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Suminwa II : Probable dernier Conseil des ministres ce vendredi

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Suminwa II : Probable dernier Conseil des ministres ce vendredi

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Suspense autour d’un remaniement imminent

Par LM

Un climat d’attente et de spéculation entoure la tenue du Conseil des ministres prévue ce vendredi 17 avril à Kinshasa. Plusieurs signaux politiques laissent penser qu’il pourrait s’agir de l’une des dernières réunions du gouvernement dirigé par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, dans sa configuration actuelle. «Ça pourra être le dernier», confie une source proche du gouvernement.

Depuis plusieurs mois, le président Félix Tshisekedi a clairement affiché sa volonté d’évaluer l’action gouvernementale et d’opérer des ajustements en fonction des performances des ministres. Dès le début de l’année 2026, il avait insisté sur la nécessité de résultats «concrets, mesurables et vérifiables», mettant ainsi la pression sur l’ensemble de l’exécutif.

Un gouvernement sous évaluation permanente

Formé en 2024, le Gouvernement Suminwa II compte une cinquantaine de membres, mêlant reconductions, nouvelles figures et équilibres politiques issus de la majorité présidentielle. Mais près de deux ans après sa mise en place, les critiques se sont multipliées, notamment sur la lenteur de certaines réformes, la persistance de l’insécurité et les difficultés socio-économiques.

En coulisses, plusieurs sources politiques évoquent une évaluation sectorielle déjà achevée, qui servirait de base à un remaniement imminent. Le Conseil des ministres de ce vendredi pourrait ainsi marquer la fin d’un cycle et ouvrir la voie à une recomposition de l’équipe gouvernementale.

Qui pourrait rester ?

Les ministres jugés performants ou stratégiques devraient logiquement être reconduits. Parmi eux, certains poids lourds de l’exécutif, notamment dans les secteurs de la défense, de l’économie ou de la communication, apparaissent comme difficiles à remplacer à court terme. Les figures ayant su maintenir une visibilité politique et produire des résultats concrets pourraient également conserver leurs portefeuilles, dans une logique de continuité de l’action publique.

Qui est sur la sellette ?

À l’inverse, plusieurs membres du gouvernement sont fragilisés par des critiques récurrentes. Les secteurs de la sécurité, des infrastructures ou encore du social sont particulièrement pointés du doigt par l’opinion et certains élus. Les ministres jugés peu visibles, inefficaces ou en difficulté dans la mise en œuvre des politiques publiques pourraient faire les frais du remaniement.

Dans certains cas, des pressions politiques internes au sein de la majorité pourraient également peser dans la balance. «À mon humble avis, 90% de cette équipe devront partir, au regard de leur faible rendement. Il faut de nouvelles têtes pour que le pays décolle», estime un étudiant en droit de l’Université de Kinshasa.

Des tractations politiques en cours

Comme souvent en RDC, un remaniement gouvernemental ne relève pas uniquement de critères techniques. Il s’inscrit aussi dans un jeu d’équilibres politiques complexes. Au sein de l’Union sacrée de la Nation, les discussions seraient intenses.

Chaque regroupement chercherait à consolider ou améliorer sa représentation au sein du gouvernement. Des négociations impliquant partis politiques, regroupements et personnalités influentes seraient en cours pour redéfinir les quotas et les postes clés. Des ambitions individuelles s’expriment également en coulisses, certains acteurs politiques multipliant les démarches pour intégrer ou conserver une place dans la future équipe gouvernementale.

Un tournant politique attendu

Au-delà des personnes, ce remaniement est perçu comme un test pour le second mandat de Félix Tshisekedi. Il devra à la fois répondre aux attentes de la population, maintenir la cohésion de sa majorité et imprimer une nouvelle dynamique à l’action gouvernementale.

Si le Conseil des ministres du 17 avril ne scelle pas immédiatement le sort du gouvernement Suminwa II, il pourrait néanmoins en constituer le prélude. Dans un contexte marqué par des défis sécuritaires persistants et des attentes sociales fortes, la recomposition de l’exécutif apparaît désormais comme une étape clé pour relancer l’action publique.