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Les points saillants de l’année en RDC

musée national de la rdc

L’inauguration du Musée national et les disparitions du musicien Lutumba et du sculpteur Liyolo, deux géants de la culture congolaise, ont marqué l’année
Par YHR

L’année 2019 s’est avérée riche en événements culturels. Le plus significatif pouvant être l’inauguration, le samedi 23 novembre, du Musée national de la République démocratique du Congo par le président Félix Antoine Tshisekedi.  Cet imposant bâtiment, à l’architecture mêlant tradition et modernité, expose quelques 400 œuvres, choisies parmi les 12.000 fournies par l’Institut national des musées (INMC).
Situé sur le boulevard triomphal, à Kinshasa, le musée est fruit de la coopération entre Kinshasa et Séoul.

Le coût global des travaux se chiffre à 21 millions de dollars us, débloqués par le gouvernement sud-coréen.  Cette bâtisse  n’accueille pas seulement un espace d’exposition. Il offre une bibliothèque à ses visiteurs, une salle de conférence et un espace multimédia. Le musée a été inauguré alors que  les autorités n’ont pas abordé le brûlant dossier de la restitution des biens culturels congolais pillés par l’ancienne puissance coloniale, la Belgique.

Enfin un musée digne de ce nom

Du 29 octobre au 2 novembre,  le  Musée national de la RDC a abrité la huitième édition de la Congo Fashion Week (CFW). Comme l’expliquait  l’initiatrice de ce projet, Marie–France Idikayi,  la  saison 2019 a été  marquée non seulement par les défilés de mode et expo-vente de vêtements, mais encore  par la présentation du nouveau concept « Congo Fashion Council »

Parmi les autres événements, il y a  le sixième « Salon africain de la bande dessinée et de l’autre muzik », tenu du 12 au 14 décembre à Kinshasa. Cette exposition, à l’initiative de  L’Atelier de Création, de Recherche et de l’Initiation à l’Art (ACRIA), avait pour thème « L’art dans le patrimoine historique Kongo ».

Il s’agissait  de redynamiser l’esprit de la lecture dans les écoles et de faire en sorte que Kinshasa devienne la plaque tournante du neuvième art en Afrique. Le Salon a regroupé des auteurs de Kinshasa, de l’intérieur du pays et ceux venant d’autres pays africains comme le Congo/Brazzaville, la République Centrafricaine, le Gabon, le Cameroun, le Bénin,  etc. Un autre objectif important de cette 6ème édition était de réunir les auteurs, éditeurs et libraires, afin de favoriser la discussion sur le rôle de la bande dessinée, sur les possibilités de carrière et de revenu du bédéiste, et la mise en place d’un véritable marché local.

Inoubliable Simaro Lutumba

L’année a été marquée par la disparition, le samedi 30 mars, à Paris, en France, de l’artiste-musicien Lutumba Ndomanueno alias Simaro Masiya. Ce guitariste, auteur-compositeur et interprète de la rumba congolaise, a été membre du groupe musical tout puissant OK Jazz pendant 32 ans.

L’homme est né le 19 mars 1938 dans le district de Maquela do Zombo, en Angola. Ses parents angolais ont émigré au Congo Kinshasa, où il a commencé sa carrière musicale,  rejoignant Franco Luambo Makiadi dans l’OK Jazz en 1961. En 1974, il compose la chanson à succès du groupe, « Mabele »,  interprétée par le chanteur Sam Mangwana. Il gagne alors le surnom de « Poète ».

Après le décès de Franco en 1989, Simaro continue l’aventure TP OK Jazz, en accord avec la famille du défunt. Mais  en 1993, une scission intervient, en raison de désaccords sur le partage des fonds avec la famille de feu Luambo. En janvier 1994, Simaro forme le groupe musical Bana OK, avec une trentaine de musiciens issus de l’OK Jazz.

Quant aux arts plastiques, ils ont connu la perte du sculpteur et plasticien Alfred Liyolo, mort le 1er avril à Vienne en Autriche. Né le 30 mai 1943 à Bolobo, au Congo belge (actuelle République démocratique du Congo),  l’homme est connu pour certaines de ses œuvres, qui  occupent plusieurs espaces publics, comme la place de la Victoire, à Kinshasa ou AU croisement de l’avenue Kimwenza et de la route By Pass. Ses œuvres récentes peuvent être admirées dans le Jardin de la Primature.

Les arts plastiques en deuil

Liyolo a réalisé tous les bustes des Commissaires Généraux depuis la colonisation, tout comme les bustes de tous les Premiers ministres que la RD Congo depuis l’indépendance. Seuls les bustes des deux  derniers Premiers ministres ne sont pas de lui. Sa dernière œuvre en date à la Place Victoire est le Monument de Franco en grandeur nature. Il a également réalisé les bustes trônant sur la Place de l’Indépendance, au  Lualaba.

Petit-fils d’un tailleur d’ivoire, Alfred Liyolo est passionné par l’art  depuis l’enfance. Passion qui le pousse à quitter le pays en 1963 pour aller parfaire, en Autriche, une formation commencée en 1958 à l’Académie des Beaux-arts de Kinshasa.  En tant que Directeur Général de l’Académie des Beaux-arts de Kinshasa, il conduit cette institution vers la modernisation. Il est également le seul artiste africain à avoir été reçu par l’Empereur du Japon. Il a exposé dans le monde entier, de la Suisse à la Chine, du Sénégal à l’Afrique du Sud et a participé à de nombreuses Biennales artistiques et Expositions internationales, ainsi qu’à des séminaires dans le cadre de l’enseignement artistique, touristique et environnemental.

Il y a eu aussi le décès du comédien et chanteur Chico Pululu, le 23 décembre. Mort qui a soulevé de nombreuses interrogations dans la communauté des artistes-comédiens.

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