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Abordant les questions d’actualité : Alexis Mutanda met en garde contre le dédoublement de l’UDPS

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Le député national Alexis Mutanda s’étonne de constater que son nom figure sur la liste des présumés députés nationaux de l’élection législative de 2018, sans son assentiment. La même liste non authentifiée qui circule dans les réseaux sociaux relève, selon ce député, de la pure « médiocrité politique ».

C’est en ces termes que l’élu de Mbuji-Mayi a réagi, vendredi 13 avril 2018, devant la presse nationale et internationale, à Kinshasa. Le patron du groupe de presse La Tempête des Tropiques, Canal Numérique Télévision et radio Trinitas FM se dit « très surpris » de découvrir une la liste comprenant plus de 70 noms de présumés députés potentiels de 2018.

Elle est constituée essentiellement de membres de la Majorité présidentielle. On y trouve les noms de gouverneurs de province tels qu’André Kimbuta de la ville de Kinshasa, Ngoyi Kasandji du Kasaï-Oriental, Déo Gracias Mutombo de la Banque Centrale, et Aubin Minaku, président de l’Assemblée Nationale.

L’élu de Mbuji-Mayi n’arrive pas à s’expliquer comment son nom a pu figurer sur une liste fabriquée dans un laboratoire obscur. « C’est ici un exemple de plus qui prouve la médiocrité de la classe politique dans notre pays où la tricherie est érigée en mode de gestion ».  Le faux document, poursuit-il, est un tract préparé de mauvaise foi et inséré dans les réseaux sociaux pour des objectifs inavoués.

Se prononçant sur le processus électoral, l’orateur déclare que « la machine à voter achetée par la Ceni pose de sérieux problèmes d’ordre technique et même de confiance. Elle fait par conséquent l’objet de débats et de contestations à travers le monde, le pays fabricant y compris et au sein de l’opposition politique du fait de sa fiabilité ».

Ce courant politique continue de rejeter cet instrument suspecté de fraude massive. Désapprouvant le recours à cet instrument, le gouvernement sud-coréen a souligné que le problème se situe du côté de la Ceni qui, pour des raisons qui lui sont propres, s’est obstinée à passer la commande auprès d’une entreprise privée.

Le Congolais vigilant devant le fichier électoral

Selon l’élu de Mbuji-Mayi, « un chien échaudé craint même l’eau froide ». L’on se souviendra que lors des élections de 2006 et 2011, le peuple congolais a été roulé dans la farine.  Raison pour laquelle il se pose beaucoup de questions au sujet de l’actuel fichier électoral. Aujourd’hui encore, le même scenario se dessine. « Le jeu se joue toujours entre la Majorité présidentielle et la Ceni ».

Les fraudes massives de 2006 et 2011 se préparent encore en 2018. « Il est impérieux que le Congolais soit attentif à ce qui se fait. D’autant qu’il s’agit de son propre sort, étant souverain primaire, dans la mesure où il sortira ridicule lorsqu’il se trouvera en face des résultats falsifiés ».

Pour Mutanda, la situation pourrait dégénérer dans le cas où des réactions populaires seront imprévisibles. Surtout que « les préparatifs électoraux se déroulent dans un climat de méfiance. Le peuple congolais n’est pas dupe. C’est ce qui explique le fait que le peuple répond positivement à l’appel de toute manifestation de contestation ».

Malgré les efforts fournis par la classe politique et l’Union Africaine à travers les dialogues politiques, en l’occurrence celui qui a abouti à l’accord de la St sylvestre, ayant prévu des élections en décembre 2017, puis reportées en décembre 2018, « aujourd’hui on envisage étonnamment un autre report ».

Dédoublement de l’UDPS, ne pas céder au chaos

Selon l’ancien secrétaire général de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social, c’est depuis longtemps que cette formation politique est identifiée comme symbole de la lutte pour le changement en République démocratique du Congo. Cette lutte doit aboutir à un Etat de droit dans lequel le Congolais peut se retrouver, où tout le monde peut donner la chance à tout le monde, et que règne la justice pour tous. C’est l’objectif fixé par ce parti politique depuis 36 ans.

Mutanda rappelle que l’Udps s’est battue contre le régime dictatorial et sanguinaire de Mobutu, avant le combat qu’elle mène actuellement avec les régimes Kabilistes. « Il est tout à fait normal que ces pouvoirs dictatoriaux n’acceptent pas les performances de ce parti politique. Ils ont décidé de l’infiltrer, l’affaiblir de l’intérieur.

Raison pour la quelle pendant la période de la 2e République, il existait plusieurs ailes de l’Udps notamment celle de Tshisekedi, Kibasa et celle de Ngoyi Mukendi ». Personne, surtout du coté du pouvoir, ne peut accepter un parti politique de l’opposition bien organisé, structuré, ayant un projet de société bien élaboré.

