Procès Lumbala : Un témoin censé être à décharge confirme l’implication de l’accusé
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Par YHR
Au procès de Roger Lumbala Tshitenga, l’un des rares et derniers témoins à décharge encore accessibles a été entendu le mercredi 10 décembre pendant plus de deux heures en visioconférence depuis Kinshasa. L’ancien cadre du RCD-N a plutôt embarrassé le prévenu. Il a ainsi expliqué n’avoir jamais vu Jean-Pierre Bemba Gombo à Bafwasende lors de la rébellion en 2000, en pleine guerre entre le Rwanda et l’Ouganda.
Rallié pour protéger ses fonctions
L’avocat commis d’office ne s’étant pas présenté, c’est le président de la Cour d’assises qui a lancé les premières questions… Marc Summerer a longuement interrogé le témoin sur l’arrivée de Lumbala à Bafwasende. Pourquoi il s’est installé dans une région qui n’était pas la sienne ? » Je sais seulement qu’il arrivait d’Ouganda « a répondu le témoin.
Le contexte, a expliqué l’intervenant, était celui d’une succession de mouvements rebelles : d’abord le Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD-Goma), puis le RCD-KML, et enfin le RCD-N.
La population ne pouvait rien dire. Il reconnait s’être rallié pour protéger ses fonctions. Administrateur du territoire à l’époque, chargé de l’économie et des finances, il a expliqué que Lumbala gérait désormais le territoire de Bafwasende et lui avait proposé de devenir son » ministre » de la Mobilisation et de la Propagande. Il le nommera d’ailleurs plus tard aux Finances et aux Impôts.
Interrogé sur la ligne politique du mouvement, le témoin assure qu’il n’y avait pas d’idéologie, seulement une gestion territoriale et une opposition à Laurent-Désiré Kabila. Il dit avoir été chargé de rallier les figures influentes… Le témoin affirme que Lumbala s’appuyait sur l’armée ougandaise, ainsi que sur les forces du RCD/K-ML, de Mbusa Nyamwisi.
Détenu durant 7 mois [en 2001, NDLR] à Beni, avant que Simon Tshitenge n’organise son évacuation vers Kampala, puis Isiro, fin 2001, il a repris contact avec Lumbala, qui lui confiera cette fois le poste de secrétaire national aux Finances. Le président de la Cour lui ayant demandé si ce n’est pas plutôt en janvier 2002. Le témoin n’a pas répondu …
Eventuelles pressions
Le président lui indiquant un tableau intitulé » taxes et effort de guerre « . » Je ne sais pas qui l’a appelé ainsi, répond-il. Il n’y avait plus rien, nous avons dû créer de nouvelles taxes. «
» Pourquoi Lumbala faisait-il peur à la population ? « , a demandé Summerer. Parce qu’il était le numéro 1 du RCD-N. Sur les exactions, il assure ne pas pouvoir parler de ce qu’il ne connaît pas.
Lorsque le président a évoqué d’éventuelles pressions sur des témoins, l’homme a inscrit immédiatement un nom sur une feuille. Agacé, le président lui demande alors : » Pourquoi notez-vous un nom au lieu de répondre ? » L’avocate générale a demandé que le document soit retiré. Il a reconnu avoir rencontré une partie civile dans un restaurant à Kisangani et lui avoir parlé, tout en contestant l’avoir menacé.






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