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Dans un rapport de monitoring à mi-parcours à Kinshasa : Les avancées et les limites de l’enseignement de base identifiées

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Le pari de pérenniser la gratuité de l’enseignement primaire, conformément à l’article 43 de la Constitution de la RD Congo du 18 février 2006, effective sur toute l’étendue du territoire national depuis cette année scolaire 2019 – 2020, présente plusieurs risques. Cela au regard du faible niveau de croissance économique, la pauvreté galopante, des problèmes liés à la mobilisation des ressources et les priorités budgétaires du pays qui est à la fois en conflit et post conflit.

C’est ce que relève le rapport de monitoring à mi-parcours présenté par la Coalition-Desc (Coalition de la société civile pour la promotion et la protection des droits économiques, sociaux et culturels), hier mercredi 11 mars 2020 à l’Institut Français de Kinshasa. Ce rapport porte sur «la mise en œuvre de la politique de gratuité de l’éducation de base dans la ville province de Kinshasa» pendant la période de décembre 2019 et de janvier 2020.

La présentation a été faite, tour à tour, par les membres de la coordination de la Coalition-DESC. Un rapport qui s’est penché sur l’un des aspects des droits humains, notamment le droit à l’éducation rendu obligatoire et gratuite par plusieurs instruments internationaux et régionaux depuis de nombreuses années, ainsi que par la Constitution de la RD Congo du 18 février 2006.

Plusieurs personnalités politiques et de l’éducation au niveau national et international ont pris part à la présentation de ce rapport de monitoring à mi-parcours, dont la pertinence du contenu a été fort saluée. Parmi les participants, on a noté la présence de quelques députés nationaux, des sénateurs, des élus de la ville province de Kinshasa, le président de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), le directeur-pays du Bureau conjoint des Nations-Unies sur les Droits de l’homme, et les représentants de l’Unesco, de l’Ambassade de France en RD Congo, l’abbé-coordonnateur national des écoles conventionnées catholiques, et autres.

La première à intervenir dans le cadre de son mot de bienvenue, la coordinatrice de la Coalition-Desc, Elodie Nsimire Muzigirwa, a précisé qu’il s’agit à travers ce rapport d’un travail citoyen, qui doit préoccuper au plus haut point les institutions du pays, les organisations de la société civile. Elle a fait allusion à Nelson Mandela qui avait soutenu que: «l’éducation est une arme la plus puissante pour changer le monde».

Le directeur-résident du Bureau conjoint des Nations-Unies des droits de l’homme, Aziz Abdoul Thioy, l’institution qui a apporté l’appui technique et financier, a salué le travail réalisé par la Coalition-DESC, tout en l’invitant à se pencher sur les autres droits particulièrement celui lié à la santé, avec surtout l’initiative en gestation du système universel de prise en charge médicale.

Présentation du rapport

Concernant le rapport proprement de monitoring à mi-parcours proprement, il faut dire que l’enquête de terrain a été effectuée dans 74 écoles primaires, soit 52 conventionnées et 22 non-conventionnées, dans la ville de Kinshasa. Les questionnaires ont été soumis à un échantillon de 222 élèves, 210 enseignants, 74 chefs d’établissements, 12 Ong, 4 syndicats, 2 associations de parents et 3 partenaires techniques et financiers.

La première partie a été présentée par l’un des membres de la coordination de la coalition, qui est du synecat, Stephanie N’guizani, qui a parlé de la méthodologie de travail. Il s’est attelé notamment sur le recrutement des moniteurs au sein des organisations de la société civile (syndicats, Ong de défense des droits de l’homme), la formation des enquêteurs, l’identification des cibles.

L’autre membre de la coordination, Henry Wembolu a abordé les cadres juridiques du droit à l’éducation et la gratuité de l’enseignement primaire au niveau international, au niveau régional et au niveau national.
Pour sa part, le coordonnateur-adjoint de la Coalition-DESC, Jean-Bosco Puna, a procédé à l’historique de la gratuité en RD Congo.

Il a, ainsi, précisé que la gratuité de l’enseignement en RD Congo comme politique publique de l’éducation ne peut se concevoir comme une nouveauté, mais plutôt comme une reconnaissance par l’Etat de ses obligations constitutionnelles et de ses engagements régionaux et internationaux.

Il a rappelé la période avant l’accession du pays à l’indépendance caractérisée par la formation d’une élite moyenne, non préparée à affronter les défis du développement, la période allant de 1960 jusque vers les années 1974 caractérisées par une organisation interne du système avec des cycles préscolaire, primaire et secondaire d’une part, mais aussi un financement public conséquent de l’éducation de l’ordre de 30% du budget national, d’autre part.

La zaïrianisation intervenue dans les années 1973 et la rupture de la coopération belgo-congolaise, qui s’en est suivie, a entrainé l’effondrement du système éducatif caractérisé par une baisse substantielle du budget de l’éducation, des interférences politiques et des remous sociaux entre 1990 et 2019.

Cette situation s’est, dans l’intervalle, aggravée avec les pillages qu’a connus le pays  en 1991 et 1992 qui ont entrainé la destruction de l’ensemble du tissu économique et la privation de l’Etat de ressources nécessaires à l’accomplissement de ses missions régaliennes.

Il faut dire que la faillite de l’Etat, la recrudescence des grèves des enseignants primaire et secondaires, ainsi qu’autres problèmes ont poussé l’Eglise catholique à proposer  «la prise en charge des enseignants par les parents». Un système transitoire de deux ans mais maintenu le plus longtemps possible.

Ce qui a créé l’exclusion d’un grand nombre d’enfants en âge de scolarité, la déperdition scolaire, la démotivation du personnel enseignant due à l’insécurité socioprofessionnelle, la baisse criante de la qualité des enseignants dispensés, la paupérisation à outrance des parents, l’apparition de nouveau comportements notamment chez les parents qui se considèrent comme patrons et chez les enseignants qui considèrent les élèves comme clients.

Par Lucien Kazadi T.

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