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Crise institutionnelleHaut-Katanga: bras de fer entre Kazembe et Kyabula

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Crise institutionnelleHaut-Katanga: bras de fer entre Kazembe et Kyabula

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Par DMK

La crise institutionnelle qui secoue le Haut-Katanga, suite à la confusion régnant au gouvernorat de cette province ainsi qu’à la mairie de la ville de Lubumbashi a fait l’objet d’un échange, mercredi dernier, entre le vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur, Sécurité et Décentralisation, Jacquemain Shabani, et le caucus des députés nationaux de cette province.

Au terme de cette séance de travail, le Gouvernement central, par la voix du vice-premier ministre Jacquemain Shabani, et les élus du Haut-Katanga se sont engagés à travailler ensemble, pour trouver rapidement une issue à la crise institutionnelle qui paralyse cette province depuis quelques mois, autour de la gestion du gouvernorat et de la mairie de Lubumbashi.

Selon le président du caucus des députés nationaux de cette province, Serge Khonde, l’entretien avec le VPM Jacquemain Shabani a porté sur deux préoccupations majeures. Notamment : l’absence d’autorité à la tête du gouvernorat du Haut-Katanga, et le désordre administratif à la mairie de Lubumbashi.

A en croire l’autorité de tutelle, les deux dossiers sont en cours de traitement, et des résolutions concrètes interviendront prochainement, pour remettre l’ordre au sein de l’exécutif provincial et à la mairie de Lubumbashi, chef-lieu de la province.

À l’issue de cet échange, le caucus des élus nationaux du Haut Katanga a promis d’accompagner le gouvernement central jusqu’au rétablissement complet de la stabilité.

L’origine de la crise

La confusion au gouvernorat du Haut-Katanga a commencé lorsque le gouverneur Jacques Kyabula a été rappelé à Kinshasa, en juillet dernier, par le ministère de l’Intérieur, dans un contexte de tensions politiques, et sans que l’objet de sa convocation n’ait été précisé.

Pour le vice-premier ministre Jacquemain Shabani, le dossier est  » en pleine instruction  » et aucune date de retour à Lubumbashi n’est fixée. En attendant, l’intérim est assuré par le vice-gouverneur.

Mais plus cette situation perdure, plus elle alimente les spéculations à Lubumbashi, chef-lieu de la province, où l’on redoute de vivre une confusion similaire à celle qu’avait connue autrefois la province du Lualaba, lorsque le gouverneur Muyej avait été rappelé à Kinshasa. Un voyage sans retour qui avait permis à Fifi Masuka, alors vice-gouverneur, d’assumer l’intérim de gouverneur jusqu’à la fin de cette législature.

Jacques Kyabula, gouverneur élu du Haut-Katanga, risque de vivre aussi le même scenario. Car, son retour à Lubumbashi, après son rappel à Kinshasa, reste hypothétique. Surtout quand on sait qu’avant son rappel à Kinshasa, le gouverneur Kyabula ne se faisait plus voir et était resté injoignable au téléphone pendant plus de deux semaines, avant de réapparaître ensuite.

Cette absence a été perçue à Kinshasa comme une désertion qui a amené le ministère de l’Intérieur à combler le vide en confiant l’intérim au vice-gouverneur Kazembe Shula.

Crise aussi à la mairie de Lubumbashi

La confusion est également à son comble à la mairie de de Lubumbashi où le ministre de l’Intérieur a nommé Patrick Kafwimbi comme maire intérimaire, alors que Joyce Tunda assumait déjà l’intérim à ce poste au lendemain de l’élection de Kazembe Shula comme vice-gouverneur de province.

Cette situation confuse a amené Joyce Tunda à saisir la justice, le 18 juin, par le biais du Conseil d’État, en contestation de l’arrêté ministériel.

La confusion perdure jusqu’à ce jour malgré l’annulation de la nomination de Patrick Kafwimbi par le Conseil d’État, à travers une ordonnance datée du 17 juillet dernier.
Pour le Conseil d’Etat, la nomination de Patrick Kafwimbi viole les dispositions légales, notamment l’article 126 de la loi de 2008 relative à l’organisation des entités territoriales décentralisées, ainsi que le décret-loi de 1998 régissant le statut des autorités de l’administration territoriale.

Curieusement, la décision du Conseil d’État n’est toujours pas appliquée. Patrick Kafwimbi continue à l’ignorer et à travailler comme maire de la ville !
À quelques jours de la rentrée parlementaire de septembre, cette situation inacceptable ne manquera pas de s’inviter aux débats à l’Assemblée Nationale comme au Sénat.