..."/>

XVIIème sommet de la Francophonie : duel Louise Mushikiwabo-Michaëlle Jean

Michaëlle Jean et Louise Mushikiwabo oif

A travers ces deux candidatures, c’est un affrontement entre d’une part la France, l’Union Africaine et d’autre part la Canada

A la veille du XVIIème sommet de la Francophonie, qui se tient les 11 et 12 octobre à Erevan, capitale de l’Arménie,  la candidature de Louise Mushikiwabo, actuelle ministre rwandaise des affaires étrangères, au poste de secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) continue de susciter la controverse.

« Y a-t-il au monde un pays moins bien placé que le Rwanda pour prétendre présider aux destinées de la francophonie linguistique ? Sans doute pas », écrivaient mi-septembre dans une tribune au quotidien français Le Monde Charles Josselin, Pierre-André Wiltzer, Hélène Conway-Mouret et André Vallini, quatre anciens ministres français chargés de la francophonie.

Guerre au français au Rwanda ?

Il faut dire que Kigali a remplacé en 2008 le français par l’anglais comme langue obligatoire à l’école, avant de  rejoindre le Commonwealth, pendant anglophone de l’OIF, un an plus tard. C’est d’ailleurs dans la langue de Shakespeare que le président rwandais Paul Kagame avait annoncé la candidature de sa ministre.

Pourtant, Mushikiwabo bénéficie du soutien de Paris et de l’Union Africaine. Et même de l’appui (du bout des lèvres) de la RD Congo, en dépit des contentieux entre Kinshasa et Kigali. On remarque la volonté de l’Afrique, où vit la majorité des Francophones du monde, de « récupérer » le poste de secrétaire général. En raison de l’explosion démographique du continent, 85% des francophones y vivront en 2050, sur un total de 700 millions, contre 274 aujourd’hui, selon l’OIF, et M. Macron répète à l’envi que « l’avenir de la francophonie » se trouve en Afrique.

De plus, la situation des droits de l’homme au Rwanda rebute certains pays et organisations. Le Rwanda pratique « censure, menaces, arrestations, violences, assassinats » contre les journalistes qui osent dénoncer l’autoritarisme de ses dirigeants, a récemment dénoncé Reporters sans frontières (RSF).

Mais questionnée par l’AFP sur les droits humains, Louise  Mushikiwabo a expliqué avec aplomb que « la majorité des Rwandais sont contents du système démocratique ». « Je vais à Erevan avec un sourire », a-t-elle insisté dans une récente interview à TV5 Monde.

Les droits de l’homme en question

Face à la candidate du Rwanda, il y a la secrétaire générale sortante, la Canadienne  Michaëlle Jean. Elle défend son bilan, assurant à l’AFP avoir « positionné la Francophonie sur l’échiquier multilatéral », tout en mettant en avant son « africanité ». « Je suis Haïtienne et Canadienne afrodescendante », répète celle qui a été Gouverneure générale du Canada, c’est-à-dire représentante de la reine d’Angleterre dans cette ex-colonie britannique.

Elle a profité de l’occasion pour dénoncer comme des « campagnes diffamatoires » les attaques d’une partie de la presse québécoise, l’accusant de mener un « train de vie extravagant », après des travaux financés  par l’OIF dans sa résidence de fonction.

Les 11 et 12 octobre, 84 Etats et gouvernements de la Francophonie vont se retrouver pour un sommet ayant pour thème le « Vivre ensemble ». Pour rappel, les deux premiers secrétaires généraux étaient originaires d’Afrique, l’Egyptien Boutros Boutros-Ghali et le Sénégalais Abdou Diouf.

Par YHR

*

*

Monter

Login

Lost your password?