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Groupe de contact international pour la région des Grands Lacs d’Afrique à La Haye : L’intensification des sanctions contre Joseph Kabila réclamée

Joseph Kabila

Les organisations de la société civile parmi lesquelles HRW, ASADHO, EurAc, RAID et Sherpa invitent les USA et l’UE à accroître les pressions sur les individus qui tirent profit du maintien au pouvoir du régime de Kinshasa

Par GKM

 » Les Etats-Unis et l’Union européenne (UE) devraient élargir le champ de leurs sanctions individuelles et les appliquer aux membres de la famille du président Joseph Kabila et à ses associés d’affaires qui tirent profit d’activités illégales en République démocratique du Congo, ont déclaré aujourd’hui sept organisations congolaises et internationales de défense des droits humains. Ces sanctions élargies devraient viser les personnes qui sont impliquées dans de graves affaires de corruption, de détournement de fonds publics, de blanchiment d’argent ou dans diverses fraudes destinées à écraser la dissidence pacifique, à reporter de manière inappropriée les élections ou à maintenir par d’autres moyens Joseph Kabila au pouvoir au-delà des deux mandats que lui autorisait la constitution congolaise « , peut-on lire dans un communiqué conjoint  des organisations de la société civile dont Human Rights Watch menant le plaidoyer auprès des USA et l’Union Européenne pour des sanctions ciblées contre les proches de Joseph Kabila sapant le processus démocratique en RDC. Ce document est en circulation depuis le mardi 10 octobre
Le plaidoyer est mené en marge de la réunion du Groupe de contact international pour la région des Grands Lacs d’Afrique, qui comprend les Etats-Unis, l’UE et les Nations Unies,  qui s’ouvre ce jeudi 12 octobre 2017 à La Haye, en Hollande, pour discuter de l’impasse politique en RD Congo et des graves préoccupations que suscite la situation dans ce pays en matière humanitaire et sécuritaire.
 » Les partenaires internationaux de la RD Congo devraient montrer au président Kabila que son comportement abusif ne peut demeurer sans véritables conséquences, en infligeant des sanctions aux membres de sa famille et à ses associés d’affaires, qui tirent profit illégalement de ses manœuvres anticonstitutionnelles pour rester au pouvoir « , a déclaré Ida Sawyer, directrice pour l’Afrique centrale à Human Rights Watch.  » Attendre plus longtemps encore ne fera qu’encourager le recours par Kabila à la violence, à la répression et au pillage pour se maintenir au pouvoir, et c’est le peuple congolais qui continuera à le payer au prix fort. « , tance-t-elle.
Les Signataires  de ce communiqué conjoint à savoir, l’Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO),The Enough Project, Human Rights Watch, Plateforme de Protection des Lanceurs d’Alerte en Afrique (PPLAAF),Réseau européen pour l’Afrique Centrale (EurAc),Rights and Accountability in Development (RAID)et Sherpa fustigent le comportement des dirigeants de la RDC qui s’illustre par les violations graves des droits de l’Homme et principes démocratiques.
En effet, le pays est confronté à une crise en matière de droits humains et de sécurité qui s’aggrave depuis que Kabila a refusé de quitter le pouvoir à la fin du second mandat que la constitution lui autorisait, en décembre 2016. Il a conservé le pouvoir en retardant les élections, en organisant une brutale répression contre toute contestation pacifique et en laissant les forces de sécurité du gouvernement commettre de graves abus dans la plus grande partie du pays en toute impunité, accuse les ONG signataires de cette missive.

Depuis juin 2016
Depuis juin 2016, les Etats-Unis et l’UE ont mis en place des sanctions ciblées, consistant en une interdiction de voyager à l’étranger et un gel des avoirs financiers, à l’encontre de 17 proches de Kabila , pour la plupart membres de haut rang des forces de sécurité ou responsables du gouvernement.
Ces sanctions, notent HRW et autres ONG semblent avoir contribué à modifier le comportement et les calculs de certains responsables de haut rang. Cependant, l’absence de réforme politique significative, combinée à une insécurité croissante, montre qu’une intensification des pressions internationales sur Kabila, en particulier par le biais d’un élargissement des sanctions ciblées, est nécessaire, ont affirmé les organisations, préconisent les signataires.

Dans leur plaidoyer, ces organisations exhortent les Etats-Unis et l’UE à déclarer publiquement quels avoirs sont actuellement gelés en vertu des sanctions déjà existantes, afin de montrer les effets de ces mesures. Elles invitent les membres du Groupe de contact  à enquêter et poursuivre en justice les compagnies et les individus relevant de leur compétence  quelle que soit leur nationalité  qui participent illégalement à des actes de corruption, à du blanchiment d’argent ou à des fraudes en RDC.

Kabila sous pression

 » Les membres du Groupe de contact devraient également s’entendre avec les dirigeants régionaux pour presser Kabila d’abandonner la présidence d’ici à la fin de 2017, et pour lui signaler clairement qu’il sera lui-même sanctionné s’il ne le fait pas. Ils devraient soutenir l’idée de tenir des consultations afin de déterminer les modalités dans lesquelles une brève période de transition post-Kabila serait gérée et gouvernée par des personnes qui ne peuvent pas se présenter elles-mêmes à des fonctions électives, comme cela a été récemment proposé par des leaders de la société civile et des représentants de l’Église catholique. Les partenaires internationaux et régionaux de la RD Congo devraient activement superviser et soutenir ce processus, y compris un transfert pacifique du pouvoir et l’organisation d’élections équitables et crédibles « , ont ajouté les organisations.

 » Nous avons besoin d’actions audacieuses pour mettre fin aux cycles apparemment interminables de violence, de corruption et d’impunité en RD Congo « , a déclaré Jean-Claude Katende, président de l’Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO).  » Des pressions internationales sur le président Kabila pour qu’il quitte le pouvoir et un soutien à un processus électoral crédible pourraient enfin mettre le peuple congolais sur la voie d’un système de gouvernance nouveau, bâti sur l’état de droit, sur une gestion transparente et équitable des immenses ressources naturelles du pays, et sur des institutions démocratiques fortes qui placent les intérêts de tous les Congolais au cœur de chaque initiative politique. « ,martèle-t-il.

Dans son discours devant l’Assemblée générale de l’ONU en septembre dernier, le président Kabila n’a donné aucune indication selon laquelle il s’apprêterait à quitter ses fonctions, constatent ces organisations. Des informations qui ont été filtrées de ses rencontres privées avec divers responsables étrangers à New York ne laissent aucunement penser qu’il se prépare à abandonner le pouvoir, regrettent-elles.

L’Accord du 31 Décembre 2016 torpillé

En fin décembre 2016 , l’Eglise catholique Romaine de la RDC a joué un rôle de médiateur pour la conclusion d’un Accord  qui prévoyait la tenue avant la fin de 2017 d’élections auxquelles Joseph  Kabila ne participerait pas, ainsi qu’un certain nombre de mesures destinées à apaiser les tensions, dont la remise en liberté des prisonniers politiques et le retour des dirigeants d’opposition en exil. Mais depuis lors, la coalition au pouvoir a violé les principaux termes de l’Accord, notamment en s’abstenant d’organiser des élections nationales.

Le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a déclaré publiquement que les élections n’auraient pas lieu en 2017 et n’en a toujours pas fixé la date à travers le calendrier électoral réclamé par toutes les parties.

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