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Selon Larissa Diakanua : L’épanouissement de la femme est l’un des piliers de développement en RDC

Journaliste de formation, Larissa Diakanua a travaillé durant sept ans dans les médias, avant de se retrouver actuellement dans l’équipe d’information de l’Ambassade des Etats-Unis en RDC. Dotée d’un grand esprit de créativité, cette dame, dont l’intelligence est très appréciée par son entourage, fait  également de la poésie. Elle a participé à un recueil collectif qui vient de paraitre sous le titre «Qu’attendez-vous qu’on vous dise encore?».

Son plus grand rêve est de voir la lutte pour l’intégration complète de la femme dans la société atteindre ses objectifs en RDC. Cependant, son plus grand rêve est de voir son pays redonner à la femme sa place au centre de la société, avant de déplorer le fait que « nous sommes mises à l’écart et tout va mal. Je rêve aussi que nous, les jeunes, puissions être encouragés dans nos passions pour pouvoir les vivre réellement ».

Concernant son choix pour la communication, elle a fait savoir que « quand je me suis inscrite à l’IFASIC, c’était pour faire des études en communication. Puis on m’a dit qu’il fallait obligatoirement faire un cursus en journalisme avant de choisir une spécialité. C’est là que j’ai découvert ma passion pour le journalisme, dans lequel j’ai travaillé activement pendant 7 ans et même plus.

Je n’ai jamais vraiment abandonné le métier, mais les opportunités que j’ai croisées m’ont permis de mettre en valeur ma formation en communication et c’est ce que je fais depuis 2010. La communication, je ne l’ai pas choisie, c’est elle qui m’a choisie, je ne me voyais pas faire autre chose, en fait ».

Un regard sur la situation de la femme

Interrogé sur sa perception de l’image de la femme congolaise, Larissa Diakanua souligne qu’étant elle-même femme, elle soutient que les congolaises sont fortes et dignes d’admiration au regard de ce que les femmes subissent comme pression, particulièrement dans notre contexte congolais. Et de reconnaître « qu’il y a énormément à faire en termes de solidarité féminine, mais notre société, encore très macho, ne rend pas la tâche facile aux femmes ».

S’agissant de l’épanouissement de ces femmes, la jeune dame pense qu’il est difficile à dire. « Je suis une femme épanouie, mais la société congolaise me donne beaucoup de frustrations, et je pense que beaucoup de femmes diront la même chose. On ne doit compter que sur soi-même et travailler à cet épanouissement sans compter sur une aide extérieure, mais en plus on rencontre beaucoup d’obstacles dans cette quête ».

En parlant des difficultés que subissent la congolaise dans le milieu professionnel, Larissa Diakanua a indiqué que pour sa part, elle n’a  pas rencontré beaucoup de difficultés dans le milieu professionnel. « Il est un fait que les gens ont tendance à vous regarder de haut quand vous êtes une femme et quand ils réalisent que vous avez des compétences, le respect s’installe. Mais j’entends des témoignages de beaucoup de femmes qui n’ont pas eu la même chance que moi car n’ayant pas accès aux opportunités d’emplois ou autres.

Il y a aussi  trop de préjugés, de barrières qui les empêchent d’atteindre leur  potentiel et elles sont érigées par les hommes, mais aussi par les femmes elles-mêmes », a-t-elle affirmé. Ainsi pour mettre fin à cette situation, elle est convaincue qu’il faut d’abord que les femmes apprennent à s’épauler. « C’est cette solidarité qui nous rendra invincibles et nous aidera à avancer », dit-elle.

Cherchant à savoir son point de vue sur l’avancée de la lutte pour l’épanouissement de la femme en RDC dans les cinq prochaines années, l’oratrice a fait savoir que « la situation chez nous a tendance à stagner. La représentation des femmes, par exemple, dans les institutions de prise des décisions est toujours faible. Il ya moins de 30% de femmes au parlement, au gouvernement, dans l’administration, etc. Je ne sais pas si dans 5 ans les choses vont évoluer. On doit se poser les vraies questions, à savoir :

combien de femmes compétentes se portent candidates aux élections? Quand elles sont dans un parti, quels postes leur donne-t-on? Quand elles sont nommées à des postes de responsabilité, est-ce qu’elles pensent à la relève dans notre société ? En plus, on accorde encore plus d’importance à l’éducation des garçons qu’à celle des filles. C’est dire que le combat est à mener sur plusieurs fronts, et ça prendra plus de 5 ans pour inverser la tendance ».

Par Carroll Madiya

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