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Une clinique mobile pour soulager la population des zones reculées du Sud-Kivu

En 2004, le  Dr Denis Mukwege a instauré le projet  » clinique mobile « , afin de subvenir au pressant besoin d’accès aux soins de santé qui affectait les populations habitant les villages les plus reculés de la province du Sud-Kivu. Au début du projet, la clinique mobile était surtout associée aux survivantes de violences sexuelles (SVS). A cette époque, l’équipe de la clinique mobile cheminait dans des villages reculés et récupérait des rescapées que la communauté lui désignait, ou que la clinique mobile identifiait par elle-même.

Ce projet phare existe toujours. Il s’est adapté aux nouveaux besoins des populations vulnérables situées dans des zones où l’accès aux soins est difficile, du fait du manque de moyens. Actuellement, le projet clinique mobile connait l’appui financier de Stichting Vluchtleling (S.V.). C’est dans ce cadre qu’une visite de monitoring des activités sur le terrain du projet a été dépêchée par Stichting Vluchtleling, du 9 au 11 février dernier.

Son  » Program Officer « , en provenance du bureau de La Haye, se trouvant à Bukavu, pour une mission d’inspection dans certains milieux ruraux où intervient la clinique mobile. Kees Ton, accompagné du personnel de la Fondation Panzi, s’est rendu dans le territoire de Kalehe, où il a visité certaines institutions sanitaires, bénéficiaires de l’appui tant technique, matériel que financier de la Fondation Panzi et de l’hôpital de Panzi.

Il s’agit du centre de santé de Bushushu (situé dans la zone de santé de Kalehe), du centre hospitalier de Kalungu et du centre hospitalier de Bulenga (ces deux derniers retrouvent dans la zone de santé de Minova). Dans ce territoire, il a été rapporté à la délégation, d’impressionnants résultats.

Au centre de santé de Bushushu, 220 malades ont pu consulter l’équipe de la clinique mobile en cinq jours, ce qui fait en moyenne 44 consultations par jour, à comparaison de 20 consultations en zone urbaine. Au Centre Hospitalier de Bulenga, 472 femmes ont été vues par l’équipe de la clinique mobile dont 125 cas de violences sexuelles, la majorité des cas traités étant des problèmes uro-génitaux et des cas de stérilités dues aux infections.
Au dernier jour de consultation, le double attendait encore d’être ausculté.

Une prise en charge médico psycho sociale gratuite

Une fois par mois, pendant 5 jours, une équipe médicale de l’Hôpital Général de Référence de Panzi [ou d’un hôpital local partenaire] composée de 5 personnes, un médecin, un infirmier, un psychologue, une assistante sociale et un chauffeur, se rend dans des zones reculées.

Dans ces zones vivent des populations démunies n’ayant quasiment pas accès aux soins médicaux faute des moyens et d’installations sanitaires adéquates. Cette équipe offre une prise en charge médico psycho sociale gratuite et s’occupe de transférer des patients au besoin dans les hôpitaux compétents. locales, dont la mission est de sensibiliser les populations dans des zones de santé définies. Les sensibilisations sont faites partout où une population vulnérable nécessite des soins ; cela peut être dans des camps de déplacés, de réfugiés, dans des maisons d’accueil, dans des centres de santé ou dans le milieu de ces communautés.

Les besoins dans le domaine de la santé en zones urbaines sont immenses et difficile à combler pleinement. Mais le souci du Dr Mukwege est  de faire accéder aux soins les populations vulnérables via la clinique mobile en vue de combler un énorme vide dans ces zones reculées et instables.

Malgré ses missions de courtes durées, l’impact de la clinique mobile s’avère efficace  dans ses diverses zones d’intervention, compte tenu du degré de précarité de la population bénéficiaire. Les cibles privilégiées de la clinique mobile sont les femmes et les filles, notamment celles qui souffrent de pathologies génitales comme les fistules urogénitales ou le prolapsus.  Mais les sensibilisations des associations locales ratissent large.

Tous les malades sont invités à se rendre à la clinique mobile. De ce fait, l’équipe reçoit des femmes mais également des hommes victimes de viols, elle accueille aussi des victimes de catastrophes naturelles, des personnes qui ont été pillées, qui ont été témoins de meurtres ou d’autres scènes ayant créé chez eux des traumatismes nécessitant une prise en charge psychologique.

Par GKM

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