Type de recherche

Pour consolider la démocratie en RDC : Une centaine d’ONG féminines exigent le départ de J. Kabila

A la une La Tempête des Tropiques Nation POLITIQUE

Pour consolider la démocratie en RDC : Une centaine d’ONG féminines exigent le départ de J. Kabila

Partager

Dans une lettre ouverte, ces organisations féminines tant nationales que d’Afrique exhortent le chef de l’Etat congolais dont le second et dernier mandat expire constitutionnellement le lundi 19 décembre 2016 à minuit à déclarer publiquement qu’il ne sera pas candidat aux prochaines élections

« Le président Joseph Kabila doit annoncer d’urgence qu’il ne se portera pas candidat aux prochaines élections en République démocratique du Congo et qu’il n’amendera pas la Constitution du pays pour demeurer au pouvoir ».

C’est ce qu’a affirmé le jeudi 15 décembre 2016 un groupement de 100 organisations de femmes à travers une lettre ouverte au président Joseph Kabila.

Ce plaidoyer  adressé au président Joseph Kabila  dans le but d’empêcher le basculement de la RDC dans la guerre civile intervient à l’approche du 19 décembre, date marquant la fin constitutionnelle du second et dernier mandat de l’actuel chef de l’Etat congolais.

Dans cette correspondance, la coalition de ces ONG féminines appelle Joseph Kabila à fournir des garanties permettant d’éviter l’éclatement d’une nouvelle guerre, et à affirmer clairement qu’il considère la démocratie, et non pas la violence, comme la seule porte d’entrée acceptable au pouvoir.

« Nous ne pouvons laisser notre pays basculer de la démocratie à la dictature. Ce serait un signal disant que le pouvoir s’acquiert par la guerre et la violence. Les souvenirs de la dernière guerre planent trop lourdement dans nos mémoires de femmes, de mères et de citoyennes de la République démocratique du Congo pour que nous laissions de telles horreurs se produire à nouveau », a affirmé Albertine Mambo Zawadi de l’ONG SOFEPADI

Les femmes signataires de la lettre ouverte adressée à J. Kabila  se disent convaincues qu’avec une déclaration publique du président sortant, le peuple de la République Démocratique du Congo sera rassuré, et ainsi on évitera des pertes en vies humaines le 19 décembre 2016.

« Afin d’éliminer tout doute possible et désamorcer les tensions, nous vous demandons, de toute urgence, de déclarer publiquement que vous ne serez pas candidat aux prochaines élections, vous ne soutiendrez pas d’amendement à la constitution, quel qu’il soit, pour vous maintenir au pouvoir ou qui vous autoriserait à vous représenter pour un nouveau mandat », ont-elles appelées.

Ces femmes courageuses invitent également Joseph Kabila à garantir la paix et la sécurité pour le peuple congolais et l’appelle à ne pas laisser éclater de nouvelles violences au pays liées aux élections sous sa présidence.

« Le pays est à un moment déterminant de son histoire. Les tensions s’accentuent en raison du retard des élections. Le peuple congolais craint profondément un éclatement de la violence à partir du 19 décembre, lorsque votre mandat présidentiel arrivera à son terme. Nous vous demandons, Monsieur le Président, de mener votre pays sur le chemin de la paix », peut-on lire dans cette lettre.

Cette correspondance rappelle qu’au cours du dernier conflit, des centaines de milliers de femmes ont été violées, ou agressées sexuellement, et plusieurs  encore ont été tuées.
Pour les femmes signataires de la lettre ouverte, le viol a été utilisé comme arme de guerre contre le corps des femmes.

La démocratie  prise en otage

« Vous avez déjà déclaré que vous respecterez la constitution, qui émane des négociations de Sun City et de la signature de l’accord de paix de Pretoria au terme de la dernière guerre du Congo. La constitution, créée à partir de ces négociations, fait partie de l’héritage que vous laissez à votre pays », reconnaissent les signataires de la lettre.

Pour elles, même s’il y a des raisons techniques pour le retard des élections, ces raisons ne peuvent pas maintenir la démocratie en otage. Permettre au « glissement » de continuer à long terme ou changer la constitution démontrerait que la violence est la voie du pouvoir.

« Le président Kabila tient entre ses mains la paix et la stabilité du Congo », a déclaré Desy Furaha de Femmes Solidaires pour la Paix et le Développement (FSDP). « Des femmes du monde entier se joignent à cet appel.

Nous avons été horrifiées de ce qu’ont subi les femmes lors de la dernière guerre et nous soutenons l’appel à la paix adressé par les femmes de la RDC à leur président. », a –t- elle renchéri.

Pour ces ONg féminines, le président Joseph Kabila a la possibilité d’arrêter la violence et sauvegarder les avancées en termes d’infrastructures et de développement qu’a connu la RDC au cours des dernières années.

