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Libre-échange en Afrique: d’énormes difficultés de tenir pour la RDC

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Un climat des affaires qui a du mal à être amélioré, les usines locales qui ne résistent pas à la concurrence, une économie totale extravertie et contrôlée par les étrangers, sans oublier un environnement politique qui n’augure aucun lendemain meilleur!

Les dirigeants de 44 pays africains ont signé l’accord de  «Zone de libre-échange continentale» (ZLEC) au cours du sommet extraordinaire de l’Union africaine (UE) tenu le 21 mars 2018 à Kigali, au Rwanda. Un événement considéré comme «inédit» par de nombreux spécialistes à travers le continent qui ont relevé aussi que «le plus dur vient de commencer» avec la ratification de ce projet.

Le rendez-vous de Kigali consacrant l’instauration de la ZLEC est considéré comme «historique» pour l’Afrique, après celui d’Addis-Abeba, en Ethiopie, en 1963, d’Abuja, au Nigeria, en 1991 et de Durban, en Afrique du Sud, en 2002.

Une fois de plus pour les spécialistes, Kigali «marque une nouvelle étape dans la marche du continent vers plus d’intégration», a laissé entendre le président de la Commission de l’Union Africaine, Moussa Faki, lors de la cérémonie de clôture de ce sommet.

Ainsi, l’accord «ZLEC» a été signé, même le plus dur n’a fait que commencer, ont soutenu de nombreux spécialistes, surtout pour la RD Congo qui va avoir des difficultés pour  tenir face notamment à la concurrence qui s’annonce «âpres» entre les pays africains.

Bien que le ministre d’Etat en charge du Commerce extérieur, Jean-Lucien Bussa, ait parlé de plus d’un milliard de dollars américains à gagner chaque année dans le cadre de l’exportation pour le pays, beaucoup sont ces spécialistes qui se posent la question de savoir quels sont les produits que la RD Congo va vendre sur ce vaste marché continental?

Le plus dur commence maintenant

Les textes présentés par les dirigeants africains présents à Kigali sont l’aboutissement de deux ans de consultations menées sous l’égide du président du Niger Mahamadou Issoufou, en charge des travaux et des consultations depuis janvier 2016. Il s’agit de trois accords qui ont été signés, pour relever la libre circulation des personnes sur le continent.

La ZLEC constitue, pour les dirigeants africains, une des pierres angulaires de l’agenda 2063 de l’UA, qui est l’aboutissement des discussions entamées en 2012 et qui avoisinerait 2.500 milliards de dollars américains de PIB cumulés.

En RD Congo, il faut relever que le climat des affaires a du mal à être amélioré à cause notamment des usines locales qui ne résistent pas à la concurrence, une économie totale extravertie et contrôlée par les étrangers, sans oublier un environnement politique qui n’augure pas de lendemain meilleur dans le pays.

L’Anapi (Agence nationale pour la promotion des investissements) multiplie des efforts dans le cadre de l’amélioration du climat des affaires, mais rien ne semble réussir quand on se réfère aux derniers rapports Doing business de la Banque mondiale.

Aussi, de nombreuses usines du pays dans les secteurs comme du textile et du ciment gris, et autre avaient fermé leurs portes. Le cas de l’Utexafrica, la CPA, la Cinat. Il y a des inquiétudes aussi pour d’autres usines et entreprises, notamment la firme Nestlé-RDC, qui ont annoncé elles aussi la fermeture de leurs entreprises.

Aussi, le ministre d’Etat en charge du Commerce, Jean-Lucien Bussa, a donné l’exemple du ciment gris congolais qui pourrait être vendu dans d’autres pays du continent. Chose qui ne sera pas facile, quand on sait déjà qu’au niveau national, ce produit de construction congolais ne fait pas face à d’autres marques du ciment gris provenant de l’étranger, comme celui d’Angola de bonne qualité et vendu à moins-cher à Kinshasa par rapport à celui fabriqué en RD Congo. Raison d’ailleurs qui avait fait que ce membre du gouvernement central avait suspendu dernièrement l’importation du ciment gris en provenance de ce pays voisin.

Une autre raison qui fait que la RD Congo puisse avoir du mal à tenir dans cette zone de libre-échange en Afrique, est son économie dominée par les Libanais et les Indo-pakistanais. Ces étrangers qui contrôlent l’économie congolaise et préfèrent importer les marchandises. Aussi, ils dictent même leur loi aux nationaux.

C’est le cas actuellement des usines de panification qui ont refusé d’obtempérer à la décision de l’autre membre du gouvernement central congolais, le ministre d’Etat en charge de l’Economie nationale, de suspendre l’augmentation des prix du pain que les boulangeries à Kinshasa avaient décidé, de manière unilatérale, de revoir à la hausse.

Seuls secteur que la RD Congo peut réussir dans le cadre de libre-échange est la vente de bois et de l’eau, quand on sait qu’elle dispose de la plus grande partie de forêt du Bassin du Congo ainsi que du fleuve le plus puissant d’Afrique et plusieurs affluents contenant de l’eau douce. La dernière préoccupation pour ces nombreux spécialistes, est que l’accord de «libre-échange africain» récemment ratifié «ne doit pas se limiter à une opération de communication».

Par Lucien Kazadi T.

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