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Violences en Ituri : LIPADHOJ et CAD interpellent Kinshasa et la CPI

Dans une déclaration conjointe faite à Bunia, les deux organisations dénoncent une mauvaise gestion de cette crise

Dans une déclaration conjointe faite à Bunia le 5 juillet 2019, la Ligue pour la Paix, les Droit de l’Homme et la Justice(LIPADHOJ) et le Club des amis du Droit du Congo(CAD) interpellent le gouvernement central de Kinshasa et la Cour Pénale Internationale (CPI) sur les violences intercommunautaires qui sévissent en Ituri,précisément dans le territoire de Djugu.

Ces deux structures déplorent la résurgence des conflits armés en Ituri ayant occasionné plus de 195 morts, 360000 déplacés internes, plusieurs maisons incendiées. Elles fustigent le fait que des personnes innocentes soient tuées atrocement tout simplement à cause du règlement politique, de l’incitation à la haine ethnique et aussi à cause des appétits gloutons sur les ressources naturelles de la RDC en général et de la Province de l’Ituri en particulier.

Ces deux organisations regrettent que la population de l’Ituri, surtout celle des Djugu et Mahagi, soit la principale victime de tous ces actes ignobles et a été longtemps abandonnée à son triste sort. A Djugu, LIPADHOJ et CAD regrettent  que des jeunes dont des enfants, ont été incités à attaquer et à tuer des personnes de l’ethnie voisine pour faire planer le spectre des conflits ethniques utilisés désormais comme fond de commerce pour occulter les vraies raisons des attaques répétées contre plusieurs villages de l’Ituri.

 » Il est de notoriété publique que le malheur de l’Ituri se résume aux postulats suivants : impunité, exploitation irrégulière et frauduleuse des ressources naturelles, absence de l’autorité de l’État et faiblesses de réparation et assistance au profit des victimes et des communautés affectées par les violences. Les victimes n’ont jamais eu l’occasion de s’exprimer dans un cadre approprié pour faire entendre leurs voix. Ne sachant à quel saint se vouer, elles sombrent dans la trouille et la peine de voir circuler librement les auteurs de leur souffrance  » a déclaré Eloi Urwodhi Uciba Wabiyik, Coordonnateur de la LIPADHOJ.

 » Tant que la Justice nationale et internationale ne viendront à bout des souffrances des victimes et communautés affectées, et aussi longtemps qu’elles verront leurs bourreaux libres, elles penseront encore et toujours à la vengeance. Ce sentiment d’abandon et de haine ne sont pas de nature à faciliter la réconciliation, socle de la paix durable en Ituri », a renchéri Eugene Bakama Bope, Président du CAD.
 » La Justice n’est forte que dans un pays où les règles de droit sont observées par tous : gouvernants comme gouvernés.

Cependant, on observe en pratique que la plupart des autorités politiques et militaires congolaises envoyées en Ituri pour asseoir la sécurité des personnes et de leurs biens font des droits de ces personnes le cadet de leurs soucis. Elles se transforment en commerçants avec beaucoup d’exonérations des taxes. Les affaires sont devenues leurs activités principales au détriment de la vie de la population « , fait encore observer Roger Liripa Ngbadhego, Assistant juridique de la LIPADHOJ, Section de Bunia.
Travailler dans de bonnes conditions dans cette région devient impossible face à cette insécurité grandissante. Les activistes des droits humains sont incompris dans leurs taches de dénonciations de graves crimes qui s’y commettent. Certains étaient obligés de quitter l’Ituri suite aux menaces et aux intimidations, dénoncent CAD et LIPADHOJ.

La CPI interpellée

Dans sa déclaration, la LIPADHOJ insiste aussi sur l’obligation du gouvernement de la RDC à éradiquer complètement le phénomène des groupes armés sur toute l’étendue de la Province de l’Ituri et d’appuyer les projets de développement local, créateur d’emploi pour occuper surtout les jeunes afin de ne pas les exposer au banditisme.
La LIPADHOJ insiste également sur la nécessité pour la CPI de continuer, dans le respect du principe de complémentarité, ses actions de poursuite des crimes internationaux dans la situation de la RDC, particulièrement ceux commis en Ituri, en veillant sur les attentes des victimes desdits crimes et sur les mécanismes de prévention des crimes pour réduire de manière significative leur commission dans la région.

 » La prise de parole préventive de la procureure de la CPI face aux violences communautaires en Ituri est importante pour rappeler aux auteurs directes et indirectes de ces violences que cette Cour peut intervenir si les crimes répondent aux critères du Statut de Rome  » souligne Bahati Mujinya, Chargé des projets du CAD.

Par DMK

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