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Au cours d’un forum : Des femmes congolaises réfléchissent sur la Résolution 1325

La Synergie des Femmes pour les Victimes des Violences Sexuelles (SFVS), avec l’appui financier de la Fondation Panzi, organise à Kinshasa du 12 au 14 septembre, le forum des femmes congolaises sur la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies.

Pendant trois jours, les femmes venues de différentes provinces de la République Démocratique du Congo (RDC) vont réfléchir sur la manière d’apporter leur pierre dans la mise en œuvre de la Résolution 1325, 17 ans après son adoption à l’unanimité par tous les Etats membres des Nations Unies.

La première journée a été consacrée à l’intervention de la présidente du Cadre de Concertation de la Femme (CAFCO), Mme Rose Mutombo, sur le thème «la situation de la femme en RDC au regard de la Résolution 1325 : enjeux, bilan et perspectives». L’oratrice a commencé par souligner la mobilisation menée par les femmes congolaises de plusieurs associations au travers des actions de mobilisation et de lobbying lorsque le pays était déchiré de part et d’autre par les rébellions. Cette synergie des femmes a apporté quelque chose parce que ces femmes avaient un seul souci, à savoir la fin des violences.

En ce qui concerne la Résolution 1325, Mme Mutombo a fait savoir que son adoption intervenue en 2.000 est le fruit de plus de 20 ans de lutte des femmes. « Sa spécificité est qu’elle fait allusion à l’impact de la guerre sur les femmes y compris les initiatives des femmes à la résolution des conflits et à l’édification de la paix durable. C’est un outil de protection des droits humains, de plaidoyer et de lobbying », a indiqué la présidente du CAFCO qui signale aussi que les acteurs restent les gouvernements, les Agences des Nations Unies et la société civile.

S’agissant de la contribution pouvant apporter les femmes, Mme Mutombo a rappelé que pendant les conflits armés, les femmes sont les plus grandes victimes avec les enfants. Pour avoir un Etat de droit, poursuit-elle, il est très important que cette majorité de la population ayant subi des atrocités puissent apporter leur pierre à la construction du pays.

Pour l’intervenante, la Résolution 1325 comportent trois piliers essentiels. Premièrement, il s’agit de la participation des femmes dans les instances de prise des décisions. « Malheureusement, l’application de ce pilier pose problème dans beaucoup de pays », reconnaît Mme Mutombo. La RDC, a-t-elle renseigné, ne compte que 12% de femmes dans les instances de prise des décisions (gouvernement, parlement, magistrature, police, etc.), avant de déclarer que malgré l’adoption de cette Résolution 1325 par le gouvernement congolais, l’on note une maigre participation des femmes suite à la faible application de différentes lois existantes par les décideurs qui, en réalité, ne se sont pas encore appropriés cet arsenal juridique.

Deuxièmement, il y a la prévention et la protection étant donné que pendant les conflits armés, l’on enregistre plusieurs cas de violation des droits de l’homme, un taux élevé de violences sexuelles et les problèmes humanitaires. C’est ainsi que la Résolution 1325 accompagne les pays post-conflits à reconstruire également un Etat de droit. Raison pour laquelle elle informe que la RDC a adopté plusieurs lois notamment sur les violences sexuelles pour alléger la souffrance des survivantes victimes des violences sexuelles et sévir les auteurs de ces crimes.

Troisièmement, elle a parlé du pilier de l’autonomisation de la femme qui, selon Mme Mutombo, a encore un long parcours pour celles vivant dans les zones des conflits. Ces dernières devraient pourtant bénéficier d’une réinsertion économique et sociale après les conflits. « Le fonds d’indemnisation des victimes créé en RDC n’a jamais été afflué par le trésor public, et cela pose problème même devant les cours et tribunaux pour la réparation de ces survivantes », a-t-elle fustigé.

En conclusion, la conférencière recommande la création d’un cadre d’action ainsi que l’accroissement du nombre d’activités de promotion de la Résolution 1325. Elle est convaincue qu’une bonne appropriation de ladite Résolution par les décideurs pourrait changer la donne.  Notons qu’à l’issue de ce Forum, il est prévu l’adoption du cahier de charge par les Congolaises et la mise sur pied d’une structure de suivi avec son agenda.

Par Tantia Sakata

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