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Grève des enseignants : Un audit s’impose sur la gestion du Ministère de l’EPSP depuis les 10 dernières années

La grève qui défraie la chronique au ministère de l’Enseignement primaire et secondaire mérite d’être prise au sérieux. Quand il s’agit des régies financières, on parle de millions de dollars qui échappent au trésor public.  Pourtant, le secteur de l’enseignement produit aussi des millions de dollars, qui n’atterrissent pas  nécessairement dans les caisses de l’    Etat. Il est temps d’interpeller les différents ministres de l’EPSP, qui ont dirigé le secteur comme un bien sans maître. Le Parlement, ainsi que la Cour des compte sont appelés à diligenter une enquête sans complaisance.

Malgré une relative accalmie, près de la moitié des  établissements scolaires de la capitale continuent à maintenir le mot d’ordre de grève. Surtout dans la partie Est de la ville et du centre. Depuis le lundi 2 octobre, plusieurs ont résolu de retourner  à l’école, mais juste pour observer et faire semblant d’encadrer les élèves, afin de maintenir les effectifs. Un enseignant du quartier Esanga, dans la commune de Kimbanseke, raconte :

 » Les enseignants sont déterminés à obtenir gain de cause et ne veulent pas lâcher. Durant la paie de septembre que d’aucuns ont qualifié de tous les enjeux, le miracle n’a pas eu lieu. Aucun changement  n’a été opéré « .  Selon certaines indiscrétions l’intersyndicale, qui bénéficierait de la manne gouvernementale, roulerait pour le pouvoir et n’a pas convaincu ce dernier à honorer ses engagements.

 » A l’heure actuelle, on fait face à deux réalités. D’une part les écoles catholiques, protestantes de première catégorie   et certaines privées dont les enseignants ont une grande motivation (prime) allant de 200 à 500 dollars américains hormis le salaire que l’Etat congolais paie. Ici, la vérité est que l’école  est redevable aux parents qui ont reçu  100 à 200 dollars américains  d’acompte par élève avant la rentrée scolaire « , a expliqué  un syndicaliste des enseignants de carrière.

Avant de soutenir d’autre part,  » nous avons des écoles conventionnées de deuxième et 3ème catégorie qui sont des laissés pour compte dans le même système éducatif et qui ne peuvent pas compter sur la grande motivation ou la prime provenant de la contribution des parents. Ils veulent voir le gouvernement honorer ses engagements en payant d’abord au taux budgétaire de 14.5 le dollar américain au lieu de 9.2 « .

Comme on le voit, c’est un système à deux vitesses qui mérite d’être revu par le pouvoir organisateur de l’enseignement tout en contrôlant la prolifération des écoles privées qui naissent au jour le jour parfois sans normes en se préoccupant plus des intérêts. Ces écoles pour la plupart ne s’adonnent qu’à recruter parfois des enfants renvoyés pour raison d’indiscipline notoire ou d’incompétence mais qui sont récupérés dans des classes supérieures  sans autre forme de procès pourvu qu’ils soient de  » bons payeurs « .

Des cadavres dans les placards

Au-delà d’un simple fait de grève, le mal est très profond. Il est temps de faire l’état des lieux de la gestion de certains ministères dont l’Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel, censés apporter des ressources en cette période de basse conjoncture.    A titre indicatif, théoriquement l’EPSP est surtout considéré comme l’un des ministères n’apportant rien au budget national. Et pourtant, des sources bien renseignées rapportent que les frais scolaires versés par tous les élèves de la République sont gérés par le Fonds de Promotion de l’Education Nationale (FPEN)  et ne contribuent   pas au développement  du secteur en RDC.

Ces fonds sont gérés dans une opacité totale par celui qui a l’EPSP dans ses attributions.

 » Depuis plus d’une dizaine d’années, nous payons des frais d’assurances pour nos élèves auprès des autorités compétentes mais les polices d’assurances ne sont pas remises. Apparemment, cet argent n’arrive pas à destination. En cas d’accident, c’est souvent les écoles qui supportent les premiers soins « , a dit un secrétaire sous le sceau d’anonymat.

Il faut interpeller  le ministre actuel  de l’EPSP Gaston Musemena et surtout son prédécesseur, Maker Mwangu. Ce dernier, qui a battu le record de longévité de tous les ministres de l’EPSP depuis l’indépendance jusqu’à ce jour. Les millions de francs collectés lors des épreuves de Test National de Fin d’Etudes Primaires (TENAFEP) et les épreuves d’examens d’Etat ont souvent pris une destination inconnue ces 10 dernières années. Sans oublier les contrats exclusifs conclus avec des firmes de téléphonies cellulaires à chaque publication des Examens d’Etat.

A titre indicatif, rien que l’année dernière, l’on a enregistré plus de 450.000 candidats avec un paiement de 50.000 FC (session ordinaire et hors session) par élève. Ce qui donne un chiffre intéressant, qui se volatilise dans la nature. Et pourtant, l’Etat pourrait s’en servir pour résoudre les différents problèmes qui se posent (Enseignants Non payés depuis plus de 8 ans et des Nouvelles unités en attente).

Un audit sans complaisance d’une Commission parlementaire, ainsi que de la Cour des comptes risque de révéler dans manquements dans la gestion des millions des fonds alloués au secteur par les partenaires éducatifs. Le plus important est que l’Etat congolais puisse redorer l’image ternie de l’enseignant, devenu la risée de tout le monde. Tout doit être mis en œuvre pour résoudre ce problème de grève qui se radicalise de plus en plus, d’abord dans les provinces environnant la capitale : Kongo Central, Kwilu et Kwango, sans oublier les autres provinces, qui tiennent à tout prix que justice soit faite.

Par Godencio de Mbanga

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