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Avec une conscience trop chargée : Joseph Kabila en errance à l’Est du paysAprès Goma, l’ancien Président signalé à Bukavu

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Avec une conscience trop chargée : Joseph Kabila en errance à l’Est du paysAprès Goma, l’ancien Président signalé à Bukavu

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Par YHR

L’ex-Président Joseph Kabila n’a plus d’adresse fixe depuis son départ controversé de Kinshasa la capitale. L’homme a quitté, hier mardi 24 juin, pour la ville de Goma, chef-lieu de la province occupée du Nord-Kivu où il venait de passer quelques jours À en croire le site rfi.fr, l’ancien président s’est rendu de l’autre côté du lac Kivu, notamment à Bukavu, chef-lieu du Sud-Kivu, province également sous le contrôle de l’armée rwandaise et ses supplétifs de l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 Mars (AFC/M23).

Ce déplacement de Joseph Kabila intervient un mois après son retour en territoire rd congolais, en provenance de la Namibie où il avait installé ses pénates. Avant la Namibie, l’ancien numéro un rd congolais avait aussi séjourné en Afrique du sud, où il préparait une thèse.

Son déplacement pour Bukavu n’était pas du tout acquis. Certains analystes doutaient de la possibilité pour Kabila de se rendre dans cette ville, principalement pour des raisons de sécurité.

Une ville marquée par les explosions meurtrières du 27 février

Bukavu, on le sait, reste marquée par les explosions meurtrières du 27 février 2025, survenues juste après un meeting tenu par Corneille Nangaa Yobeluo, coordonnateur de l’AFC/M23. Incident au cours duquel plusieurs compatriotes ont péri, sans susciter la moindre compassion des occupants ni de l’ancien chef d’Etat.

L’ancien président a visiblement pris son temps avant de se décider à mettre pied dans cette ville occupée. Les deux derniers jours, apprend-on, ont été consacrés, par l’armée d’occupation, à la mise en place d’un important dispositif sécuritaire, pour préparer cette visite de Joseph Kabila qui a choisi de se ranger du côté des agresseurs de la RDC.
L’homme est arrivé à Bukavu par voie lacustre, selon diverses sources.

Contrairement à Goma, il ne devrait pas y rester longtemps. Son programme prévoirait une série de consultations, notamment avec des membres de la société civile, des religieux, des chefs coutumiers, des acteurs économiques et du monde académique. L’agenda serait encore en cours d’ajustement.

Pourquoi Bukavu ? Pour son entourage, le Sud-Kivu est une province emblématique des tensions communautaires qui traversent l’Est de la RDC.
Ce déplacement ne serait pas le dernier. Joseph Kabila pourrait, toujours selon ses proches, entreprendre d’autres visites dans certaines autres villes et localités des deux Kivu.

Levée des immunités de l’ancien président

Il sied de rappeler que le 22 mai dernier, le Sénat avait voté la levée des immunités de l’ancien chef de l’État dont le statut de sénateur à vie est en ballottage. Car, il est accusé par la justice militaire de complicité avec l’AFC/M23.

Cellules dormantes de l’ancien régime

Pendant ce temps, les autorités congolaises poursuivent leurs investigations pour démanteler ce qu’elles considèrent comme les réseaux financiers de Joseph Kabila. Depuis quelques quatre mois, arrestations et auditions se succèdent, dans le but de faire la lumière sur ce que certains décrivent comme d’éventuelles  » cellules dormantes  » de l’ancien régime. La plupart des personnes concernées ont des liens directs ou indirects avec le secteur minier.

Parmi les cas les plus emblématiques il y a celui de Médard Palankoy Lakwas, avocat spécialisé dans les questions minières, détenu depuis plus de trois mois dans des locaux dépendant du Conseil national de la cyberdéfense, service directement rattaché à la Présidence de la République. Le juriste a notamment été l’un des conseils de l’homme d’affaires congolo-israélien Dan Gertler, proche de Joseph Kabila. Palankoy défend également Moïse Ekanga Lushyma, ancien responsable du bureau chargé de l’exécution du contrat sino-congolais, plus connu sous l’appellation de  » contrat du siècle « . Ekanga, depuis lors en exil, est considéré par les services de sécurité comme un acteur clé du réseau financier de Kabila.

Il y a également Martin Kabwelulu, ancien ministre des Mines pendant plus d’une décennie. L’homme a été entendu récemment dans le cadre d’une enquête sur des carrés miniers supposément liés à l’ancien président. Un second avocat, lui aussi spécialiste du secteur minier, est actuellement en détention. Sa famille, inquiète, préfère pour l’instant ne pas révéler son identité.

Ces arrestations ont toutes un point commun : les personnes concernées auraient été, ou seraient encore détenues dans des locaux dépendant du Conseil national de la cyberdéfense.

Une pratique dénoncée par certaines organisations de la société civile, qui rappellent que ce service n’a aucune compétence légale pour détenir des individus.