Face à la détérioration de la situation, RDC : le Conseil de Sécurité active son « plan d’urgence » !
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Pris de court par cette décision, Kinshasa conditionne sa participation au rendez-vous de Genève à la « révisitation » du rapport présenté par le Secrétaire Général adjoint de l’ONU, Mark Lowcock.
Le Conseil de Sécurité de l’ONU vient d’activer « le niveau le plus élevé de préparation aux situations d’urgence face à la détérioration de la situation humanitaire en République Démocratique du Congo (RDC) que M. Mark Lowcok, Secrétaire Général adjoint de l’ONU en charge des affaires humanitaires et coordonnateur des secours d’urgence juge « catastrophique ».
La décision prise par le Conseil de Sécurité intervient quelques jours seulement après la visite que ce haut fonctionnaire onusien venait d’effectuer dans certaines régions de ce vaste pays d’Afrique où les Nations Unies continuent de garder plusieurs centaines de Casques bleus dans le cadre d’une importante Mission de stabilisation.
Avant d’activer le niveau le plus élevé de préparation aux situations d’urgence, le Conseil de Sécurité avait donné l’occasion, le 19 mars 2018, au Secrétaire Général adjoint de l’ONU, Mark Lowcock, de faire son rapport sur le drame humanitaire qui sévit en République Démocratique du Congo, au cours d’une réunion organisée à ce sujet à Genève, en Suisse.
Dans une déclaration à la presse publiée le jeudi 22 mars par la présidence du Conseil qui est occupée en mars par les Pays-Bas, les membres du Conseil ont affirmé qu’au moins 13,1 millions de Congolais ont besoin d’aide, dont plus de 7,7 millions sont en situation d’insécurité alimentaire grave, ce qui a poussé l’ONU à activer le niveau le plus élevé de préparation aux situations d’urgence.
Dans cette déclaration, les membres du Conseil se sont déclarés « profondément préoccupés par le nombre très élevé de personnes déplacées à l’intérieur du pays, qui a plus que doublé au cours de l’année écoulée et dépasse aujourd’hui les 4,49 millions, par la présence en RDC de 540.000 réfugiés et par le fait que plus de 714.000 réfugiés congolais se trouvent dans des pays voisins du fait de la poursuite des hostilités ».
Les membres du Conseil insistent aussi « sur la nécessité de trouver une solution à la présence de groupes armés dans le pays » réitèrent leur appel en faveur de la tenue « d’élections transparentes, crédibles et ouvertes à tous, qui sont essentielles pour instaurer la paix et la sécurité de façon durable en RDC ».
Aussi ont-ils félicité les agences humanitaires des Nations unies, les partenaires et les donateurs pour les efforts déployés afin d’apporter une aide rapide et coordonnée à la population. Ils ont invité les États membres et d’autres partenaires à accroître rapidement le financement afin de répondre aux besoins humanitaires dans le pays. Le Conseil de Sécurité a par ailleurs réaffirmé l’importance de la conférence de donateurs prévue le 13 avril 2018 à Genève, pour mobiliser des fonds en faveur des populations meurtries de la RDC.
Les membres du Conseil se sont déclarés préoccupés par la multiplication des entraves à l’accès humanitaire dans l’est de la RDC en raison de l’insécurité et de la violence, ainsi que par les attaques incessantes visant les agents et les moyens humanitaires. Ils ont demandé à toutes les parties « de respecter l’impartialité, l’indépendance et la neutralité des agents humanitaires » et souligné « la nécessité de ménager aux acteurs humanitaires un accès sûr et sans entraves ».
Embarras et panique à Kinshasa !
La décision prise par le Conseil de Sécurité face à la détérioration de la situation en République Démocratique du Congo a jeté un vent de panique dans les rangs des dirigeants congolais. En témoigne, le communiqué que le gouvernement dirigé par Bruno Tshibala a publié le vendredi 23 mars 2018 et dans lequel l’exécutif congolais conditionne sa participation à la conférence que l’ONU va organiser le 13 avril prochain à Genève pour des contributions financières susceptibles de répondre à la crise humanitaire grave qui sévit dans ce pays à une révisitation du rapport présenté par le Secrétaire Adjoint de l’ONU aux affaires humanitaires.
Dans ce communiqué, les autorités de la RDC, embarrassées par le rapport de Mark Lowcock « conditionnent leur participation à la conférence de Genève à l’harmonisation des vues avec les partenaires humanitaires, notamment sur les indicateurs de la situation humanitaire actuelle en RDC » !
« Pour harmoniser nos vues sur les statistiques, il a été décidé de convoquer avant la rencontre de Genève, une réunion pour avoir un même entendement dans la conduite des affaires humanitaires en RDC. Cette réunion ne s’étant pas tenue, et ayant suivi plusieurs déclarations faites par certaines organisations humanitaires, tendant à intoxiquer l’opinion, la RDC décline sa participation à la conférence de Genève », a notamment déclaré José Makila, ministre de Transports et communications qui fait l’intérim du chef du gouvernement Tshibala.
A en croire les autorités congolaises, lors d’une rencontre le 12 mars à Kinshasa avec le Secrétaire Général adjoint de l’ONU aux affaires humanitaires, les dirigeants de la RDC avaient demandé à Mark Lowcock de « revisiter l’activation du niveau d’urgence humanitaire le plus élevé dans le système humanitaire international, soit le L3 », dont fait l’objet la RDC. Kinshasa affirme aussi avoir « récusé ce positionnement » tout en taxant cette décision de l’ONU « d’excessive », même s’il reconnait que le pays fait face à des situations d’urgence.
Pour le gouvernement congolais, il y a une discordance des statistiques sur la situation humanitaire, entre celles fournies par le gouvernement, établies par les différents services habiletés dans la collecte des données sur le terrain et celles provenant de la communauté humaine. L’activation du niveau humanitaire le plus élevé basé sur des faits qui ne sont pas réels, constituent un frein pour le développement de la RDC.
Une attitude qui décourage les opérateurs économiques qui veulent y investir », argumente le gouvernement congolais. Le Conseil de sécurité ne cache plus sa vive inquiétude concernant la détérioration de la situation humanitaire en République démocratique du Congo « qui est devenue catastrophique dans certaines régions du pays ».
Dans leur déclaration à la presse jeudi 22 mars, les membres du Conseil ont déploré le fait que « le nombre de personnes déplacées à l’intérieur du pays a plus que doublé au cours de l’année écoulée et dépasse aujourd’hui les 4,49 millions, par la présence en RDC de 540.000 réfugiés et par le fait que plus de 714.000 réfugiés congolais se trouvent dans des pays voisins du fait de la poursuite des hostilités ».
Par DMK







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