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Alerte de la société civile de l’Ituri : le manque d’électricité favorise l’augmentation de la criminalité à Bunia

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Alerte de la société civile de l’Ituri : le manque d’électricité favorise l’augmentation de la criminalité à Bunia

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Par N.T.

Ces derniers temps, la ville de Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, dans l’extrême Nord-est de la République Démocratique du Congo, est en grande partie plongée dans l’obscurité par manque d’électricité. « Aujourd’hui le taux élevé de criminalité dans la ville de Bunia est aussi lié, entre autres, à l’absence de l’électricité car les criminels profitent de l’obscurité pour opérer sans inquiétude », a déclaré mardi à la presse à Bunia le secrétaire permanent du cadre de concertation de la société civile sur les ressources naturelles (CDC/RN), Me Jimmy Munguriek. 

Depuis février 2023, la centrale hydroélectrique de Budana qui alimente Bunia en électricité fonctionne avec une seule turbine. La conséquence est que la grande partie de Bunia est dans le noir, a relevé cet activiste de la société civile environnementale. Actuellement, cette centrale hydroélectrique produit moins de 2 mégawatts alors que la ville de Bunia a besoin d’au moins 40 mégawatts pour être bien électrifiée.

Dans un rapport intitulé « Bunia sans électricité, les causes connues et les solutions connues », le cadre de concertation de la société civile sur les ressources naturelles (CDC/RN) a alerté sur la dégradation très avancée de l’accès à l’électricité dans la province de l’Ituri en général et dans la ville de Bunia en particulier.

Jimmy Munguriek a rappelé qu’en 2018, le CDC/RN avait publié un rapport intitulé « La dernière turbine de Budana, épée de Damoclès sur la province de l’Ituri ». A cette époque, il restait une seule turbine opérationnelle, quelques mois après la deuxième turbine avait été réhabilitée.
Depuis 2017, a déploré Me Jimmy Munguriek, la Société minière de Kilo-Moto (SOKIMO), propriétaire de la centrale hydroélectrique de Budana qui alimente une petite partie de Bunia en électricité, est entrain de tâtonner entre différents partenaires qui puissent venir en appui pour relever ce défi.

Le constat est que 7 années après, aucun partenariat n’a réussi à relever ce défi. Le CDC/RN avait alerté sur le partenariat dont l’issue paraissait floue et avait demandé à la SOKIMO de revoir ses modalités de sélection des partenaires. Cette sélection devrait passer par un processus transparent, notamment des appels à manifestation d’intérêt en vue de sélectionner des sociétés avec capacité technique et financière prouvée. Pour Jimmy Munguriek, la non prise en compte de cette recommandation reste sans doute la cause du non relèvement de la centrale hydroélectrique de Budana qui produit actuellement moins de 2 mégawatts.

Pour relever le défi de l’électrification de l’Ituri, le CDC/RN a recommandé au gouvernement central qui a la responsabilité de garantir l’accès à l’électricité de la population d’encourager les initiatives locales tendant à produire l’électricité en allégeant notamment la fiscalité et de garantir un bon climat des affaires susceptible d’attirer plus d’investisseurs.

Le CDC/RN a aussi recommandé à la société «Nuru» qui gère la centrale hydroélectrique de Budana d’accélérer son projet de production de 8 mégawatts pour la ville de Bunia en vue de soulager tant soit peu le chef-lieu de l’Ituri qui a besoin de plus de 40 mégawatts pour une électrification de qualité. A la Fédération des entreprises du Congo (FEC/Ituri), il est recommandé d’encourager ses membres à diversifier leurs affaires, notamment en investissant dans le secteur de l’électricité.