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La RDC a formé plus de 500 relais communautaires pour la recherche des cas de ver de Guinée

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La RDC a formé plus de 500 relais communautaires pour la recherche des cas de ver de Guinée

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Par N.T.

Pour briser définitivement le cycle de transmission de la dracunculose ou vers de Guinée, le ministère de la Santé de la République démocratique du Congo (RDC), soutenu par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), a formé plus de 500 relais communautaires pour détecter les symptômes de cette maladie et sensibiliser les populations, indique un communiqué de presse de du bureau régional de l’OMS pour l’Afrique publié jeudi 30 janvier 2025. Des milliers d’affiches ont été postées dans les hôpitaux et centres de santé, tandis que les radios locales continuent de diffuser des messages pour atteindre les populations isolées. En RDC, l’élimination de la dracunculose représente une avancée majeure dans la lutte contre les maladies tropicales négligées. En 2022, le pays a obtenu le statut d’élimination du vers de Guinée comme problème de santé publique, attribué par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), marquant un pas important vers les Objectifs de développement durable à l’horizon 2030. 

La RDC demeure cependant vulnérable à une résurgence de cette maladie parasitaire en raison des mouvements fréquents de populations à travers ses frontières avec des pays où la transmission est toujours active et passée d’humaine à animale. Face à cette vulnérabilité, l’OMS, avec l’appui de ses partenaires dont le Centre Carter et CDC Atlanta, a soutenu le pays en renforçant les activités post-éradication qui nécessitaient une surveillance active et notamment une surveillance à base communautaire.

Surnommée «Mpika» (hameçon), «Mutchopi» (ver de terre) ou «NkusuyaMulayi» (asticot), selon les communautés, la dracunculose touche principalement les populations rurales utilisant de l’eau stagnante contaminée par des puces d’eau porteuses de larves de ver de Guinée. Elle provoque des plaies douloureuses et une inflammation des articulations, pouvant entraîner des incapacités. Son pic de transmission coïncide avec la saison agricole, ce qui entraîne également des répercussions sur la production alimentaire.

Afin de stimuler la notification des cas, en 2016 une prime de 400 dollars américains a été instaurée en cas de confirmation d’un cas suspect. Cette prime qui sera portée à 1000 $ us en 2021 est répartie comme suit : 250 $ pour l’informateur, 250 $ pour l’infirmier, 250 $ pour la zone de santé et 250 $ pour la division provinciale de la santé (DPS). Depuis l’instauration de cette prime, des signalements fréquents de cas suspects sont enregistrés au sein de la communauté. Aucun de ces cas signalés n’a été confirmé positif en laboratoire.

« L’engagement des relais communautaires témoigne de l’efficacité de cette prime incitative », a affirmé la Dre Renée Nsamba, épidémiologiste en charge des maladies tropicales négligées au bureau de l’OMS en RDC. « Avec le signalement rapide des cas suspects, nous sommes convaincus de pouvoir répondre rapidement face à un cas positif. » Parmi les stratégies mises en œuvre par la RDC pour maintenir son statut de pays exempt de la dracunculose, figure en bonne place l’approche intégrée. « La surveillance intégrée, mise en œuvre lors des campagnes de vaccination contre la poliomyélite permet de toucher un large public tout en abordant des problématiques de santé publique, tels que la recherche active des cas de dracunculose. L’implication des communautés reste capitale. Elle permet des initiatives pérennes », a encore dit la DreNsamba.  

En complément de la surveillance communautaire, la mise en place d’initiatives durables en matière d’eau, d’hygiène et d’assainissement, ainsi que le renforcement de la surveillance transfrontalière, ont été cruciaux. « Toutes les stratégies sont bonnes pour préserver notre statut d’élimination », a déclaré le Dr Serge NkoyMbilo, Directeur du programme national d’éradication de la dracunculose (PNED). « Si une source d’eau potable est suspectée comme contaminée, elle doit être immédiatement traitée », a-t-il détaillé. « De plus, nous continuons à mettre un point d’honneur sur l’intersectorialité, l’intégration avec d’autres programmes et le renforcement de l’approche «une seule santé». »