Type de recherche

La RDC marquée par Mpox et le vaccin contre le paludisme

La Tempête des Tropiques Santé SOCIETE

La RDC marquée par Mpox et le vaccin contre le paludisme

Partager

Par N.T.

L’année 2024 en République Démocratique du Congo (RDC) a été marquée, sur le plan sanitaire, par plusieurs épidémies, dont la plus en vue a été celle de Mpox (variole du singe ou variole simienne).

Un autre événement marquant sur le plan sanitaire a été l’introduction, en RDC à la fin octobre 2024, du vaccin contre le paludisme dans le Programme Élargi de Vaccination (PEV) de routine pour les enfants de moins de 5 ans.

En juillet 2024, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) avait, lors d’un point de presse régulier tenu à Genève (Suisse), alerté sur une situation sanitaire « catastrophique » en RDC. Ce pays est au cœur d’une « catastrophe sanitaire grandissante », avait averti l’OMS. Les épidémies se sont aggravées ces derniers mois, en raison des violences et des inondations.

« La population de la RDC est confrontée à des épidémies de choléra, de rougeole, de méningite, de variole et de peste, toutes exacerbées par les graves inondations et glissements de terrain qui touchent certaines parties du pays », avait déclaré la DreAdelheid Marshang, responsable des urgences à l’OMS, lors de ce point de presse ténu le 12 juillet 2024.

Le Mpox, une urgence de portée internationale

Face à l’explosion du nombre de cas de Mpox depuis janvier 2024:en Afrique et particulièrement en RDC, épicentre de l’épidémie, l’OMS a déclaré cette maladie le 14: août 2024 comme étant une urgence de santé publique de portée internationale. 90% de cas notifiés en Afrique se trouvent en RDC. L’augmentation du nombre de cas de Mpox en Afrique est due en grande partie à la situation sanitaire en RDC et au Burundi, selon les données comprises entre le 1er janvier et le 20 octobre 2024.

Selon le ministère congolais de la Santé, le cumul de cas de Mpox depuis le début de l’année jusqu’à la 50ᵉ semaine épidémiologique (du 08 au 14 décembre 2024) s’élève à 56.518 dont 12.516 cas confirmés et 1.285 décès, soit un taux de létalité de 2,27 %.

La principale riposte à cette épidémie de la part du gouvernement congolais et de ses partenaires a été la campagne de vaccination contre le Mpox lancée début octobre 2024 et menée dans les provinces les plus touchées. Il s’agit notamment des provinces du Sud-Kivu, du Nord-Kivu, de l’Equateur, du Sankuru, du Sud-Ubangi et de Kinshasa. La RDC a reçu de ses partenaires que sont l’Union Européenne et les États-Unis d’Amérique près de 300.000 doses de vaccins qui lui ont permis de mener cette campagne de vaccination qui a ciblé les personnes les plus exposées et les plus vulnérables. Le Japon projette de fournir à la RDC au moins 3 millions de doses de vaccins contre le Mpox dans un proche avenir.

Concernant l’épidémie qui sévit dans la zone de santé de Panzi, dans la province du Kwango (Ouest de la RDC), le ministère de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale a indiqué que les investigations menées ont révélé qu’il s’agit d’un paludisme grave. Ce paludisme a pris la forme d’une maladie respiratoire sur un terrain fragilisé par la malnutrition. Depuis le 24 octobre 2024,’592 cas de cette maladie ont été notifiés avec un taux de mortalité de 6,2 %.

L’introduction en RDC du vaccin antipaludique R21

Les autorités sanitaires de la République démocratique du Congo (RDC) ont introduit officiellement le 31 octobre 2024 le vaccin antipaludique R21 dans le programme élargi de vaccination (PEV) de routine, lors d’une cérémonie organisée à Mbanza-Ngungu, une ville de la province du Kongo Central, à 150 km de Kinshasa.

L’introduction de ce vaccin vient ainsi ajouter un important outil aux mesures actuelles de lutte contre le paludisme pour protéger et sauver la vie des jeunes enfants. Le Kongo Central a été choisi comme province pilote pour l’introduction de ce vaccin dans ses 31 zones de santé, avant son introduction dans dans les autres provinces du pays.

L’OMS et ses partenaires que sont l’Unicef, Gavi (Alliance du vaccin), l’Initiative Clinton pour l’accès à la santé, PATH, Breakthrough Action et Sanru Asbl accompagnent les autorités sanitaires congolaises pour une introduction réussie du vaccin.

Le paludisme a causé plus de 24.000 décès et touché plus de 27 millions de personnes en RDC, selon les données récentes provenant du rapport produit en 2022 par le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP).

La RDC est devenue le 15ème pays d’Afrique à offrir la vaccination contre le paludisme, élargissant ainsi l’accès à une prévention plus complète de la maladie. Le paludisme est l’une des principales causes de maladie et de décès chez les enfants africains (un enfant décède du paludisme chaque minute).

La RDC intensifie ses efforts de lutte contre le paludisme par le biais d’un plan stratégique national 2024-2028 ambitieux, qui vise à protéger 80 % des populations à risque grâce à une approche globale combinant la distribution massive des moustiquaires imprégnées d’insecticide de nouvelle génération, l’extension des traitements préventifs à l’intention des femmes enceintes et des nourrissons, et une mise en œuvre pilote de la chimio prévention du paludisme saisonnier.