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Inga III: les ambitions de J.Kabila partent en fumée !

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Avec la décision adoptée à ce sujet par le parlement sud-africain, tout porte à croire que le nouveau pouvoir de Pretoria est plus en retrait que la précédente administration

Il s’agit peut-être de la fin du fameux projet Inga III. Selon le quotidien belge La Libre Belgique qui vient de publier un article à ce sujet, il est question de la commission de l’énergie du parlement sud-africain, qui a récemment  recommandé au gouvernement du pays de Nelson Mandela de préparer des alternatives à l’approvisionnement en énergie en provenance de la centrale hydroélectrique rd congolaise.

De l’avis certains observateurs, cette décision reflète l’incertitude dans la classe politique sud-africaine envers un projet porté principalement par l’ex-président Jacob Zuma et l’actuel ministre de l’Energie, Jeff Radebe. Mais cette  décision ne traduit pas forcément un désintérêt pour le projet Inga en tant que tel, susceptible de fournir une énergie renouvelable bon marché à l’Afrique du Sud.

La famille Zuma indexée

A en croire le quotidien belge, la Commission de l’énergie du parlement sud-africain a demandé, le 26 octobre dernier, au gouvernement d’initier une étude d’impact des différents scénarios à envisager concernant le futur mix énergétique du pays. Les députés sud-africains ont demandé au gouvernement de prendre en compte les  alternatives à l’approvisionnement en énergie à partir du barrage d’Inga, au cas où il ne pourrait pas fournir les 2500 MW, prévus dans le traité international sur Inga, conclu en 2013 entre les deux pays.

Durant le même mois d’octobre, lors de la Commission mixte RD Congo-Afrique du Sud, il avait été discuté la possibilité de porter  à 5000 MW la quote-part de la puissance à fournir à la société sud-africaine ESKOM, dans l’optique du redimensionnement à la hausse du projet Inga III (de 4800 MW à 11 000 MW) annoncé en 2017  par l’Agence pour le développement et la promotion du projet Grand Inga (ADPI), dépendant de la présidence rd congolaise.

Contrairement à Jacob Zuma dont le neveu, Khulubuse, a reçu des participations dans des permis pétroliers dans la région du Lac Albert, Cyril Ramaphosa le nouveau président sud-africain, n’a aucun intérêt personnel en RDC  et peut donc ne pas montrer accommodant envers son homologue de Kinshasa. Son gouvernement, a donc des chances de suivre l’avis des parlementaires.

Cette recommandation apparaît comme un vote de défiance émanant  de l’unique client étranger qui s’était engagé à acheter plus de la moitié de l’énergie d’Inga III dans le schéma initial. Pourtant, le 16 octobre dernier, la présidence avait annoncé la signature du contrat pour la construction du barrage et de la centrale entre la RDC avec un consortium sino-espagnol, dont les leaders  sont la Three Gorges Corporation chinoise et la  firme Actividades de Construcción y Servicios, de Florentino Pérez, par ailleurs  président du prestigieux club de football le Real Madrid, pour financer les études et les travaux.

L’autre potentiel grand client, le Nigeria, n’a pas  confirmé depuis des années son désir de se porter acquéreur d’une puissance de plusieurs mégawatts, qui aurait achevé de rendre le projet rentable. Cela,  à cause de la priorité du président nigérian, Muhammadu Buhari, de construire, grâce à un financement de l’Export-Import Bank of China, la centrale hydroélectrique de Mambila (3050 MW) sur le fleuve Niger, au coût estimé à 5,8 milliards de dollars.

Un projet plus difficile à financer

Évalué à 14 milliards de dollars contre 8 milliards pour la première estimation  concernant la seule construction du barrage et de la centrale d’Inga III, le projet actualisé  serait plus difficile à financer. Les modalités de remboursement de la dette ne sont pas encore arrêtées.

De plus, la société civile congolaise reproche à Madrid,  qui soutient le projet suite à  l’implication dans celui-ci de la firme ACS, d’avoir voulu retirer Emmanuel Ramazani Shadary, le candidat du camp Kabila à la présidentielle du 23 décembre, de la liste des personnalités congolaises frappées de sanctions de l’Union européenne, à cause  de son implication  présumée dans la répression qu’il aurait supervisée, en tant que ministre de l’Intérieur, aux manifestants hostiles à un troisième mandat de J.Kabila.

Par ailleurs le 23 novembre dernier, une pétition signée par 10 000 personnes,  dont des riverains, a été remise par le Collectif d’Actions de la Société Civile (CASC) à l’ADEPI. Le document  exprime l’opposition des signataires au projet en l’état. Il concerne moins le projet comme tel que la manière dont il est géré.

La société civile exige d’être consultée

A en croire la même source, la société civile congolaise réclamerait d’être consultée sur toutes les étapes du projet. Elle exigerait également la révision de la clé de répartition de l’énergie qui, selon elle, privilégie  les compagnies minières du Katanga et d’Afrique Sud, au détriment des autres usagers de la Société nationale d’Électricité congolaise (SNEL).

Le CASC dit militer pour plus de transparence sur les études d’impact tant environnemental que social, de même  que sur les projets de délocalisation des populations du Kongo Central.

Par YHR

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