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La réserve de Yangambi érigée en modèle mondial par l’UNESCO

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La réserve de Yangambi érigée en modèle mondial par l’UNESCO

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Par Armando MANANASI

Nichée au cœur de la province de la Tshopo, la réserve de biosphère de Yangambi s’impose désormais comme la vitrine de la diplomatie environnementale congolaise. Lors de la 224e d’une séance de la session de son Conseil exécutif tenue hier mardi 21 avril 2026, l’UNESCO a officiellement cité ce site en modèle pour sa gestion durable, saluant l’équilibre réussi entre la préservation de la biodiversité et le développement socio-économique des communautés locales. Située dans le deuxième plus grand massif forestier tropical au monde, Yangambi abrite une station de recherche dont le rayonnement dépasse les frontières africaines. L’agence onusienne a particulièrement souligné l’importance stratégique de la tour Congoflux. Cet instrument de haute technologie, unique dans le bassin du Congo, permet de mesurer en temps réel les échanges de gaz à effet de serre entre la forêt et l’atmosphère.

Ces données sont cruciales pour la communauté scientifique internationale afin de quantifier précisément le rôle de  » poumon vert  » et de puits de carbone joué par la RDC dans la régulation du climat mondial. Dans le cadre de son projet  » pôle d’excellence « , l’UNESCO a d’ailleurs doté le Centre de Surveillance de la Biodiversité (CSB) de laboratoires modernisés et de drones pour un suivi permanent de la faune et de la flore.

La science au service des communautés locales

Le succès du modèle Yangambi repose sur son approche inclusive. Plus qu’un sanctuaire fermé, la réserve intègre les populations riveraines à travers notamment la relance du comité de pilotage MAB (Man and the Biosphere) qui permet d’associer autorités locales, scientifiques et chefs traditionnels dans la prise de décision et l’autonomisation financière qui, grâce à l’UNESCO, soutient activement six Associations Communautaires d’Épargne et de Crédit (ACEC), telles que Bosukulu ou Yaselia, permettant aux habitants de développer des activités génératrices de revenus (AGR) compatibles avec la conservation.

Il y a également l’éducation environnementale qui, à travers des programmes de sensibilisation, touchent des milliers de foyers, transformant les habitants en gardiens directs de leur écosystème.

Un levier pour la souveraineté scientifique

Grâce à un financement de la Belgique à hauteur de 4 millions d’euros pour sa seconde phase, ce projet transforme Yangambi en un véritable pôle de connaissances. L’UNESCO insiste sur la nécessité de renforcer les capacités des chercheurs congolais de l’Université de Kisangani (UNIKIS) et de l’Ecole Régionale Postuniversitaire d’Aménagement et de Gestion intégrés des Forêts et Territoires tropicaux (ERAIFT).

Il sied de noter que pour Kinshasa, cette reconnaissance internationale est une victoire diplomatique qui renforce la position de la RDC comme  » Pays Solution « . Yangambi ne se contente plus de préserver des arbres ; elle produit désormais la science nécessaire pour protéger la planète, tout en garantissant un avenir digne aux populations du territoire d’Isangi.