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Des défenseurs des droits de l’homme et journalistes, en danger au Burundi

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De nouvelles informations reçues par la Commission d’enquête des Nations Unies sur le Burundi par Human Ritshts Watch(HRW) viennent corroborer ce que beaucoup suspectaient depuis longtemps  dans le cas de Marie-Claudette Kwizera, la trésorière du groupe burundais Ligue Iteka qui a été prise pour cible en raison de son travail de défense des droits humains et a été assassinée.

En effet, il y a près de quatre ans, Marie-Claudette, qui était très engagée dans la défense des droits humains et avait rejoint la Ligue Iteka alors qu’elle était étudiante à l’école secondaire, a été enlevée et emmenée à bord d’un véhicule considéré comme appartenant au Service national de renseignement (SNR). Le véhicule aux vitres teintées l’a emmenée vers une destination inconnue, laissant ses collègues et ses proches craindre le pire. La commission indique maintenant qu’elle a été conduite dans un bureau local du SNR avant d’être emmenée dans un autre endroit pour être exécutée.

Le meurtre de Marie-Claudette reste un avertissement pour ceux qui osent dénoncer les abus dans le pays. La commission  des droits de l’homme des Nations Unies a confirmé qu’en 2018 et en 2019, les restrictions pesant sur les libertés civiles se sont aggravées, alors que « des journalistes et des défenseurs des droits de l’homme ont continué d’être arrêtés et détenus de manière arbitraire, mais également intimidés, harcelés ou soumis à des mauvais traitements, afin de les empêcher de mener à bien leurs activités légitimes». Il n’est guère surprenant que les autorités burundaises aient omis d’ouvrir une enquête indépendante et approfondie sur sa mort. La Ligue Iteka dénonce publiquement les abus commis par les forces de sécurité et l’aile des jeunes du parti au pouvoir, les Imbonerakure.

Des enlèvements et des disparitions ont eu lieu bien trop souvent au Burundi à la fin de l’année 2015 et en 2016.
Jean Bigirimana, journaliste à Iwacu, le dernier journal indépendant encore en activité au Burundi, était en déplacement pour un reportage en juillet 2016 lorsqu’il a disparu. D’après des informations non confirmées, des membres des services de renseignements burundais l’ont arrêté à Bugarama.

La commission constate qu’actuellement toute personne soupçonnée de ne pas soutenir le parti au pouvoir court un risque. Les familles vivent dans la peur que leurs proches soient enlevés une nuit par des membres du SNR ou par des Imbonerakure, et qu’ils ne reviennent jamais. Parfois, lorsque les autorités ou les Imbonerakure ne trouvent pas la personne qu’ils recherchent, ils emmènent des membres de sa famille à la place. Mais les familles comme celle de Marie-Claudette ont droit à ce qu’une enquête exhaustive, indépendante et rapide soit ouverte par les autorités pour découvrir ce qu’il est arrivé à leurs proches.

En attendant que cela arrive, le mandat de la Commission d’enquête devrait être prolongé pour poursuivre leur travail de documentation crucial, souhaite HRW par l’entremise de son Directeur en charge de l’Afrique centrale et de l’Est.

Par GKM

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