Type de recherche

ADF et M23, deux grosses épines dans le pied du Gouvernement Suminwa

A la une La Tempête des Tropiques Nation POLITIQUE

ADF et M23, deux grosses épines dans le pied du Gouvernement Suminwa

Partager


Par N.T.

Le Gouvernement, dirigé par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, a enfin été investi par l’Assemblée nationale à une très large majorité dans la nuit du 11 au 12 juin 2024. Parmi les priorités de son programme d’action présenté devant la représentation nationale, il y a la restauration de la sécurité et de la paix dans l’Est de la République démocratique du Congo.

La situation sécuritaire et la crise humanitaire se sont particulièrement aggravées ces dernières semaines dans la province du Nord-Kivu où sévissent dans la partie Nord les rebelles ougandais des ADF (Forces Démocratiques Alliées) et dans la partie Sud les rebelles du Mouvement du 23 Mars(M23) appuyés par l’Armée régulière du Rwanda.

Le nouveau Gouvernement de la RDC est obligé de changer de stratégies pour restaurer la sécurité et la paix dans les provinces du Nord-Kivu, de l’Ituri et du Sud-Kivu. Au Nord-Kivu, les rebelles ADF, vaincus en Ouganda, leur pays d’Origine, se sont installés au Nord-Kivu depuis une vingtaine d’années. Mais c’est depuis 2014 qu’ils procèdent aux massacres à grande échelle des populations autochtones dans des villages et des champs du territoire de Beni. Leur cruauté s’est aggravée depuis qu’ils ont fait allégeance au mouvement terroriste international ” Etat islamique “. Après plus deux ans d’une traque conjointe des ADF par les Armées régulières de la RDC et de l’Ouganda dans le Nord du Nord-Kivu et le Sud de l’Ituri, ces rebelles qui semblent avoir une maitrise de la géographie de la région en pratiquant la guérilla, conservent toujours leur capacité de nuisance. Selon des sources hospitalières, la tuerie perpétrée par les ADF le 7 juin 2024 au village Masala vient alourdir le bilan des incursions de ces rebelles dans le territoire de Beni. On parle de 70 morts, plusieurs blessés et des disparus dans la seule semaine du 3 au 8 juin 2024. Depuis trois semaines, c’est plus de 100 morts enregistrés dans la zone de Beni-Mbau.

A l’hôpital général de référence de Mabalako, même les blessés demandent à être libérés pour aller se mettre à l’abri des massacres. Dans la partie Sud du Nord-Kivu, le M23 et l’Armée rwandaise sont accusés par des humanitaires et la société civile de commettre des tueries dans la région.
Par ailleurs, au cours des cinq premiers mois de cette année, plus de 470 personnes ont été tuées dans la province de l’Ituri, notamment dans de violents incidents contre les populations civiles dans les territoires de Djugu, Irumu et Mambasa.

Accélérer le processus de montée en puissance des FARDC

Le Gouvernement Suminwa devra accélérer le processus de montée en puissance des Forces Armées de la République démocratique du Congo (FARDC) car les voies diplomatiques pour mettre fin à cette guerre imposée par le Rwanda ont montré leurs limites. Des puissances occidentales telles que la France et les Etats-Unis d’Amérique ont évolué en dénonçant et en condamnant le soutien du Rwanda au M23, mais elles n’ont pris aucune sanction contre le régime au pouvoir à Kigali pour le contraindre de retirer ses troupes de l’Est de la RDC.

Le recours aux troupes des communautés régionales dont la RDC est membre n’a rien produit jusqu’ici. En 2023, le déploiement des troupes de la Communauté de l’Afrique de l’Est (Kenya, Ouganda, Soudan du Sud, Burundi) au Nord-Kivu n’a pas permis à la RDC de recouvrer son intégrité territoriale. Le remplacement des troupes de l’EAC par celles de la SADC (Communauté de Développement de l’Afrique australe) depuis décembre 2023 n’a encore rien produit jusqu’ici.

Il y a donc nécessité de doter la RDC d’une Armée républicaine, puissante et débarrassée des infiltrés qui sont au service des Etats voisins et des puissances étrangère