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La femme rurale mérite un autre regard

femme rurale photo prise par Erick Ks

La Journée internationale de la femme rurale a été célébrée le 15 octobre dernier sous le thème international : « Renforcement de la résilience face à la crise climatique des femmes et des filles en milieu rural ». En République Démocratique du Congo le thème national était : « Les filles et les femmes congolaises vivant en milieu rural en première ligne face au changement climatique ». A cette occasion, la ministre d’Etat et ministre du Genre de la famille et Enfant, Mme Beatrirce Lomeya Atilite a sensibilisé la population congolaise et surtout le monde rural à préserver entre autres son environnement.

Au regard de ce thème, il est tout à fait clair que la femme rurale joue un rôle en ce qui concerne la préservation de notre environnement. A cette ère de changement climatique, l’humanité a reconnu la place de cette femme rurale dans la lutte contre le changement climatique.
Cependant, les conditions de vie de la femme rurale laissent à désirer dans plusieurs coins du monde.

En RDC, elle fait face à plusieurs défis, à savoir le manque d’électricité, de l’eau, de soins de santé de qualité, des infrastructures fiables, de l’instruction, etc. Cette situation, faut-il le souligner, constitue un handicap au développement intégral des femmes vivant en milieu rural parce qu’elles ne bénéficient pas du même traitement que celles vivant dans des grandes villes. Comme qui dirait les deux catégories de femmes n’ont pas la même chance, et ne jouissent pas non plus des avantages identiques.

Face à cette réalité, il est plus que temps que les vraies préoccupations de la femme rurale trouvent de réponse dans un monde où l’on prône, de plus en plus, l’équité et l’égalité. Et pourtant c’est cette femme rurale qui assure notre survie grâce à son dur labeur. Point n’est besoin de rappeler que la ville de Kinshasa, capitale de la RDC, est nourrie par ces femmes rurales. Ainsi, lorsqu’elles ne produisent pas, le prix de maïs ou de manioc, aliment de base des Congolais, est revu à la hausse, et cela handicap beaucoup de ménages qui vivent déjà avec de moyens de bord.

Etant souvent abandonnées à leur triste sort, les femmes rurales doivent parcourir de longue distance pour se trouver de l’eau potable, du bois et de la nourriture dans le champ afin de subvenir aux besoins de sa famille. En plus, le profit de leur champ revient à la survie du foyer sans parfois qu’elles en soient de véritables bénéficiaires.

En outre, la plupart de ces femmes habitants dans les zones rurales ont été privées de la scolarisation. Régulièrement victimes de mariage précoces, elles ne savent ni lire et écrire depuis leur jeune âge parce que leurs géniteurs les ont prises comme de marchandises à vendre. Conséquence, plusieurs se sont retrouvées dans de foyers où le seul but est de faire des enfants qui, à une époque, constituait un motif de puissance chez l’homme.

A ces jours, plusieurs organisations pour les droits de la femme militent contre la discrimination sous toutes ses formes. Raison pour laquelle, le mode de vie de la femme rurale devrait retenir l’attention de tous, ses droits doivent être protégés et défendus étant donné qu’elles méritent mieux que son actuelle situation.

De son côté, l’ONU femmes a fait savoir que « les femmes et les filles issues des milieux ruraux occupent une place importante dans l’agriculture, dans la sécurité alimentaire et la nutrition, ainsi que dans la gestion des terres et des ressources naturelles. Elles assurent également l’essentiel des tâches ménagères, sans rémunération. Elles sont les premières concernées lorsque les ressources naturelles et l’agriculture sont menacées ». Une femme sur trois dans le monde est employée dans le secteur agricole.

A l’occasion de la Journée internationale de la femme rurale, ONU Femmes préconise l’adoption de mesures visant à appuyer les femmes et les filles en milieu rural et à renforcer leurs capacités pour faire face aux changements climatiques dans les domaines de la production agricole, de la sécurité alimentaire et de la gestion des ressources naturelles.
Cette Journée internationale de la femme rurale doit normalement attirer l’attention des décideurs non pas seulement sur le rôle qu’elle doit jouer dans la société mais aussi parler de ses droits et conditions sociales.

Par Tantia Sakata

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