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Kwango: les élus provinciaux réclament l’investiture du nouveau gouverneur Kanys

Kanys Makofi et Muteba N’swan ont été élus respectivement gouverneur et vice-gouverneur de la province du Kwango à l’issue des élections organisées par la CENI (Commission électorale nationale indépendante) le 26 mars dernier au sein de l’Assemblée provinciale installée à Kenge,le chef-lieu de la province.

Les résultats de ces élections ont été approuvés par la Cour d’appel du Bandundu le 13 avril dernier conformément à l’article 71 de la loi électorale, étant donné que ces échéances électorales n’avaient enregistré aucun recours en contestation des résultats.

C’est ainsi que, la centrale électorale congolaise avait transmis les dossiers physiques de nouveaux gouverneurs élus à la Présidence de la République pour leur investiture. Depuis lors, les élus provinciaux ne cessent de constater que le Président de la République, garant du bon fonctionnement des institutions, tarde à investir ces nouveaux locataires de l’Hôtel de ville du Kwango.

Une situation qui viole l’article 80 de la Constitution congolaise qui stipule, «le Président de la République investit par ordonnance les gouverneurs et vice-gouverneurs de provinces élus dans le délai de 15 jours conformément à l’article 198».

Pour l’heure, les députés provinciaux sont montés au créneau pour dénoncer, dans une correspondance adressé au président de la CENI, avec l’ampliation au président de l’Assemblée nationale, au Premier ministre, au Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, la violation de cet article 80 de la Constitution. Ils sont 18 députés provinciaux qui ont signé cette correspondance adressée au président de cette institution d’appui à la démocratie.

Situation précaire de la province

Les députés provinciaux du Kwango ont parlé, à travers cette correspondance, de la situation précaire de leur province, qui à cause de cette impasse délibérément entretenue, présente un tableau suffisamment sombre.

Il s’agit d’une province qui est dirigée aujourd’hui par un candidat malheureux à la dernière élection de mars 2018, ce gouverneur intérimaire démissionnaire est juridiquement limité. Il ne peut engager la province pour autant qu’il expédie les affaires courantes:

Il ne peut ni nommer, ni révoquer un membre du gouvernement, ainsi que les cadres et agents des régies provinciales, des services publics provinciaux par respect à la théorie de l’acte contraire de  parallélisme de forme; il ne peut contracter, ni prendre des engagements pour le compte de la province.

Aussi, l’attribut d’être candidat malheureux à l’élection de mars dernier dénote d’un manque de confiance criant et d’une absence avérée de collaboration sincère entre son gouvernement démissionnaire et l’organe délibérant.

Cette situation malheureuse a créé un vide juridique et une crise d’autorité au sommet de la province en violation manifeste des articles 28, 63 et 65 de la loi n°08/012 du 31 juillet 2008 portant principes fondamentaux relatifs à la libre administration des provinces.

A ce jour, concluent les 18 députés provinciaux signataires de la correspondance, la province naissante du Kwango est abandonnée à son triste sort, sans autorité légalement établie, sans budget, sans programme d’action, bref sans boussole pouvant guider ses pas pour booster son développement tant attendu par les filles et fils du Kwango.

Par Lucien Kazadi T.

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