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PDL-145T : l’échéance du 31 décembre menacée

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PDL-145T : l’échéance du 31 décembre menacée

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Par DMK

Dans une vingtaine de jours, l’année 2025 va tirer sa révérence, sans que la première phase de l’ambitieux Programme de Développement Local des 145 Territoires (PDL-145T) de la RDC soit achevée. Un revers qui interpelle le Gouvernement dirigé par Judith Suminwa, quand on sait combien le Chef de l’Etat, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, initiateur dudit Programme, tient à sa mise en œuvre pour améliorer le vécu quotidien des Congolais.

Les ouvrages prévus dans la première phase de ce Programme sont censés être livrés le 31 décembre 2025. Cette échéance a été même réaffirmée dans les résolutions de la 12eme Conférence des Gouverneurs. Mais, au vu de l’évolution des travaux sur terrain et de l’évaluation faite en octobre dernier devant le Sénat, par le Vice-Premier ministre et ministre du Plan, Guylain Nyembo, l’échéance de livraison de la première phase devient incertaine, voire hypothétique.

Crédibiliser la suite du Programme

Face au nouveau revers qui profile à l’horizon, le Gouvernement Suminwa, qui n’aurait décaissé que 59 millions de dollars us sur les 288 millions USD prévus cette année, doit vite se ressaisir, pour sauver sa face.

Point n’est besoin de rappeler que, dans les différentes réunions du Conseil des ministres qu’il a eu à présider, le Président de la République a souvent insisté sur la nécessité pour le Gouvernement de terminer la première phase du PDL-145 T, pour non seulement crédibiliser la suite de ce programme, mais aussi consolider la confiance de la population en la capacité de l’Etat à améliorer son quotidien.

On se souviendra que, lors du Conseil des ministres qu’il avait présidé, le 27 juin dernier, le Chef de l’Etat avait engagé la Première ministre, Judith Suminwa, à mobiliser les ministres concernés par le PDL-145 T, particulièrement le Vice-Premier ministre et ministre en charge du Plan, pour que toutes les batteries soient mises en marche, afin que les ouvrages de la première phase soient achevés dans le délai imparti.

Dans le même cadre, chaque Gouverneur de province était aussi appelé à s’impliquer aux côtés des agences d’exécution, pour accélérer les travaux, en vue de la livraison de la première phase le 31 décembre 2025.

47,4% d’ouvrages réalisés

A quelques jours de l’échéance du 31 décembre 2025, le pari de livraison de la première phase du programme est loin d’être tenu. A en croire le ministre du Plan, Guylain Nyembo, qui a eu à s’expliquer dernièrement sur la question, au cours d’une interpellation devant le Sénat, selon la dernière actualisation du PDL-145 T datée de fin octobre 2025, seulement 1.011 ouvrages ont été achevés sur un total de 2130 ouvrages prévus dans cette première phase. Soit, 47,4% d’ouvrages réalisés pour l’ensemble des agences d’exécution (PNUD, BCECO, et CFEF). A titre indicatif, rien que pour les écoles, sur les 1198 établissements scolaires qu’il fallait construire au cours de cette première phase, seulement 601 ont été effectivement réalisés.

Quant aux centres de santé, il fallait en construire 787 à travers le pays, mais seulement 340 ont été réalisés !

Concernant les bâtiments administratifs, la cote n’est pas non plus reluisante. Sur les 145 bâtiments prévus, seulement 70 ont été effectivement construits.

Le contexte de guerre, un prétexte balayé
Certes, la guerre qui sévit dans l’Est de la RDC est brandie par certaines agences d’exécution pour justifier la non réalisation de quelques ouvrages prévus dans cette phase. Mais, il est inacceptable que le taux d’achèvement des ouvrages soit seulement de la moitié pour l’ensemble du territoire national.

Ce qu’il faut savoir du PDL-145T
Pour rappel, le PDL-145T est un programme initié par le Chef de l’Etat et qui répond à sa vision de promouvoir le développement équilibré du territoire national et de renforcer la cohésion sociale à partir de la base.
Lancé en 2023, ce Programme, dans sa première phase, prévoit la construction des écoles, des centres de santé, et des bâtiments administratifs sur l’ensemble du pays.
Le coût initial du Programme est de 1, 66 milliards de dollars us. Son financement revient principalement au Gouvernement de la République à travers des allocations des Droits de Tirage Spéciaux (DTS) du Fonds Monétaire International (FMI). Sous le Premier ministre Jean Michel Sama Lukonde, celui-ci avait réussi à faire décaisser une première tranche de 511 millions de dollars us pour le PDL-145 T.
Mais, sous l’actuelle Première Ministre, Judith Suminwa, seulement 59 millions de dollars ont été décaissés en octobre 2024. Et pour l’exercice budgétaire en cours, on ne sait pas le montant décaissé pour ce Programme, compte tenu de l’opacité des opérations de décaissement, affirment certaines sources.