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Le suicide en RDC : une réalité trop longtemps passée sous silence

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Le suicide en RDC : une réalité trop longtemps passée sous silence

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Par Tantia Sakata

Le suicide demeure, en République démocratique du Congo, une problématique largement méconnue, a déclaré le mercredi 10 septembre le Secrétaire général à la Santé publique, le Dr Body Ilonga Bompoko. L’homme s’exprimait lors de la célébration, à Kinshasa, de la première Journée mondiale de prévention du suicide.

Au niveau international, cette Journée a été placée sous le thème :  » Changer le discours sur le suicide « . En RDC, cette première édition a eu pour thème :  » Suicide, une réalité méconnue en République Démocratique du Congo « . Selon le Dr Body Ilonga, Secrétaire général à la Santé publique, ce choix constitue un appel à rompre le silence, à combattre les préjugés et à faire de la prévention du suicide une responsabilité partagée par tous. « Le suicide est un problème de santé publique, mais aussi une épreuve tant humaine, familiale que sociale « , a-t-il souligné.

Il a insisté sur le fait que le suicide n’est pas une fatalité. Il peut être évité, notamment lorsque les signes de détresse sont identifiés, lorsque la parole est accueillie sans jugement, lorsque les personnes à risque sont orientées rapidement et lorsque les soins nécessaires sont accessibles.  » Demander de l’aide doit être reconnu comme un acte de courage. Ecouter, soutenir, orienter peut sauver une vie « , a-t-il ajouté.

Dans la perspective de la Couverture Santé Universelle, le Ministère de la Santé affirme vouloir garantir l’accès, pour chaque Congolaise et chaque Congolais, à des services essentiels de soins de qualité, y compris les services de santé mentale, sans difficultés financières. Pour ce faire, il entend poursuivre et renforcer plusieurs actions prioritaires avec le Programme National de Santé Mentale. Parmi elles figurent l’intégration de la santé mentale dans les soins de santé primaires, le renforcement des capacités des prestataires et des acteurs communautaires, l’amélioration de la détection précoce, de l’orientation et de la continuité des soins, ainsi que la lutte contre la stigmatisation, via la notification et la surveillance.

Le Dr Body Ilonga a également appelé à consolider une collaboration multisectorielle impliquant notamment l’éducation, les affaires sociales, la justice, les droits humains, la jeunesse, la communication et la sécurité, mais aussi les organisations de la société civile, les communautés religieuses, les familles, les partenaires techniques et financiers et les chercheurs.  » La prévention doit atteindre les écoles et les universités, les lieux de travail, les structures de santé, les communautés touchées par les crises et tous les espaces où une personne vulnérable peut être repérée et soutenue « , a-t-il relevé.

Pour sa part, le Directeur du Programme national de santé mentale, le Dr Gédéon Samba, a rappelé que la prévention du suicide fait partie des cibles des Objectifs du Développement Durable (ODD), affirmant que chaque pays devrait y prendre compte d’ici 2030.  » Certes, nous avons connu du retard, mais il est encore possible de nous rattraper « , a-t-il déclaré.

De son côté, le représentant des partenaires techniques et financiers de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), M. Etienne Mpoyi, a indiqué qu’en 2021, environ 727 000 personnes sont mortes par suicide. Il a précisé que le suicide constitue actuellement la troisième cause de décès chez les jeunes âgés de 15 à 29 ans, et que près de 73 % de ces décès surviennent dans les pays à revenus faibles ou intermédiaires.

Concernant la RDC, des données disponibles restent préoccupantes. Le Mental Health Atlas 2020 de l’OMS estimait, pour 2019, un taux de mortalité standardisé par suicide de 12,41 décès pour 100 000 habitants. Au deuxième trimestre 2024, le Système National d’Information Sanitaire (SNIS) a notifié 958 tentatives de suicide, soit une hausse de 123 % par rapport au trimestre précédent, ainsi que 54 décès par suicide.

Le suicide, a rappelé l’initiative, résulte rarement d’une cause unique. Il peut être lié à des troubles mentaux, à des violences, aux conflits armés, aux déplacements de populations, aux pertes, à la pauvreté, à l’usage de substances psychoactives, à l’isolement et aux discriminations. Cette activité a été organisée par le Ministère de la Santé publique, hygiène et prévoyance sociale, en partenariat avec l’OMS, l’OIM, le KFW et la coopération allemande.