« En 2006, vous avez gagné les premières élections de ce pays depuis plus de cinquante ans. Aujourd’hui, il est encore possible que la RDC connaisse la première transition démocratique de son histoire », concluent-elles.

Parmi les femmes signataires de cette lettre ouverte figurent ,entre autres, Julienne Lusenge, Directrice Exécutive du Fond pour les Femmes Congolaises, RDC, Cerue Konah Garlo, Directrice Exécutive de Women NGOs Secrétariat of Liberia, Liberia, Françoise Labelle, précédemment Vice-présidente du Parlement Panafricain, Ile Maurice, Bertha Rinjeu, Journaliste et chercheuse sur les conflits, Kenya, Yuyun Wahyuningrum, Conseillère spéciale pour les Droits de l’Homme et le Groupe de Travail sur les droits de l’Homme à l’ASEAN, Indonésie.

Comme organisations féminines congolaises signataires de cette lettre, on retrouve « Agir pour la Reconstruction de notre Espace et pour la Convivialité » (AGIREC) , « Association des Femmes pour le Développement Communautaire » (AFEMDECO), « Association des Femmes Juristes Congolaises » (AFEJUCO/MMA), « Caucus des Femmes Congolaises du Sud- Kivu pour da Paix » , « Centre d’étude sur la Justice et le Résolution 1325 », « Collectif des Femmes Rurales pour le Développement » (COFERD), « Femmes Solidaires pour la Paix et le Développement » (FSDP), « Journal Le Souverain Libre », « Œuvre Chrétienne pour la Femme » (OCF), Mama Juhudi , « Maniema  Libertés » (MALI) , « Maniema Tuende Mbele » (MTM), « Rassemblement de Jeunes du Kwilu » , « Relance pour la Fille de Sion » (RFS), « Réseau Femme et Développement au Nord Kivu », « Réseau des Femmes pour des Droits et la Paix » (RFDP), « Réseau des Para Juristes du Maniema » (REPAJUMA), « Service Par et Pour Les Femmes » (SEPPAF) , « Solidarité Féminine Pour la Paix et le Développement » (SOFEPADI), « Synergie des Associations Féminines du Congo » (SAFECO), « Synergie des Femmes pour les Victimes de Violences Sexuelles » , « Wamama Tusimame » (WATU).

Parmi les Organisations internationales , figurent  1325 Action Group, Népal ,AAWORD, Sierra Leone , Association Feminine de Lumiere, Togo, Akina Mama wa Afrika, Ouganda, Association Dea Dia, Serbie, Association de Lutte Contre les Violences Faites aux Femmes, Cameroun ,Centre for Conflict Management and Women Development Affairs, Malawi  , Center for Development and Peace, Kenya, Center for Conflict Resolution, Ouganda ,Civis Africa, Kenya ;Coalition for Action on 1325, Ouganda , Common Cause – Platform of Congolese Women in the UK, Grande-Bretagne, Echoes of Women in Africa Initiative, Nigeria.

Il y a aussi des organisations internationales comme Measure Evaluation, Gender Expert, Etats-Unis, Gender Empowerment for Sudan Organization, Soudan, Gender Links, Afrique du Sud, Global Network of Women Peacebuilders, Human Rights Institute of South Africa, Afrique du Sud, Inspiring Africa, Zimbabwe, Institute for Young Women Development, Zimbabwe, Make Every Woman Count ,Moremi Initiative for Women’s Leadership in Africa, Ghana, National Women’s Lobby Group, Malawi ,Naretu Girls and Women Empowerment Program, Kenya, NGO Coordinating Council, Zambie, Okogun Odigie Safewomb International Foundation, People Opposing Women Abuse, Afrique du Sud, Permanent Peace Movement, Liban, Raven Hill Health and Development, Kenya, Reprodrive CBO, Kenya, Réseau des Femmes D’Amnesty Afrique de l’Ouest, Mali, Rozaria Memorial Trust; Zimbabwe, RUKA SRHR Network, Kenya, Saathi, Népal, South Sudan Women Christian Mission for Peace, Soudan du Sud, Strategic Initiative for Women in the Horn of Africa, Ouganda, Sudanese Mothers for Peace, Soudan, Swaziland Rural Women’s Assembly, Swaziland, Uganda Women’s Network, Ouganda, UK Section Secretary of the Women’s International, League for Peace and Freedom (WILPF), Grande-Bretagne, Upper Nile Women Welfare Associate, Voices of African Women Campaign, Grande-Bretagne, West African Network of Young African Women’s Leaders, Sénégal, Women and Youths Environmental Safety and Empowerment Organization, Nigeria, Women’s Information Center, Géorgie, Women in Law and Development in Africa – Afrique de l’Ouest, Togo, Women in Law, Swaziland, WoMin, Afrique du Sud, Young Women Development, Zimbabwe, YWCA of Liberia, Liberia, Women Monthly Forum, Soudan du Sud.

Par G.K.M.

Laissez un commentaire

Your email address will not be published. Required fields are marked *