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Crise sécuritaire et humanitaire en Ituri : L’UNICEF apporte une assistance aux déplacés victimes des atrocités de Djugu

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Le territoire de Djugu, dans la province de l’Ituri, au Nord-Est de la RDC, est en proie, depuis mai dernier, à une crise sécuritaire et humanitaire grave, avec au moins 350.000 personnes qui ont fui des attaques perpétrées par des milices dans de nombreux villages et localités, selon des agences humanitaires. Ces organismes  continuent à se mobiliser pour soulager, tant soit peu, les souffrances de ces nombreux déplacés de guerre.

Ainsi, le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) vient d’apporter aux déplacés des sites de Loda et de Bule, près de Fataki, dans le territoire de Djugu, une assistance en articles ménagers essentiels et en eau potable, dans le cadre de son programme « Réponse rapides aux mouvements des populations » (RRMP), grâce aux fonds suédois. Loda, à 90 km au nord de Bunia, dans la zone de santé rurale de Fataki, est un de nombreux sites des déplacés du territoire de Djugu.

Bule, toujours dans la zone de santé de Fataki, est à  100 km de Bunia. A Bule, on trouve certains sites de déplacés dans les écoles, à quelques jours de la rentrée scolaire. Les articles ménagers essentiels, dont la distribution aux sites de Loda et de Bule, a été confiée à l’ONG Solidarité sont notamment les savons, les casseroles, les gobelets, les bidons, les assiettes, les pagnes. Ces sites de déplacés ont  été érigés en juin 2019.

L’UNICEF a par ailleurs confié à une ONG locale la purification et la distribution de 20 mètres cube d’eau potable par jour pour l’approvisionnement des déplacés du site de Loda, qui héberge 1.700 ménages, soit près de 6.000 déplacés dont la majorité sont des femmes et des enfants. Cette eau traitée provient d’une rivière proche du site de Loda.  Selon le président du comité  des déplacés de Loda, Safari Malo, ils ont fui en juin dernier les atrocités dont ils ont été victimes dans leurs villages situés dans trois groupements du territoire de Djugu.

Il s’agit des groupements Sombuso et Dendro dans le secteur des Bahema Nord et du groupement Dz’na, dans le secteur de Walendu Pitsi. Ils ont abandonné leurs champs, troupeaux  et  cases, dont la plupart ont été brûlés par des miliciens armés. Ils ne peuvent pas regagner dans l’immédiat leurs villages car ils ne sont sûrs d’y être en sécurité.  De très nombreux enfants en âge scolaire se trouvent parmi les déplacés. Leurs parents ne sont pas en mesure de les scolariser.

Une crise sécuritaire et humanitaire aux origines lointaines

La crise actuelle en Ituri a débuté à Djugu, entre le 3 et le 10 mai 2019. La flambée de violences que connait la province de l’Ituri semble avoir été déclenchée par le meurtre de quatre personnes (commerçants de la communauté Lendu) en route vers Iga Barriere (près de Bunia) par des assaillants non identifiés. Il s’en est suivi des attaques sanglantes de plusieurs villages de la communauté Hema par des hommes armés dénommés « assaillants ».  161 corps avaient été retrouvés dans la brousse à la suite d’une attaque armée de ces assaillants non identifiés dans la nuit du 12 juin 2019.

Le conflit a atteint la zone de santé d’Angumu, dans la chefferie de Mukambo en territoire de Mahagi, notamment dans les villages de Musongwa, Are, Musongwa et Rovinga habités majoritairement par la communauté Alur. Les violences qui persistent encore dans cette province ont commencé en 2014 et ont connu un nouveau pic à la fin 2017. Les violences entre les deux principales communautés Lendu et Hema de l’Ituri datent de l’époque coloniale. Elles ont toujours été déclenchées par des revendications des propriétés des terres et de contrôle des richesses du sol et du sous-sol.

Les deux communautés vivent en état de tension permanente. Entre 1999 et 2003, le conflit entre les deux communautés, accentué par la présence des mouvements de rébellion soutenus par les armées étrangères, avait abouti à la « guerre de l’Ituri » pendant laquelle chacune des communautés avait armé ses membres et développé sa propre milice d’autodéfense. Ce conflit n’avait été maîtrisé que par l’intervention européenne via l’opération française Artémis.

Par Norbert Tambwe

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