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A travers la révision de la loi électorale et de la loi portant identification et enrôlement des électeurs : Minaku pousse Nangaa à exclure les Congolais de l’étranger

Minaku et Nangaa

Pour ce faire, le président de l’Assemblée nationale  invite le n°1 de la Ceni à déclarer l’incapacité de cette institution d’appui à la démocratie à enrôler cette catégorie d’électeurs

Le président de l’Assemblée nationale a invité, mercredi 6 juin, Corneille Nangaa, président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), à se présenter ce jeudi 7 mai devant les députés nationaux pour déclarer que cette institution d’appui à la démocratie n’est pas en mesure d’identifier et d’enrôler les Congolais vivant à l’étranger.

Aubin Minaku a lancé cette invitation lors de la séance plénière de l’Assemblée nationale consacrée à l’examen et adoption de la proposition de loi modifiant et complétant la loi n°06/006 du 9 mars 2006 portant organisation des élections présidentielle, législatives, provinciales, urbaines, municipales et locales, telle que modifiée par la loi n°15/001 du 12 février 2015 et la loi n°17/013 du 26 décembre 2017.

La même séance plénière était consacrée à l’examen et adoption de la proposition de loi modifiant et complétant la loi n°04/028 du 24 décembre 2004 portant identification et enrôlement des électeurs en République Démocratique du Congo, telle que modifiée par la loi n°16/077 du 29 juin 2016.

Un rejet évité de justesse

Avec l’autorisation d’Aubin Minaku, l’auteur de ces deux propositions de lois, le député national Henri-Thomas Lokondo, en a présenté l’économie générale à l’Assemblée plénière. Puis, son collègue Paul Muhindo Nzangi a, dans une motion d’ordre, demandé au Bureau de la chambre basse de surseoir à l’examen de ces textes légaux car, a-t-il expliqué,  » seule la CENI a le droit de signifier son incapacité à identifier les Congolais vivant à l’étranger à la représentation nationale « . Contrairement au Règlement Intérieure de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku a refusé d’engager le débat sur cette motion et, pis encore, de la soumettre au vote de l’Assemblée plénière.

En dépit de l’insistance de ses collègues députés, le président de la chambre basse est resté catégorique, estimant que le débat sur la motion était inopportun car le président de la CENI avait déjà amplement parlé de cette question à l’Assemblée plénière. Vu les réactions des députés, les observateurs ont eu la nette impression que, si elle était soumise au vote, cette motion d’ordre serait adoptée et les deux propositions de lois  seraient d’office rejetées.

Des contraintes imaginaires

Lors du débat général qui a suivi la motion, le député Jean-Baudouin Mayo Mambeke a démontré que la révision des lois susmentionnées amènerait à la violation de la Constitution et que, contrairement aux déclarations d’Henri-Thomas Lokondo, la CENI n’est pas sous pression du temps, étant donné que le calendrier électoral en cours prévoit l’identification et l’enrôlement des Congolais de l’étranger de juillet en octobre 2018.

 » La CENI ne nous a jamais saisis officiellement à ce propos « , a insisté Jean-Baudouin Mayo Mambeke, invitant l’Assemblée à ne pas se laisser induire en erreur et à rejeter les deux propositions de lois. Même son de cloche de la part de ses collègues Lumeya Béatrice, Antoine Zangi et Ekombe Petsi.

Ce dernier a également démontré que la révision de ces deux lois constituerait la violation flagrante de la Constitution et que les contraintes liées à l’enrôlement des Congolais de l’étranger et évoquées par Henri-Thomas Lokondo ne figurent pas sur la liste des contraintes inscrites dans le calendrier électoral publié le 5 novembre 2017 par la CENI.

La peur d’un électorat hostile au pouvoir à la Majorité Présidentielle

Acculé par cette pression et par la véracité des arguments avancés par ces intervenants, Aubin Minaku a fini par suspendre le débat. Il a invité le président de la CENI à se présenter à l’Assemblée nationale pour éclairer la lanterne des élus du peuple sur cette question combien préoccupante.

Naturellement, Corneille Nangaa sera sans nul doute obligé de démontrer que les contraintes évoquées par Henri-Thomas Lokondo sont valables, afin d’établir l’opportunité de réviser les lois précitées. Au nom de la liberté d’expression, les analystes estiment que le vrai motif de cette révision est la peur de laisser les Congolais vivant à l’étranger participer aux élections de 2018, à cause de leur méfiance à l’endroit de la Majorité Présidentielle (MP) à laquelle ils reprochent d’avoir basculé le pays dans le chaos.

Par Marcel Tshishiku

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