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Considéré comme « monument de la littérature africaine moderne »L’écrivain kényan Ngugiwa Thiong’o décédé

CULTURE & MEDIA La Tempête des Tropiques

Considéré comme « monument de la littérature africaine moderne »L’écrivain kényan Ngugiwa Thiong’o décédé

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Par YHR

L’écrivain Kényan Ngugi wa Thiong’o, vu comme l’une des plus grandes figures littéraires de l’Afrique contemporaine, est mort le mercredi 28 mai à Buford, dans l’Etat de Géorgie, aux États-Unis, à l’âge de 87 ans. C’est ce qu’a annoncé sa fille, Wanjiku Wa Ngugi, via les réseaux sociaux .l’homme était l’auteur de romans, d’essais, de pièces de théâtre et de mémoires.

Ngugi a débuté sa carrière littéraire en 1964 avec  » Weep Not, Child « , (traduit en français chez Hatier sous le titre Enfant, ne pleure pas), premier grand roman en anglais d’un auteur d’Afrique de l’Est, suivi de  » A Grain of Wheat  » (Et le blé jaillira, éd. Présence Africaine) et  » The River Between  » (La Rivière de vie, éd. Présence Africaine). Mais c’est la parution en 1982 de son chef-d’œuvre  » Petals of Blood « , en français Pétales de sang, éd. Présence Africaine), qui l’e fait connaître.

Romancier et théoricien post-colonial

A la fois romancier et théoricien post-colonial, le défunt était l’auteur d’une œuvre considérable (romans, nouvelles, essais, théâtre), reflètant son engagement politique. En 1977, NgugiwaThiong’o est emprisonné sans inculpation, après la représentation de sa pièce  » NgaahikaNdeenda  » ( » Je me marierai quand je le voudrai « ), qui est une critique de la bourgeoisie issue des indépendances et de l’oppression des classes ouvrières africaines. Influencé par la pensée marxiste et Franz Fanon, l’homme est aussi un penseur du panafricanisme et de l’émancipation de l’Afrique.

En décembre 1978, une campagne mondiale obtient sa libération de la prison de haute sécurité de Kamiti. Il s’exilera par la suite au Royaume-Uni puis aux États-Unis, où il va devenir professeur à l’université de New-York, ce qui ne l’empêche pas de continuer d’écrireessais etpièces.

Critique de la bourgeoisie

Dans ses romans, et à travers son théâtre, Ngugi Wa Thiong’o, développe une critique de la bourgeoisie issue des indépendances et de l’oppression des classes ouvrières africaines. Influencé par la pensée marxiste et Franz Fanon, il est aussi un penseur du panafricanisme et de l’émancipation de l’Afrique.

En 1986, il est l’auteur d’un essai primordial,  » Décoloniser l’esprit « . Dans cet ouvrage, véritable plaidoyer en faveur des langues et cultures africaines, il analyse la violence et  » l’asservissement mental  » qu’a représenté l’imposition des langues européennes dans les sociétés coloniales. Lui-même, à partir des années 1980, cesse d’écrire en anglais, se contentant de traduire ses textes à partir du kikuyu.

ilne rentre au Kenya qu’en 2004, après plus de 20 ans d’exil, après que le président Daniel Arap Moi ait quitté le pouvoir. Il est accompagné de son épouse. Quelques jours après leur retour, NgugiwaThiong’o et son épouse sont attaqués en pleine nuit dans l’appartement que des amis avaient prêté au couple pour leur séjour. Quatre hommes armés de revolvers, d’une machette et d’une cisaille font irruption. Sous les yeux de l’écrivain, sa femme est violée. En tentant de s’interposer, Ngugi est violemment frappé et brûlé au visage. Les suspects sont interpellés quelques jours plus tard et poursuivis en justice. Il n’a pas été établi si cette agression était de caractère criminel ou politique. À la suite de ce séjour mouvementé, Ngugi n’est que rarement rentré au pays.

Rebondissement après 45 ans d’interdiction

Sa pièce  » Ngaahika Ndeenda  » est de nouveau jouée sur les planches des théâtres de Nairobi en 2022, après avoir été interdite pendant 45 ans. Né à James Githuka Ngugi, le 5 janvier 1938 à Kamiriithu, près de Nairobi, le futur écrivain grandit à l’ombre de la colonisation britannique. Exploitation, spoliation, répression des indépendantistes, qui touchèrent l’entourage proche et familial de l’écrivain, constituent l’ossature même de ses  » Mémoires d’enfance « , parues en français la même année.