Après le Palu et le Mlc… l’Udps

Alexis Mutanda rafraichit la mémoire de l’opinion nationale en remontant à l’époque d’après dialogue intercongolais, peu avant les élections, lorsque le Palu s’est allié à la majorité. Au même moment, le Mouvement de libération du Congo (MLC) avait connu le départ en cascade de ses cadres, juste pour l’affaiblir. « Maintenant, on s’attaque avec toutes les batteries sur l’Udps. Il faudrait que ce parti politique tombe. Les cadres de l’Udps qui ont intériorisé la vision de ce parti doivent comprendre ce message. On est en train d’organiser un chaos pour ce parti ».

Le Congolais est appelé à la prise de conscience

Le patron du groupe de presse La Tempête des Tropiques, Canal Numérique Télévision et Radio Trinitas Fm, et Fondateur de l’Asbl Adam, Alexis Mutanda, précise que depuis l’indépendance de la RDC en 1960, le pays est entrain d’aller vers la catastrophe de manière systématique. « Toutes nos richesses sont exploitées de manière anarchique.

Maintenant, on touche sur le bassin du fleuve Congo qui est un de plus importants au monde et constitue une grande part de la richesse nationale. Le fait ne s’arrête pas là, l’espace national est aussi envahi. Le Bas–Uélé est occupé. Les éleveurs s’implantent. On a aucun rapport de ce point de vue » révèle-t-il.

A l’heure actuelle, on peut dire sans se tromper, « le pays nous échappe, les richesses sont en train de partir entre les mains des prédateurs internationaux. Le pays est en train de disparaitre. Le Congolais est conscient de ce qui lui arrive.

Parce qu’il est entièrement propriétaire de ce patrimoine. Il doit prendre une décision pour mettre un terme à ce pillage ». C’est dans cette optique que l’ ONG Adam (les Amis d’Alexis Mutanda) focalise ses objectifs dans la conscientisation du Congolais afin de comprendre que chacun a la responsabilité de se prendre en charge, de se valoriser.

Il doit comprendre qu’il possède une certaine valeur. Cette valeur doit concourir pour sauver son patrimoine et jouer son rôle qui lui convient au concert des nations. Lorsqu’il y a des compétitions internationales, la RDC doit y participer et ramener des résultats pour le bien–être de sa population. C’est le souhait de cette Asbl qui est, du reste, implantée partout au pays.

Sa devise est le leadership. Son souci est de créer une nouvelle génération de leaders capables de servir le peuple, protéger son territoire et le sécuriser. Pour y arriver, selon AlexIis Mutanda, il faut un véritable engagement. Il faut des gens réellement responsables qui puissent travailler dans l’intégrité pour aboutir à un changement.

Conférence Humanitaire de Genève : une décision « suicidaire » prise par les autorités de Kinshasa
L’élu de Mbuji-Mayi n’est pas allé par le dos de la cuillère pour qualifier la décision prise par les autorités de Kinshasa de « suicidaire ». Bien qu’une somme de 77 millions d’Euros soit octroyée à la République Démocratique du Congo, Kinshasa avait décliné sa participation à cette rencontre de Genève. Il a souligné que les problèmes ayant trait à l’insécurité en RDC sont multiples.

Le  cas du Kasai-Central à la base de milliers de déplacés vers l’Angola. Beaucoup de personnes ont quitté leurs villages, leurs milieux naturels, pour aller ailleurs. Le problème de l’Est, selon le rapport publié par le HCR sur la RDC, renseigne plus de 40.000 à 45.000 familles (hommes, femmes et enfants) qui traversent chaque jour le lac Albert pour se refugier en Ouganda, avec risque de noyade.

Du coté de Kalemie, les Congolais traversent le lac Tanganyika (10 fois plus long que le lac Albert), pour se refugier en Tanzanie, fuyant ainsi les menaces des groupes armés, alors que la Tanzanie regorge une pléthore de refugiés congolais. En Ituri, depuis des années, il y a de tueries de tout genre, les déplacés qui fuient leurs villages vers différentes directions.

« Lorsqu’on dit qu’il n’y a aucun problème en RDC, c’est regrettable », dit-il. Il y a deux ou trois ans, rappelle ce député national, le Congo-Brazzaville avait chassé plus de 10.000 Congolais de la RDC, tous entassés à Kinshasa. Beaucoup parmi eux n’ont pas retrouvé leur stabilité sociale puisqu’ils avaient abandonné leurs biens dans l’autre rive.

Tous ces problèmes méritent des solutions. Les victimes du Kasaï-Central doivent être réhabilitées. Ces problèmes humanitaires sont très graves. « Pourquoi refuser cette aide financière ? C’est une cruauté ».

Par Guylain Imbula/CP

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