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Coronavirus : le pangolin suspect numéro un?

(FILES) In this file photo taken on June 30, 2017, a juvenile Sunda pangolin feeds on termites at the Singapore Zoo. - The endangered pangolin may be the link that facilitated the spread of the novel coronavirus across China, Chinese scientists said on February 7, 2020. Researchers at the South China Agricultural University have identified the scaly mammal as a "potential intermediate host," the university said in a statement, without providing further details. (Photo by ROSLAN RAHMAN / AFP)

Espèce menacée, cet animal  aurait transmis le 2019-nCoV comme on l’appelle maintenant  à l’Homme, d’après des scientifiques chinois
Par YHR

Le pangolin a-t-il transmis le nouveau coronavirus, ou comme on l’appelle maintenant le 2019-nCoV,  à l’Homme ? Ce petit mammifère, aux écailles prisées des braconniers, a été identifié par des scientifiques chinois comme le « possible hôte intermédiaire » ayant permis la transmission du virus à l’Homme. C’est ce qu’a indiqué dans un communiqué, le vendredi 7 février dernier, l’Université d’agriculture de Chine du Sud.

Cependant, des chercheurs appellent à la prudence. Des scientifiques en sont toutefois convaincus : le nouveau coronavirus 2019-nCov serait venu de la chauve-souris. Mais le virus de chauve-souris n’étant pas équipé pour se fixer sur les récepteurs humains, il est sans doute passé par une autre espèce pour s’adapter et se transmettre à l’Homme. On appelle ce second animal un « hôte intermédiaire ».

Virus qui mutent

« Des virus, comme les coronavirus, sont présents chez des animaux mais ne sont pas capables de passer directement à l’Homme. Ils vont donc muter, passer par un autre animal où ils vont évoluer, et ensuite pouvoir infecter l’Homme », explique Olivier Terrier, chercheur du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) au Centre international de recherche en infectiologie.

L’identité de cet animal intermédiaire fait l’objet de nombreuses interrogations depuis le début de l’épidémie. Si l’hypothèse du serpent comme possible hôte intermédiaire a été  un moment  été avancée, elle a  vite été démentie par des analyses génétiques.

Désormais, c’est le pangolin qui fait figure de « suspect numéro un ».   Insectivore édenté recouvert d’écailles, ce mammifère solitaire au corps allongé, présent en Afrique et en Asie, avec une langue collante pouvant atteindre trente centimètres, s’apparente au fourmilier. Tout comme le tatou, il peut s’enrouler sur lui-même pour se protéger des prédateurs. Particulièrement ciblé par les braconniers, il est classé comme espèce « en danger critique d’extinction ».

Espèce « en danger critique d’extinction »

Les recherches menées par l’Université d’agriculture de Chine du Sud révèlent que les analyses génétiques de virus prélevé sur les pangolins et sur les patients infectés par le coronavirus étaient identiques à 99%, rapporte l’agence de presse officielle du gouvernement chinois Chine nouvelle.  « Cette hypothèse est vraisemblable (…) La communauté scientifique semble plutôt s’orienter vers un mammifère », approuve  Olivier Terrier, tout en rappelant que lors de l’épidémie de Sras en 2003, un petit mammifère, la civette, était responsable de la transmission du virus de la chauve-souris à l’Homme.

Une étude parue en 2019 et repérée par Le Monde apporte également du crédit à cette piste : des chercheurs cantonais avaient mis en évidence la présence de nombreux virus, dont des coronavirus, chez des pangolins saisis par les douanes chinoises en mars 2019.

Toutefois, le chercheur Olivier Terrier appelle à la prudence dans l’attente d’une confirmation définitive de ces résultats. « Les détails de ces recherches ne sont pas encore accessibles. A ma connaissance, cette étude n’a pas été publiée dans le cadre d’un article scientifique et n’a donc pas été évaluée par la communauté. Il s’agit d’un seul communiqué de presse de l’université », tempère le scientifique.

« Aujourd’hui, il est un peu tôt pour trouver cet hôte intermédiaire. Les scientifiques sont à la recherche de l’origine du coronavirus, mais cette recherche prend du temps. Il faut accumuler beaucoup de données de séquençage, chez les animaux et chez les patients infectés, et plus le travail de comparaison sera important, meilleur sera sa qualité », insiste  le chercheur, expliquant  au passage qu’il peut y avoir plusieurs hôtes intermédiaires.

