Après le scandale à l’Hôpital de Kinkole : Le Caucus des femmes leaders réclame une loi contre les violences obstétricales
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Par YHR
Le public est toujours sous le choc, après la diffusion sur internet d’une vidéo montrant la maltraitance d’une patiente en plein accouchement à Kinshasa. Selon le site radiookapi.net, alors que la justice s’est saisie du dossier, Dorcas Bwalelo, présidente du caucus des jeunes du Réseau des femmes leaders africaines (AWLN), a décidé de briser l’omerta sur un fléau encore trop souvent minimisé en République Démocratique du Congo.
Reconnaissance explicite des violences obstétricales en droit congolais
Le vendredi 27 mars à Kinshasa, lors d’une conférence presse, la jeune femme a dénoncé les violences gynécologiques et obstétricales (VGO) gangrénant certains centres de santé.
Pour elle, ce cas n’est que la partie émergée de l’iceberg. » Garantir un accouchement digne, respectueux et sécurisé n’est pas un privilège. C’est un droit fondamental « , a martelé l’intervenante, rappelant les statistiques de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), d’après lesquelles une femme sur quatre dans le monde subit des maltraitances lors de l’accouchement. Suite à ce triste constat, le caucus appelle à une reconnaissance explicite des violences obstétricales dans le cadre juridique congolais pour protéger les donner la vie sans crainte.
Poursuites judiciaires pour maltraitance d’une patiente en plein accouchement
Cette affaire de maltraitance d’une patiente en plein accouchement à franchit un nouveau palier. Depuis le vendredi 27 mars, des poursuites judiciaires ont été engagées contre le médecin impliqué, le Docteur David Balanganayi Kayembe, faisant désormais face à une procédure judiciaire rigoureuse. Les charges retenues contre lui témoignent de la violence des faits reprochés : tentative de meurtre et torture ; coups et blessures aggravés ; atteinte à la vie privée.
Face aux graves chefs d’accusation pesant contre lui, l’homme mis en cause a livré sa version des faits devant le tribunal. Pour sa défense, il évoque l’urgence médicale et le refus de collaboration de la patiente après l’accouchement, une situation qui, selon lui, mettait la vie de celle-ci en péril.
L’accusé a expliqué avoir délibérément choisi de » user de terreur » dans l’unique but de provoquer un choc psychologique chez la patiente et la forcer à coopérer avec l’équipe soignante. » Une femme ne peut pas mourir en donnant la vie « , a-t-il martelé pour justifier la brutalité de son approche.
D’après ses déclarations, bien que l’enfant soit déjà né, la patiente devait subir des points de sutures après une épisiotomie (un acte chirurgical consistant à pratiquer une incision sur le périnée juste avant la sortie du bébé lors d’un accouchement).
» J’ai fait ce qui se fait normalement… «
Face au refus de cette dernière, il soutient avoir agi par nécessité médicale :
» J’ai fait ce qui se fait normalement : tenter d’obtenir la collaboration de l’accouchée et lui expliquer le danger qu’elle court en refusant les soins. Je lui ai assuré que l’acte que nous voulions poser était sans danger et non traumatisant « , a-t-il déclaré à la barre.
Le médecin maintient ainsi que ses gestes, bien que perçus comme violents, visaient exclusivement à prévenir une issue fatale, érigeant la survie de la mère en priorité absolue malgré l’absence de consentement mutuel au moment des faits.
Cette étape judiciaire marque une volonté de rupture avec l’impunité dans le secteur médical, particulièrement lors de la prise en charge des femmes en salle de travail. La Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, a qualifié ces faits de » profondément choquants et totalement inacceptables « , rappelant qu’aucun contexte ne peut justifier de tels actes dans un lieu censé garantir la sécurité et la dignité humaine, marquant la détermination du Gouvernement à faire de ce cas un exemple de lutte contre l’impunité dans le secteur de la santé.
VGO, quid ?
Les violences gynécologiques et obstétricales (VGO) désignent des actes, propos ou comportements sexistes, non consentis ou inappropriés, commis par des soignants lors de consultations, examens ou accouchements (touchers vaginaux sans consentement, épisiotomies systématiques, propos dénigrants). Ces actes, qui peuvent être physiques ou verbaux, ont des conséquences durables sur la santé physique et psychique des patientes (traumatismes, dépression post-partum).






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