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Dans une lettre aux autorités congolaises : La FIDH fustige la dégradation de l’état de santé de cinq membres de « Filimbi » en détention

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Dans une correspondance datée du 3 Mai 2018 adressée au Président Joseph Kabila et à d’autres membres du gouvernement dont le premier ministre, les ministres de la Justice et des Droits Humains, l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, un programme conjoint de la Fédération internationale des Ligues des Droits de l’Homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), fustige la dégradation de l’Etat de santé de cinq militants du mouvement citoyen Filimbi en détention à l’ANR.

En effet, l’Observatoire a été informé de la dégradation de l’état de santé de cinq membres du mouvement Filimbi, à savoir, Carbone Beni Wa Beya, chargé de la mobilisation et du déploiement au sein de Filimbi, Mino Bompomi, coordonnateur de la cellule de Kinshasa, Palmer Kabeya, vice-coordinateur de la cellule de Kinshasa, Grâce Tshiuza et Cédric Kalonji, arbitrairement détenus depuis plus de quatre mois.

Ces militants sont, d’après l’Observatoire, victimes de harcèlement judiciaire, tout comme Roger Mwenyemali, membre du collectif Filimbi à Kindu, ainsi que Jedidia Mabele, Zacharie Kingombe et Andy Djuma, membres de la section de Kisangani du mouvement Lutte pour le changement (LUCHA).

Selon les informations reçues par l’Observatoire, le 1er mai 2018, Carbone Beni a été transféré des locaux de l’Agence nationale de renseignement (ANR) vers la clinique Ngaliema à la suite de problèmes d’articulation aggravés par ses conditions de détention. Il a subi une opération de l’appendicite.

L’activiste Carbone Beni est détenu depuis le 30 décembre 2018 en compagnie de Cédric Kalonji et Palmer Kabeya dans les locaux de l’ANR situés en face de la primature à Kinshasa, signale l’organisation.

Cédric Kalonji et Palmer Kabeya se trouveraient également dans des états de santé préoccupants, signale–t-il. Mino Bompomi et Grâce Tshiuza sont quant à eux détenus au quartier général de l’ANR à Kinshasa.

Poursuivis pour « atteinte à la sûreté de l’État »

Mino Bompomi, Carbone Beni, Cédric Kalonji, Palmer Kabeya et Grâce Tshiuza sont poursuivis pour « atteinte à la sûreté de l’État » en lien avec leur participation à une manifestation pacifique appelant la population à adhérer à l’appel du Comité Laïc de Coordination (CLC) pour la marche du 31 décembre 2017.

Depuis le début de leur détention, ceux-ci n’ont pas eu accès à leurs avocats, n’ont pas été présentés au parquet et aucune date d’audience n’a été fixée. Par ailleurs, l’Observatoire rappelle que le 13 avril 2018, le Ministère public a requis une peine de 3 ans d’emprisonnement et 1 million de CDF de dommages et intérêts pour l’État congolais (environ 500 euros) à l’encontre de  Jedidia Mabele, Zacharie Kingombe et Andy Djuma, qui comparaissaient devant le Tribunal de paix de Makiso pour « incitation à la révolte ».

L’Observatoire condamne fermement la détention arbitraire de Mino Bompomi, Carbone Beni Wa Beya, Cédric Kalonji, Palmer Kabeya et Grâce Tshiuza et le harcèlement judiciaire de ces derniers ainsi que de  Jedidia Mabele, Zacharie Kingombe et Andy Djuma, qui ne visent qu’à sanctionner leurs activités de défense des droits civils et politiques en RDC.

Plus généralement, l’Observatoire réitère ses vives inquiétudes quant au contexte général d’intimidations et de répressions à l’encontre de l’ensemble des défenseurs des droits humains en RDC. Cette répression vise particulièrement ceux engagés en faveur du respect des droits civils et politiques et du principe de l’alternance démocratique ainsi que ceux qui participent ou appellent à participer à des manifestations pacifiques demandant la tenue des élections et le respect de la Constitution congolaise.

L’Observatoire a documenté depuis 2017 une tendance quasi-systématique d’arrestations et de détentions arbitraires, de criminalisation et de harcèlement de la part des autorités congolaises envers les défenseurs des droits et les membres de mouvements citoyens mobilisés notamment pour demander la mise en œuvre de l’Accord politique du 31 décembre 2016 et l’organisation des élections générales.

L’Observatoire appelle les autorités congolaises à garantir le respect des droits de manifestation et réunion pacifiques ainsi que la liberté d’expression tels que prévus par la Constitution congolaise et les traités internationaux auxquels la RDC est partie.

Par GKM

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