Plus d’un millier d’échantillons provenant d’animaux sauvages testés

Avant de cibler le pangolin, les chercheurs chinois de l’Université d’agriculture ont testé plus d’un millier d’échantillons provenant d’animaux sauvages, est  détaillé dans leur communiqué, sans apporter  beaucoup plus de précisions.   Pour trouver l’origine du coronavirus, ils ont vraisemblablement dû recenser tous les types d’animaux vendus sur le marché de Wuhan, d’où est partie l’épidémie, et particulièrement ceux qui sont consommés pour leur viande.

Cependant, personne  ne peut affirmer que  le pangolin faisait partie des espèces vendues sur ce marché, connu pour son commerce illégal d’animaux sauvages et destinés à être mangés. Mais le pangolin est prisé des Chinois pour sa chair supposée délicate. Ses écailles, ses os ou encore ses organes sont également utilisés par la médecine traditionnelle asiatique.

Cette consommation du pangolin aurait presque anéanti l’animal en Chine, rapporte le magazine Géo, et aujourd’hui l’espèce est menacée d’extinction. Près de 100 000 pangolins sont victimes chaque année, en Asie et en Afrique, d’un trafic illégal, qui en fait l’espèce la plus braconnée au monde, devant les éléphants et les rhinocéros, selon l’ONG WildAid.

Depuis 2016, le commerce de pangolins est strictement interdit par la Convention internationale sur le commerce d’espèces sauvages menacées d’extinction.  Les autorités chinoises ont fermé le marché de Wuhan et interdit temporairement le commerce d’animaux sauvages, pour lutter contre la propagation du coronavirus.

Des Congolais inquiets

Mais l’inquiétude des opinions rd congolaises se justifient par le fait que la Chine a largement investi le territoire africain. Trente-neuf pays du continent se trouvent sur la carte des « Nouvelles routes de la soie » sur lesquelles s’étend le développement commercial chinois. En 2009, la Chine est devenue le premier partenaire commercial du Continent noir, devant les États-Unis et la France.

Huit ans plus tard, des sources officielles évaluaient à plus de 200 000 le nombre de travailleurs chinois en Afrique – particulièrement en Algérie, en Angola, au Nigeria, en Éthiopie et en Zambie. Certains des citoyens de l’ « Empire du milieu » étant susceptibles de rentrer  chez eux régulièrement, pouvant servir de relais pour le virus.

C’est cette inquiétude qui a poussé l’Organisation Mondiale de la Santé  (OMS) à déclarer l’épidémie comme « une urgence de santé publique de portée internationale ». « Notre plus grande préoccupation est la possibilité que le virus se propage dans des pays dont les systèmes de santé sont plus faibles.

Il ne s’agit pas d’un vote de défiance à l’égard de la Chine », s’est toutefois empressé de préciser Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur de l’agence spécialisée onusienne. L’institution n’avait  jusqu’ici utilisé le terme d’ « urgence de santé publique de portée internationale » que pour de rares comme la grippe porcine H1N1 en 2009, le virus Zika en 2016 ou encore  la fièvre Ebola, qui a ravagé une partie de l’Afrique de l’Ouest de 2014 à 2016 et la République démocratique du Congo depuis 2018.

Une population déjà  en mauvaise condition de santé

L’arrivée du 2019-nCoV pourrait faire des dégâts humains considérables sur le continent noir. Certains expliquent que  dans les pays développés, l’avancement de la maladie n’est pas encore très inquiétant et on peut proposer aux malades de simplement rester chez eux pour ne pas contaminer d’autres personnes. Mais cette option n’est valable que si, d’abord, les personnes sont déjà en bonne santé, et ensuite, si elles ont accès à des ressources de santé autour d’elles. Mais dans la plupart des pays africains, c’est tout ce qui fait défaut.

Ainsi en Afrique, les gens sont déjà en mauvaise condition alimentaire, ils font l’objet d’autres pathologies y compris infectieuses sous-jacentes : paludisme, troubles intestinaux, pneumopathies… En Afrique, beaucoup d’enfants souffrent déjà d’infections respiratoires aiguës, et seraient donc particulièrement fragiles à ce virus qui affecte les poumons.

Parmi les pays les plus fragiles sur un continent très contrasté, les experts désignent la Sierra Leone, déjà très touchée par le virus Ebola, le Yémen, fortement atteint par le choléra, le nord du Mali et du Burkina ; des zones où des guérillas internes font rage et où les États sont en déliquescence.

Dans ces régions, il n’y a plus de maire, plus d’instituteurs, plus de médecins. Si une maladie contagieuse s’ajoute aux problèmes de types de zones, elle va forcément exploser  s’alarment certains.

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