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La grande part de responsabilité de « Je connais le Congo »

thomas luhaka

L’actuel ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire (ESU), Thomas Luhaka, est l’un de rares anciens ministres à avoir trouvé une place au sein du première Gouvernement formé par le nouveau Président de la république, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Avant de se retrouver à la tête de l’ESU, l‘homme de « Je connais le Congo » qui s’était fait connaître au sein du MLC, parti cher à Jean-Pierre Bemba, avant de trahir ce dernier a eu à diriger le ministère des Postes et Télécommunications, puis celui des Infrastructures ,Travaux Publics et Reconstruction (ITPR), où il a laissé de mauvaises traces après son passage.

Si aux ITPR,  d’aucuns mettent à son actif la non réhabilitation de plusieurs routes à Kinshasa et le lancement désordonné des travaux de construction des sauts-de-moutons dans la capitale, l’arrivée de Thomas Luhaka à la tête de l’ESU commence mal, comme en témoignent la majoration sensible des frais académiques et la colère que cette décision a provoquée auprès des étudiants. Ayant fixé les frais à payer, il a commis une imprudence de laisser libre court à des négociations sur lesdits frais académiques au niveau des institutions de l’ESU.

Les incidents malheureux  qui viennent de se produire à l’Université de Kinshasa (Unikin) ainsi qu’à l’Université de Kisangani (UNIKIS) n’augurent rien de bon à l’ESU sous Thomas Luhaka. La suspension des activités dans ces deux institutions jusqu’à nouvel ordre, pour des raisons dites sécuritaires en sont la  preuve.

Pour rappel, les étudiants de l’UNIKIN ont manifesté le lundi 06 janvier et le mardi 07 janvier, pour exiger la baisse des frais académiques fixés à plus de 450.000 Fc, alors qu’ils avaient payé l’année académique dernière près de 250.000 FC.

On se demande pourquoi le ministre de tutelle a fait majorer les frais académiques dans les institutions universitaires, quand on sait que les étudiants congolais ne perçoivent plus de bourses depuis plusieurs décennies.
Il faut déplorer à l’heure actuelle les nombreux dégâts matériels et même les pertes en vies humaines, survenus après ces manifestations des étudiants à l’Unikin.

Outre la succursale de la BCDC (Banque commerciale du Congo), le bâtiment du bureau des professeurs, la salle de promotion Monseigneur Gillon, et autres ont été  vandalisés, tandis qu’un policier a succombé,  mardi, à la suite des jets de pierres dont il aurait été victime de la part des étudiants. On compte également des blessés dans les rangs des éléments de la police que le commandant de la ville avait déployés autour du site universitaire de l’UNIKIN.

Le déguerpissement du campus, une décision décriée

En ordonnant le déguerpissement des étudiants du campus de l’UNIKIN endéans 48 heures, le ministre de l’ESU Thomas Luhaka aurait cédé aux chantages de certains professeurs, alors que la plupart de ces professeurs avaient, eux, étudié grâce à la bourse de l’Etat. Curieusement, ces professeurs exigent aujourd’hui la majoration des frais académiques, alors qu’ils savent bien que ces étudiants n’ont pas de bourse et sont issus généralement des familles modestes.

Depuis son départ du MLC (Mouvement pour la Libération du Congo), Thomas Luhaka ne cesse de se distinguer par des décisions décriées. C’est le cas aujourd’hui de la majoration sensible des frais académiques et du déguerpissement précipité des étudiants du campus de l’UNIKIN au lendemain des incidents.  Le ministre de l’ESU souhaiterait-il voir le Président de la République Félix Tshisekedi passer à côté de ses promesses électorales et échouer ainsi durant son mandat actuel? Nombreux sont ceux qui commencent à se poser cette question. Seule la fin des choses édifiera l’opinion à ce sujet.

Pour l’heure, le ministre de l’ESU, en concertation avec le commissaire provincial de la police/ ville de Kinshasa, a suspendu toutes les activités académiques à l’Unikin, évoquant les raisons sécuritaires après les incidents survenus. Et de manière précipitée, les étudiants internés ont été sommés de déguerpir du campus universitaire, mettant ainsi les étudiants venus de l’arrière-pays dans une situation très difficile.

Certes, les violences commises par les étudiants méritent d’être condamnées haut et fort. Mais il serait injuste de charger uniquement les étudiants, sans évoquer la part de responsabilité de l’actuel ministre de l’ESU dans ce qui est arrivé.

Par LKT

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