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Crise Congo-Belgique : divergence de vues entre Paris et Bruxelles

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L’opinion tant nationale qu’internationale assiste depuis quelques jours à la détérioration des relations diplomatiques entre la République Démocratique du Congo et le Royaume de Belgique, deux pays entretenant des liens historiques et de partenariats de longue date.

Ce climat malsain a commencé lorsque l’ancienne puissance coloniale a décidé d’interrompre la coopération bilatérale avec le Congo Kinshasa et de cesser d’accorder à ce dernier des fonds fixés à 25 millions d’euros destinés à soutenir les efforts de développement, après avoir beau demander au régime en place de respecter les droits fondamentaux des citoyens et le cycle électoral en cours. En guise de réaction, le régime en place a fermé la Maison Schengen  à Kinshasa.

Il a également verrouillé le consulat congolais d’Anvers en Belgique et sommé cette dernière de  lui emboiter le pas avec ses consulats de Goma et Lubumbashi, en territoire congolais. Actuellement, il insiste sur la réduction des vols de la compagnie Brussels Airlines, de sept à quatre par semaine, sans vérifier la véritable nationalité de cette société qui est plutôt allemande.

Pour le sénateur congolais Jacques Djoli, les mesures prises par la RDC semblent être à l’avantage du régime en place et des pays voisins plutôt que du peuple congolais. Même son de cloche de la part du député national Henri-Thomas Lokondo qui a qualifié ces mesures d’ « exagérées », ajoutant qu’elles témoignent que l’Etat congolais est géré avec des états d’âme,  alors qu’un homme d’Etat n’a pas d’état d’âme, mais un état de service pour la nation, pour le peuple.

Ces deux réactions confirment le ras-le-bol du peuple congolais qui, outrepassé par des exactions continuelles et incessantes, ne cesse d’appeler la communauté internationale de renforcer la pression sur le régime de Kinshasa, afin d’obtenir l’alternance démocratique au sommet de l’Etat.

Pour avoir accepté de répondre favorablement à ce cri d’alarme, Bruxelles s’est attiré la colère des caciques de ce régime, au moment où la France continue d’afficher une attitude conciliante, au lieu d’appuyer la pression exercée par le Royaume de Belgique.

Le mardi 6 février, par le biais de son président, la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) a relevé que l’organisation des élections le 23 décembre 2018 n’est pas certaine. Le même jour, l’ambassade de France à Kinshasa a exprimé sa détermination à accompagner le processus électoral en RD Congo.

Visiblement, la France a décidé d’oublier les liens historiques qui le lient à Bruxelles, renforcés aujourd’hui par l’Union Européenne. Elle préfère faire allégeance à un pouvoir respectant difficilement ses engagements internes et externes. Paris a oublié l’assassinat des deux experts de l’ONU dans le Kasaï où les massacres de la population civile sont perpétrés depuis 2016.

Paris a encore oublié les massacres des chrétiens catholiques le 31 décembre 2017 et le 21 janvier 2018, pour avoir organisé des manifestations pacifiques conformément à la Constitution en vigueur…  Et pourtant, le pays cher à feu Général De Gaule a eu l’amabilité d’accueillir, en toute conscience, les organisations de la société civile, les partis et personnalités politiques du Congo qui, en août 2017, ont signé  à Paris le Manifeste du citoyen congolais.

Au cours d’une conférence de presse tenue mardi 6 février à Kinshasa, les signataires dudit Manifeste ont à nouveau plaidé pour une «transition sans Joseph Kabila». Pour une fois, le gouvernement français a intérêt à revenir aux bons sentiments et à écouter ce énième cri de détresse d’un peuple en danger.

Par Asiyeshindwa

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