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Dans une missive à Joseph Kabila : Non au harcèlement judiciaire contre les membres du CLC

Le Président Joseph Kabila à l’aéroport international de N’djili à Kinshasa, le 26/07/2017. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

FIDH et OMCT appellent le chef de l’Etat à mettre un terme à toute forme d’attaque dont sont victimes les professeurs Thierry Nlandu, Isidore Ndawel, Justin Okana, Gerturde Ekombe, Mme Leonnie Kandolo…

Dans une lettre du 8 février 2018 à Joseph Kabila avec ampliation aux officiels congolais dont les ministres de la Justice et Droits Humains, l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, un programme conjoint de la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’homme FIDH et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), fustige le harcèlement judiciaire contre les membres du Comité Laïc de Coordination (CLC), initiateur des marches pacifiques anti Kabila des 31 décembre 2017 et 21 janvier courant.

Dans cette lettre dont la rédaction de La Tempête des Tropiques s’est procurée une copie, l’Observatoire appelle Joseph Kabila à mettre un terme à toute forme de harcèlement, y compris au niveau judiciaire, à l’encontre des Professeurs Thierry Nlandu, Isidore Ndawel, Justin Okana, Gerturde Ekombe, Mme Leonnie Kandolo, Jonas Tshiombela, Franklin Mbokolo et frère Julien Lukengu, des membres de mouvements citoyens ainsi que de l’ensemble des défenseurs des droits humains en RDC.

Le chef de l’Etat congolais est prié de garantir en toutes  circonstances l’intégrité physique et psychologique aux activistes du CLC et de l’ensemble des défenseurs des droits humains en RDC. Ce programme conjoint de la FIDH et l’OMCT invite les autorités congolaises à garantir le respect de la liberté de manifestation pacifique telle que prévue par la Constitution congolaise et les traités internationaux auxquels la RDC est partie prenante.

Kinshasa doit se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 9 décembre 1998, et plus particulièrement ses articles 1, 6(c) et 12.2. Mais également se conformer aux dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits humains ratifiés par la RDC.

Description de la situation

En effet, l’Observatoire a été informé du harcèlement et de la campagne de diffamation à l’encontre de huit membres du Comité Laïc de Coordination (CLC). Selon les informations reçues, les huit membres du CLC ont appris de source judiciaire fiable qu’en janvier 2018, le substitut du procureur Général de la Gombe aurait émis un mandat d’amener à l’encontre de Prof. Thierry Nlandu, Prof. Isidore Ndawel, Prof. Justin Okana, Prof. Gerturde Ekombe, Mme Leonnie Kandolo, MM. Jonas Tshiombela, Franklin Mbokolo et frère Julien Lukengu.

Ces activistes sont reprochés de l’organisation des marches pacifiques du 31 décembre 2017 et 21 janvier 2018 protestant contre l’échec de la mise en œuvre de l’Accord politique du 31 décembre 2016, dit de la Saint Sylvestre, qui était censé conduire le pays vers des élections présidentielles, législatives et provinciales avant fin 2017.

Ces marches étaient considérées comme interdites par les autorités. Suite à l’émission du mandat d’amener, les huit membres du CLC sont entrés en clandestinité par peur d’être arrêtés. Aucun n’a encore été notifié formellement du mandat.

Dans une conférence de presse donnée le 26 janvier 2018, le président Joseph Kabila a tenu pour responsable les membres du CLC de la violence avec laquelle les forces de l’ordre ont réprimé les manifestations.
Certains médias pro-Kabila accusent les membres du CLC d’un « stratagème criminel […] auquel ils exposent délibérément les manifestants ».

Selon l’observatoire, plusieurs proches des huit membres du CLC ont perdu leur emploi, depuis le début de la campagne de diffamation menée à l’encontre de ceux-ci. De plus, les huit membres du CLC rapportent avoir fait l’objet d’actes de surveillance par des personnes se déplaçant dans des véhicules sans plaques minéralogiques. En outre, le CLC a dénoncé à plusieurs reprises les violations des droits humains et libertés fondamentales en RDC, découlant en partie du non-respect de l’Accord de la Saint Sylvestre.

Une tendance quasi-systématique d’arrestation

 L’Observatoire a documenté depuis 2017 une tendance quasi-systématique d’arrestation, de criminalisation et de harcèlement de la part des autorités congolaises envers les défenseurs des droits humains participant aux manifestations demandant la mise en œuvre de l’Accord de la Saint Sylvestre et/ou des membres de mouvements citoyens.

Beaucoup ont été détenus pendant des semaines ou des mois dans des lieux tenus secrets, sans que des chefs d’accusation n’aient été formulés à leur encontre et sans accès à leurs familles ou à des avocats, regrette –t-il. Certaines victimes ont  affirmé à ce programme conjoint de la FIDH et l’OMCT d avoir été maltraités ou torturés.
Beaucoup ont été poursuivis en justice sur la base de chefs d’accusation fabriqués de toutes pièces.

Par GKM

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