Type de recherche

Assemblée Nationale : la session budgétaire menacée

A la une La Tempête des Tropiques Nation POLITIQUE

Assemblée Nationale : la session budgétaire menacée

Partager

Par Armando MANANASI

La session parlementaire appelée à examiner le projet de budget 2026 s’est ouverte le lundi 15 septembre 2025, sur une grave crise à l’Assemblée Nationale.Car, le jour même de l’ouverture de cette session, des pétitions contenant plus de 250 signatures de députés nationaux ont été déposées par ces derniers, en présence d’un huissier de justice, pour demander la déchéance de Vital Kamerhe , speaker de cette Chambre, et de quelques membres de son bureau. Le document qui semble avoir recueilli plus de 250 signatures a été officiellement réceptionné par le premier vice-président de cette Chambre, Isaac Tshilumbayi, en présence du huissier de justice pour en attester la validité.

Le processus de dépôt n’a pas été sans accroc

En effet, peu après la plénière du jour, les initiateurs de ces pétitions se sont rendus au cabinet du président Kamerhe, où ils ont trouvé les portes de bureaux fermées. Devant ce blocage, les députés pétitionnaires ont insisté pour que leurs documents soient enregistrés le jour même.

Une détermination qui illustre le climat de méfiance qui règne désormais entre les députés nationaux et le bureau dirigé par Kamerhe. Cela traduit aussi la volonté des pétitionnaires d’officialiser leur démarche sans délai et d’éjecter le plus tôt possible Vital Kamerhe du perchoir, y compris d’autres membres de son bureau.

De graves accusations contre le bureau

Selon le député Crispin Mbindule, membre de l’UDPS-Tshisekedi et ancien du parti de Kamerhe (UNC), il est reproché à l’actuel bureau une « gestion opaque » des finances de la chambre basse du Parlement ainsi que la non-prise en compte de la situation sociale des députés nationaux. Outre ces accusations, les pétitionnaires reprochent également à l’actuel speaker de l’Assemblée nationale, le « vote des lois dans la légèreté », suggérant un manque de rigueur dans l’examen des textes législatifs ainsi que « le retard ou le blocage des moyens de contrôle parlementaire ». C’est ce qui entrave, selon eux, le travail de supervision de l’exécutif par les élus et l’inefficacité de certaines actions parlementaires sur terrain. Il sied de noter que les initiateurs des pétitions ont aussi officiellement sollicité l’accompagnement du parti présidentiel, l’UDPS/Tshisekedi. Le président a.i. de ce parti, Augustin Kabuya, qui les avait reçus dimanche dernier, a estimé que les pétitions ont largement dépassé le seuil de recevabilité. Ce qui devrait enclencher le processus de déchéance dans les prochains jours. Mais, Kabuya avait toutefois exhorté les pétitionnaires à se référer à la Haute autorité politique de référence de l’Union Sacrée qui n’est autre que le Chef de l’Etat, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Si le bureau Kamerhe tombait suite à ces pétitions, il faut craindre que cette situation perturbe le calendrier de la session de septembre dont la principale matière à l’ordre du jour est l’examen et l’adoption du projet de loi de finances exercice 2026 déjà déposé par le Gouvernement Suminwa.

Les députés ne disposant que de trois mois pour examiner et adopter ce projet de loi important pour la nation, la crise actuelle au sein de cette Chambre risque d’amener le pays à terminer l’année sans une loi de finances pour l’exercice 2026.

C’est peut-être cette donne qui pourrait sauver le bureau Kamerhe, si les députés pétitionnaires se décidaient de reconsidérer leur démarche actuelle.