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Activiste membre du comité laïc de coordination : Léonnie Kandolo contrainte de vivre dans la clandestinité

Léonie Kandolo Activiste membre du comité laïc de coordination

L’humanité toute entière célèbre ce jeudi 8 mars la journée Internationale de la Femme sous le thème international  « l’heure est venue, des activistes rurales et urbaines transforment la vie de femmes »  et avec comme thème national « investir dans la force productive de la femme rurale : priorité pour la RDC ».

Cette journée est une occasion pour parler des congolaises qui ont pris leur destin en main.  Parmi elles, Mme Leonnie Kandolo,  membre du Comité Laïc de Coordination (CLC), initiateur des manifestations pacifiques anti –Kabila pour exiger l’application intégrale de toutes les dispositions de l’Accord du 31 décembre 2016.

Aujourd’hui cette brave femme vit en clandestinité  depuis qu’un mandat d’arrêt est lancé contre tous les sociétaires du CLC, à savoir les Professeurs  Isidore Ndaywel, Thierry Nlandu Mayamba et Justin Okana   avec leurs collègues, Gertrude Ekombe, Frère Julien Lukengu, Francklin Mboliko, et Jonas Tshiombela.

Deux jours après la marche pacifique du 21 janvier 2018, les forces de l’ordre  avaient attaqué un couvent des religieuses situé à la 7eme Rue Limete croyant que Mme Léonnie Kandolo se trouvait dans l’enceinte de ce monastère.

Avec son engagement au sein du Comité Laïc de Coordination, Mme Léonnie Kandolo  peut- être parmi les femmes congolaises dotées d’un courage exceptionnel.  Licenciée en gestion, consultante, militante des droits de la Femme, Léonie Kandolo est ce qu’on pourrait appeler  « femme de convictions ».

Elle a fait partie des acteurs de la société civile ayant participé, du 15 au 17 août, à Chantilly, en France, à la rédaction du « Manifeste du Citoyen Congolais, Esili ». C’était à l’invitation de l’IDGPA (Institut pour la Démocratie, la Gouvernance, la Paix et le Développement en Afrique). La signature officielle dudit manifeste a eu lieu le vendredi 18 août au siège de la Fédération Internationale des Ligues des droits de l’homme(FIDH) à Paris.

Cosignataire du « Manifeste du Citoyen Congolais Esili » signé le 18 septembre 2017 à Paris, activiste des droits de la Femme, consultante auprès de plusieurs organisations internationales, Léonie Kandolo aime brandir son statut de « mère de famille ».

 «Je suis une femme activiste, je ne prône pas la révolution, mais je suis une femme révoltée par tout ce qui se passe dans la société. J’ai un parcours un peu particulier : je viens du monde des affaires. J’ai dirigé pendant longtemps une imprimerie qui employait 120 travailleurs », martèle toujours Mme Léonnie Kandolo.

Détentrice du prix « HIV/AIDS Human Rights Award 2009 »

L’ONG « Protection Enfants Sida » (PES) que dirige Mme Léonnie Kandolo, dont le siège social est à Lubumbashi, a été primée le 25 novembre 2009 à Johannesburg et a reçu le prix Vih/Sida et droits de l’homme « HIV/AIDS Human Rights Award 2009 » que le réseau Aids and rights alliance for southern Africa (Arasa) décerne chaque année pour sa contribution à la lutte contre le Vih/Sida dans la région de la SADC.  Ce prix est le résultat de la meilleure exécution d’un des programmes les plus ambitieux de formation et de plaidoyer sur les droits de l’homme dans le contexte du Vih/Sida financé par Arasa pour la région de la SADC.

« Je suis une activiste des droits de la Femme. La gouvernance constitue mon domaine de prédilection. Je suis expert en matière des ressources naturelles. Je travaille comme consultante pour diverses organisations. C’est le cas notamment de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international. Je suis mère de famille. J’ai des grands enfants… », aime toujours dire Mme Léonnie Kandolo .

« J’ai grandi en Europe dans l’ambiance du Mouvement de Libération de la Femme. J’étais encore une petite fille en 1968. Dès mon retour en Afrique, je n’ai cessé de me sentir concernée par cette question dans la mesure où les coutumes sont très pesantes sur les femmes congolaises.

Celles-ci semblent obnubilées par le mariage. C’est à croire que la femme africaine ne peut rien entreprendre par elle-même. Mon père avait l’habitude de me dire: « Je n’élève pas des filles à marier. J’élève des filles qui doivent se battre dans la vie; le mariage étant un plus… » Que voit-on? Des femmes diplômées, dotées d’une réelle expertise mais qui n’arrivent pas à s’épanouir parce qu’elles sont « prisonnières » des coutumes et des traditions.

La parité reste un vain mot en dépit du fait que le Congo a été un des premiers Etats africains à l’inscrire dans la Constitution. Je constate, par ailleurs, que lorsqu’on parle de violation de la Loi fondamentale dans notre pays, on se limite à évoquer la non-tenue des élections.

On perd souvent de vue les droits fondamentaux tels que la représentativité paritaire de la femme. Je crois qu’il y a un manque de volonté politique d’impliquer les femmes dans la conduite des affaires publiques », tance Mme Léonnie Kandolo dans une interview accordée à des médias en Europe lors de la signature de Manifeste du Citoyen Congolais.

Par GKM

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