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Roger Lumbala absent au deuxième jour de son procès à Paris

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Roger Lumbala absent au deuxième jour de son procès à Paris

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Par YHR

Le procès de Roger Lumbala Tshitenga à Paris s’est poursuivi hier 13 novembre, sans qu’il soit dans le box des accusés. Il avait annoncé mercredi, au premier jour de son procès qu’il conteste la légitimé de la justice française à le juger.

Le prévenu Roger Lumbala, premier ressortissant de la République Démocratique du Congo, jugé en France au nom de la compétence universelle, ne s’est pas présenté ce jeudi matin dans le box des accusés à la Cour d’assises de Paris, comme ses avocats, qu’il a récusés et pour Ol’avocat commis d’office.

Le chercher de gré ou de force

Hier matin, à 9 h, à son arrivée, le président de la Cour d’assises a constaté l’absence de l’accusé. Il était au dépôt et a refusé de se présenter. Pendant plus de 2 heures de suspension, le président et les avocats des parties civiles ont réorganisé les audiences. Complètement pris de court par la défection du prévenu et l’absence de l’avocat commis d’office à la reprise, Maitre Tuilier, l’un des avocats des parties civiles, s’est adressé directement aux jurés : onze femmes et un homme. Il leur a rappelé qu’ils ont toute légitimité pour juger cette affaire très complexe et qu’ils en mesureront l’importance en entendant les débats. Le président avait annoncé hier qu’il irait le chercher de gré ou de force.
La matinée s’est poursuivie avec le témoignage d’une spécialiste des violences sexuelles en temps de conflit. Elle a décrit la situation en Ituri au début des années 2000, ces territoires pris entre plusieurs milices, la campagne militaire  » Effacer le tableau « , au cours de laquelle sont perpétrées de nombreuses atrocités contre des civils, particulièrement les femmes.

Roger Lumbala Tshitenga est né le 13 avril 1958 à Mweka, dans le Kasaï-Occidental ; en RD Congo. Il est le fondateur du Rassemblement des Congolais Démocrates Et Nationalistes (RCD/N). Président de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) en France dans les années 1990.

Opération « Effacer le tableau »

Il rejoint la rébellion à l’Est du pays. En janvier 2003, son groupe rebelle est accusé de crimes de guerre, et notamment d’actes de cannibalisme. En avril 2003, il devient ministre du Commerce extérieur dans le Gouvernement de transition après le dialogue inter-congolais, jusqu’en janvier 2005.En 2006, il se présente comme candidat à l’élection présidentielle congolaise de juillet 2006. Il est élu député national de la circonscription de Miabi, élu aussi sénateur à la même législature.

En 2011, il crée la plateforme Soutien à Étienne Tshisekedi (SET) pour promouvoir la candidature d’Étienne Tshisekedi, président de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).

Réfugié à l’ambassade d’Afrique du Sud à Bujumbura au Burundi après avoir été interpellé puis interrogé par les services secrets burundais. Il est accusé de haute trahison par le régime qu’il combat, pour avoir travaillé avec le mouvement rebelle – Mouvement du 23 mars (M23) et d’extradition irrégulière parce que le pouvoir de Kinshasa avait dépêché un jet privé pour récupérer clandestinement Lumbala.

« Complicités de crimes contre l’humanité »

Le 1er janvier 2013, le site officiel du M23, annonce la présence de Roger Lumbala à Bunagana comme invité aux pourparlers de Kampala entre le M23 et le gouvernement de Kinshasa. Il est nommé chef de la délégation adjoint aux négociations. Roger Lumbala s’est déclaré candidat à l’élection présidentielle prochaine de 2016, au cas où Étienne Tshisekedi ne serait pas candidat selon ses propos. Le 2 janvier 2021, Roger Lumbala est interpellé et mis en examen pour  » complicités de crimes contre l’humanité  » soi-disant commis en 2002 auprès du parquet anti-terroriste français. C’est une première procédure lancée sur la base du rapport mapping de l’ONU qui recensait les crimes les plus graves commis en RDC entre 1993 et 2003. Son mouvement le RCD-N est accusé d’avoir commis des actes de cannibalisme en Ituri. La procédure avait été ouverte en 2016. En novembre 2023, un juge d’instruction en France a rendu une ordonnance de mise en accusation contre Roger Lumbala et un procès aux assises a été ordonné.