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Survenue depuis 10 ans : une panne à la station sismique de Lubumbashi inquiète

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Survenue depuis 10 ans : une panne à la station sismique de Lubumbashi inquiète

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Par Marcel Tshishiku

Survenue depuis 10 ans, une panne à la station sismique de Lubumbashi, chef-lieu de la province du Haut-Katanga, expose les habitants de ce centre urbain à un danger permanent. Installée en 2009 à la faculté de géologie de l’Université de Lubumbashi, la station n’a fonctionné que de 2010 à 2015, rendant impossible toute détection précise des secousses sismiques dans la région. La sonnette d’alarme a été tirée par le chef des travaux Mulumba, coordonnateur adjoint de la station qui s’est confié à Yabisonews.cd.

Selon cet expert, « la station, issue d’une coopération avec le musée de Tervuren (Belgique), souffre d’une défectuosité du câble principal, estimée à 15 000 dollars. Elle dispose pourtant d’équipements sophistiqués : capteurs, GPS, systèmes d’acquisition et de transmission des données, mais tout est à l’arrêt. »
Le coordonnateur adjoint insiste sur l’importance de ces instruments : « Lorsque la Terre bouge, cela crée des vibrations qu’on appelle tremblements de terre. Sans outils pour détecter les ondes P et S, nous sommes aveugles. Les bâtiments peuvent se fissurer ou s’effondrer, surtout si leur fréquence entre en résonance avec les ondes sismiques », a-t-il indiqué, rappelant le séisme du 8 avril, ressenti à la frontière RDC-Zambie.

« Le tremblement, c’est ce que les gens sentent. Le séisme, lui, n’est détectable que par des capteurs. La population est donc exposée sans le savoir. « Les études parasismiques sont cruciales pour adapter les constructions. Mais, sans données fiables, comment anticiper les risques ou se préparer ? Nos autorités nous ont récemment rassurés quant à une prochaine réhabilitation de la station », s’est étonné l’orateur.

Pour Daniel Kibonge, ancien technicien de la station, les blocages sont d’ordre technique et administratif, et causés par l’absence de maintenance, coupures de courant, lenteurs budgétaires… Il appelle à une réhabilitation complète, avec une alimentation autonome, du personnel qualifié et une vraie volonté politique.