..."/>

Crimes de guerre commis entre 1993 et 2003, RDC : le rapport Mapping de l’ONU exhumé!

réfugiés

Dix ans après, Dr Denis Mukwege, Prix Nobel de la Paix 2018, relance à Paris le débat sur ce document qui décrit la sauvagerie avec laquelle les droits de l’homme  et le droit international humanitaire ont été systématiquement violés en RD Congo entre 1993 et 2003
 Par GKM

L’Assemblée nationale française vient d’organiser un colloque à Paris, pour étudier les voies et moyens de donner une suite sulfureux Rapport Mapping qui avait recensé quelque 617 crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis en République Démocratique du Congo entre les années 1993 et 2003. Parmi les participants à ces travaux dont la clôture est intervenue hier mardi dans la capitale on signale la présence du Gynécologue congolais, Denis Mukwege, Prix Nobel de la Paix 2018.

Ce colloque, apprend-on,  a été voulu et soutenu par le Prix Nobel de la paix 2018, Dr Denis Mukwege, et par l’Institut francophone pour la justice et la démocratie dans l’objectif de voir comment donner une suite au rapport Mapping dix ans après la publication de ce document faisant état de plusieurs violations graves des droits de l’homme survenues en RDC.

Aucun de ces crimes jugé !

Ce qui étonne encore, c’est le fait que dix ans après, aucun des crimes commis pendant les deux guerres que la RDC a connues pendant cette période n’a été jugé, alors que tous ces faits ont été documentés par l’ONU. Cette  fois ci, le Docteur Denis Mukwege a, à cette occasion rompue le silence en exigeant l’exhumation de ce rapport afin que les auteurs de ces cimes graves puissent répondre de leurs actes devant les instances judiciaires nationales ou internationales.

L’implication du Dr Denis Mukwege a conduit à  l’Institut francophone pour la justice et la démocratie à lancer plusieurs conférences et séminaires sur le sujet cette année, comme l’an prochain pour les dix ans du rapport Mapping. Pour Luc Henkinbrant, enquêteur des droits de l’homme pour l’ONU entre 2001 et 2011, un certain nombre des personnes, auteures présumées des crimes, aujourd’hui exercent encore à un très haut niveau de responsabilité.

Le Dr Denis Mukwege est parmi les victimes  de cette sauvagerie ayant couté son hôpital de Lemera  où une trentaine *de ses collègues et patients en 1996 et que les victimes vivaient toujours dans la peur. Résultat de plusieurs centaines de témoignages En effet, le rapport Mapping est le fruit des entretiens avec plusieurs centaines d’interlocuteurs, tant  congolais qu’étrangers, qui ont été témoins des atrocités commises sur le sol de la RDC par des militaires congolais et étrangers.

Dans certains cas, les victimes sont devenues auteurs de crimes et certains responsables de crimes ont été eux-mêmes victimes de graves violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire dans un cycle de violence qui n’est pas encore terminé. Le rapport est destiné à retracer les actes de violence graves qui ont affecté directement ou indirectement une vaste majorité de la population vivant en RDC. Bien qu’il ne vise ni à établir de  responsabilités individuelles ni à jeter le blâme, le rapport reproduit en toute franchise les récits souvent choquants des tragédies vécues par les victimes et témoins.

Ce document se veut un premier pas, après un violent conflit, vers un processus de vérité parfois  douloureux mais nécessaire.
Il dresse aussi un état des lieux du système de justice en RDC, basé sur des points de vue de différentes parties prenantes du système de justice, y compris de ceux  qui ont été victimes de ses carences. Il présente un certain   nombre d’options à considérer  à la fois par les acteurs congolais et les acteurs internationaux dans la tâche difficile de réforme de la justice, confrontée à de multiples défis.

Il plaide pour un engagement  renouvelé du Gouvernement à s’assurer que la justice devienne l’un des piliers  fondamentaux de la démocratie congolaise. Enfin,  le rapport se tourne vers l’avenir en identifiant plusieurs chemins que pourrait emprunter la  société congolaise pour composer avec son passé, lutter contre l’impunité et faire face aux défis présents de façon à empêcher que de telles atrocités se reproduisent.
A travers leurs témoignages inscrits dans ce rapport, les Congolais ont démontré  leur engagement vis-à-vis de la vérité et de la justice.

L’impact final de ce projet  dépendra des actions de suivi par le Gouvernement et le peuple de la RDC. Bien qu’il  appartienne en premier lieu au Gouvernement  de la RDC et à son peuple de définir et de mettre en œuvre une approche sur la justice transitionnelle, ils doivent aussi pouvoir  compter à cet égard sur le soutien de la communauté internationale. Graves violations des droits humains de l’homme et du droit  international humanitaire

Faire un mapping des violations les plus graves des droits de l’homme et du droit  international humanitaire commises en RDC durant la période à l’examen a posé  plusieurs défis. Malgré l’ampleur de la violence extrême qui caractérise les violations dans certaines provinces de la RDC, il a également été nécessaire de prendre en compte les violations de moindre intensité dans des régions apparemment moins affectées, afin de poser un regard sur l’ensemble du territoire. Pour cela l’échelle de gravité a été adaptée à  chaque province.

Enquêter sur des violations survenues plus de dix ans auparavant a  parfois été difficile du fait du déplacement des témoins ou des victimes et du temps  écoulé. Dans certains cas, les violations qui apparaissaient de prime abord comme des crimes isolés se sont avérées parties intégrantes de vagues de violence survenues dans un espace géographique donné ou au cours d’une période déterminée. Force est de constater que devant le nombre effrayant de violations commises de 1993 à 2003, l’immensité du pays et les difficultés d’accès à de nombreux sites, pareil mapping demeure nécessairement incomplet et ne peut en aucun cas restituer la complexité de chaque  situation ni rendre pleinement justice à l’ensemble des victimes.

Le rapport du Projet Mapping comprend une description de plus de 600 incidents violents survenus sur le territoire de la RDC entre mars 1993 et juin 2003. Chacun de ces incidents suggère la possibilité que de graves violations des droits de l’homme ou du droit international humanitaire aient été commises.

Plus de 1 500 documents relatifs aux violations des droits de l’homme commises durant cette période ont été rassemblés et analysés en vue d’établir une première chronologie par province des principaux incidents violents rapportés. Seuls les incidents dont le niveau de gravité était suffisamment élevé selon l’échelle de gravité développée dans la méthodologie ont été retenus.

*

*

Monter

Login

Lost your password?