un communiqué signé le dimanche 1er décembre  à Paris, en France.

A travers ses organisations membres, la FIDH prie l’Union européenne à maintenir et prolonger les mesures restrictives, qui arrivent à leur échéance le 12 décembre 2019, contre 14 hauts responsables de la RD Congo. Elle a aussi demandé aux autorités congolaises de prendre des mesures judiciaires à l’encontre de ces personnalités sous sanctions de l’UE.

La position de la FIDH, exigeant le maintien des sanctions contre les proches de l’ancien président Joseph Kabila, intervient au moment où la nouvelle Présidente de la Commission de l’Union Européenne, l’Allemande Ursula Von der Leyen, effectue sa première tournée en Afrique, et qui se trouve depuis lundi à Addis Abeba, Capitale de l’Ethiopie. Dans ce pays, elle va avoir des entretiens avec le Premier ministre éthiopien, le Prix Nobel de la Paix 2019, sans oublier le Président de la Commission de l’Union Africaine, le tchadien Moussa Faki.
Ursula Von der Leyen est donc appelée à maintenir les sanctions contre les proches de Kabila accusés des graves violations des droits de l’homme en RDC.

Ces 14 personnalités, qui voient leurs avoirs gelés et sont interdites de visa pour l’Union européenne (UE) depuis quelques années.
 » Le chef d’État-major adjoint des FARDC, l’inspecteur général de l’armée, le directeur des Ecoles de formations de la police, ou encore l’assistant principal du conseiller spécial du chef de l’État en matière de Sécurité, ainsi que plusieurs autres demeurent en position d’influencer les orientations et mesures politiques et sécuritaires prises par les nouvelles autorités congolaises, que ce soit par leurs fonctions à la tête d’entités opérationnelles, ou au sein des instances politiques et législatives du pays « , regrettent certaines  organisations membres de FIDH, comme l’Association africaine des droits de l’Homme (ASADHO), le Groupe Lotus et la Ligue des Électeurs (LE).

 » Dans le contexte actuel de transition politique en RDC, la levée précipitée des sanctions contre ces personnalités risque d’être interprétée comme une caution à l’impunité généralisée et comme un abandon du soutien aux victimes des répressions politiques sanglantes de l’ancien régime. Elle affaiblirait grandement les pressions internationales à l’égard des autorités actuelles, qui visent à ce qu’elles s’engagent à instaurer un État de droit, respectueux des valeurs démocratiques », insiste Dismas Kitenge, Président du Groupe Lotus.

Des signes encourageants mais…

Si des signes encourageants sont à noter depuis l’arrivée au pouvoir de Félix-Antoine Tshisekedi, le 24 janvier 2019, notamment la libération de plusieurs prisonniers politiques et le retour d’exil de certains opposants, la transition politique en RDC se poursuit lentement. Le contexte sécuritaire reste cependant fragile, et le renforcement de l’Etat de droit demeure très inachevé.   » Pire, de nombreuses violations des droits humains et des atteintes à l’espace démocratique, notamment l’usage disproportionné de la force, ont continué à être commises tout au long de l’année 2019 par les Forces armées de la RDC et de la Police nationale congolaise (PNC) « , accuse FIDH.

Ces violations se sont déroulées sur l’ensemble du territoire congolais, sous le commandement ou l’autorité de certaines de ces mêmes personnalités sous sanctions de l’UE, renchérit la FIDH. « Tant qu’ils ne seront pas écartés des fonctions influentes au sein des appareils politiques et sécuritaires de l’Etat, il faut craindre que des violences surgissent toujours, notamment lors des élections locales qui devraient avoir lieu prochainement en RDC. Cela, pendant que de fortes tensions communautaires agitent certaines parties du pays « , tance une fois de plus FIDH.

« Les sanctions ciblées doivent être maintenues », exige Jean Claude KATENDE de l’ASADHO.
« Pour qu’elles soient levées, il revient aux autorités congolaises de s’assurer que ces individus cessent d’exercer une influence dans la sphère politique congolaise, y compris par le biais de poursuites judiciaires à l’encontre de ces personnes soupçonnées d’avoir planifié, dirigé ou perpétré certains des principaux crimes de masse et violences des dernières années « , ajoute Katende.

Qui sont les personnalités congolaises sanctionnées?

Sur la liste de 14 personnalités congolaises proches de l’ancien Président Joseph Kabila sanctionnées par l’UE, on trouve les officiers des Fardc et de la police nationale congolaise (PNC) de haut rang et des anciens gouverneurs des provinces. Il s’agit des généraux Kampeta Ilunga, chef de la Garde Républicaine, Kumba Gabriel Amisi dit Tango Four (FARDC), Luyoyo Ferdinand Ilunga, chef de l’Unité Anti-émeute de la PNC, Célestin Kanyama Tshishiku, numéro 1 de l’école de formation de la PNC, John Numbi Banza Tambo, Eric Ruhorimbere, Kibelisa Roger, Delphin Kahimbi de la Demiap.

S’agissant de personnalités civiles, il faut noter la présence sur la liste de l’UE le professeur Boshab Evariste, ancien ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Alex Kande Mupompa, ancien gouverneur du Kasaï Central, Jean-Claude Kazembe Musonda, ancien gouverneur du Haut-Katanga, Lambert Mende Omalanga, ancien ministre des Communication et Médias et ex-porte-parole du Gouvernement congolais, Emmanuel Ramazani Shadary, ancien ministre de l’Intérieur, et Kalev Mutond, ancien directeur général de l’ANR.

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