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Érosions à Kinshasa : un technicien en urbanisme propose des solutions

La ville de Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo, connait depuis 1950 une croissance urbaine sans précédent.   L’intense mise en valeur de ses terres , sans réel contrôle de la part des autorités responsables de l’aménagement, ainsi que le manque de connaissances par ces dernières des actions efficaces pouvant être menées contre la dégradation des sols par ravinement régressif, ne font actuellement qu’aggraver la situation d’instabilité et de danger au niveau de la région des collines.

Selon une étude faite sur l’analyse de l’érosion intra-urbaine, publiée par la Revue Belge de Géographie, près de 400 ravins auraient été comptabilisés en 2007. Certains d’entre eux, comme celui de Matuba, localisé dans la commune de Ngaliema, ne cessent de prendre des proportions plus qu’alarmantes, atteignant des tailles imposantes (environ 1 km de long, 10 m de profondeur et 300 de large) et réduisant le plus souvent à néant toute tentative de stabilisation des sites. Ce ravinement cause d’importantes pertes, tant humaines que matérielles. Si la population sait où se trouvent les ravins, aucune vision d’ensemble n’existe à l’heure actuelle.  La prévention et la lutte curative contre ces érosions sont basées sur une compréhension intuitive de ce phénomène.

Quelques pistes de solutions

Un technicien en urbanisme, M. Baudouin Mufaniama a proposé des pistes de solutions pour juguler le phénomène des érosions, devenues un problème de société en RDC, dans une étude présentée Mercredi 19 Décembre 2018 sur : « Les embouteillages à Kinshasa ». Ce dernier reconnait que la complaisance et la complicité de l’État dans ses politiques de lotissement est à la base de la résurgence des érosions en RDC, particulièrement à Kinshasa, où les dernières statistiques notent l’existence de plus de 300 têtes d’érosions. Il déplore également l’incivisme de la population face à la politique congolaise de lotissement.

M. Mufaniama a indiqué que la progression des érosions entraine de nombreuses conséquences fâcheuses dans les quartiers. Il s’agit notamment d’habitations englouties  dans les érosions, alors que beaucoup d’autres sont menacées. De nombreuses personnes perdent la vie dans les ravins et d’autres sont sans logis tandis que des sinistrés sont abandonnés à leur triste sort, croupissant dans la désolation la plus totale. Ainsi, chaque fois que la pluie s’annonce, c’est un sentiment de malaise et d’incertitude auprès de ceux qui sont menacés par ce fléau.

Concernant les pistes de solution, l’expert en urbanisme rappelle que l’État a un grand rôle à jouer dans la lutte contre ce phénomène en RDC. Tout commence, explique-t-il, par faire appliquer les lois concernant l’urbanisme, notamment en expropriant tous les récalcitrants qui occupent des terrains impropres à la construction et en draguant les cours d’eau, afin de maintenir leurs lits naturels et faciliter les conduites d’eau tout comme d’autres déchets de la ville vers le fleuve et autres déversoirs naturels.

L’homme a également fait savoir qu’il est formellement interdit d’utiliser des raccourcis qui risquent d’être détériorés, à force de fréquents passages, avant de conseiller de cultiver sur les espace accidentées.

Par Carroll Madiya

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