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Les femmes désertent de plus en plus leur foyer pour secourir leur mari

Des vendeuses de pain à Kinshasa

La crise socio-économique qui sévit en République Démocratique du Congo a fait que beaucoup de familles doivent recourir à la débrouillardise pour nouer les deux bouts du mois. Conséquence, plusieurs mères des familles désertent la journée les foyers pour s’adonner aux petits commerces.

Elles sont obligées de vendre pour épauler leurs maris qui, à leur niveau, n’arrivent pas à couvrir tous les besoins de la famille, surtout avec ce qu’ils gagnent comme salaire modique. Une autre difficulté est que beaucoup de familles congolaises, mêmes ceux qui travaillent, leurs emplois ne donnent pas de garantie pour tenir jusqu’à la fin du mois.
Ainsi, l’épouse est appelée à faire certaines activités lucratives, si elle veut vraiment que ses enfants puissent aller à l’école ou trouver de quoi mettre sous la dent. Selon le constat fait, ces femmes parcourent des rues, des quartiers et des communes à la recherchent des clients pour vendre leurs produits.

Dans les rues du centre ville, certaines femmes vendeuses peuvent rester au-delà de 20h du soir dans le but d’écouler toutes leurs marchandises. Question de récupérer le capital investi et dégager les bénéfices afin de soutenir les foyers. Dans la plupart des cas, entendons-nous de la bouche de ces femmes, les bénéfices perçus ne servent même pas à épargner mais à nourrir la famille. C’est donc un cercle vicieux pour ces nombreuses mères de familles sensées quitter parfois leurs maisons à 5h ou 6h du matin pour ne revenir que le soir.

Ainsi, les époux de ces femmes sont contraints d’accepter cette situation aussi longtemps qu’elle fait profiter les ménages. Aussi, C’est par contrainte que beaucoup de femmes se livrent à ces activités pour l’amour de foyer au regard de la situation de précarité du pays.

Il y a de ces femmes qui, malgré leurs grossesses, n’abandonnent pas leur commerce. Elles continuent toujours à circuler avec un bassin de pain ou autres produits sur la tête. Ce sens d’abnégation fait que même sous le chaud soleil, elles tiennent à vendre sans aucun souci. Certaines femmes initient leurs enfants à la vente pour qu’ils soient en mesure d’assurer la relève lorsque par exemple la maman tombe malade ou donne la vie. Une triste réalité qui est pourtant vécue dans beaucoup de ménages, où la maman est tout le temps partie presque toute la journée pour contribuer, tant soit peu, à la situation de sa maison, surtout sur le plan financier.

Des enfants abandonnés

Souvent face à cette situation, les enfants sont abandonnés la journée à eux-mêmes lorsqu’ils n’ont personne pour veiller sur eux. Ils sont ainsi à la merci de la rue avec tous ce qu’il y a comme conséquence.
En revenant de la vente, la maman est déjà fatiguée, elle doit préparer à manger, servir son mari et enfants, parmi lesquels les plus petits qui doivent être réveillés alors qu’ils dormaient pour manger. Ce même scénario se produit tout le jour. Une situation acceptée par toute la famille.

Selon une femme abordée, il y a plusieurs décennies, des mères de familles n’étaient aussi nombreuses dans la rue par rapport à ces jours. Et de soutenir, elles doivent s’occuper de l’éducation des enfants qui, en fait, constituent le nœud du problème pour les parents. La grande difficulté, dit-elle, est de savoir à qui faut-il laisser ses enfants? Malheureusement, on ne sait plus être rigoureux.

Certaines personnes ont relevé que l’encadrement des jeunes adolescentes devient encore compliquer quand la mère est toujours souvent absente dans la maison. N’étant pas au courant des faits et gestes de leurs jeunes filles pendant toute la journée, beaucoup de mères sont surprises en cas de grossesse de leurs filles. En vouloir résoudre un problème au foyer, on en créait un autre. Chose qui peut également constituer une source de discorde entre le père et la mère, surtout que l’absence de la femme dans la maison reste une contrainte à cause de la situation socio-économique du pays.

Point n’est besoin de dire, tant que la crise sociale que traversent plusieurs ménages congolais ne sera pas résolue, il faudrait attendre encore longtemps avant que les commerçants, parmi lesquels des femmes, désertent la rue pour s’occuper véritablement de leur foyer selon un horaire bien tracé.  La balle est dans le camp du Gouvernement de la République appelé à faire du social des Congolais son cheval de bataille.

Par Tantia Sakata

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