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31 ans après sa mort en France : Le sapeur Stervos Niarcos toujours célébré à Kinshasa

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31 ans après sa mort en France : Le sapeur Stervos Niarcos toujours célébré à Kinshasa

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Par YHR

Le mardi 10 février, quelques dizaines de sapeurs se sont recueillis sur la tombe du  » Pape de la Sape « , l’artiste-musicien Adrien Mombele N’gantshie, alias Stervos Niarcos, mort en 1995. Depuis 31 ans, chaque année, ils se retrouvent au cimetière de la Gombe, à Kinshasa, où il repose, pour célébrer la mémoire de celui qui est devenu une figure mythique de la Sape (Société des ambianceurs et des personnes élégantes).

Chanté par des musiciens

Né le 31 mai 1952 à Léopoldville, dans une famille de notables où (son père était ministre), il découvre l’Europe et se passionne pour les vêtements de luxe, adoptant dès l’adolescence un train de vie exceptionnel. Installé à Paris à partir de 1977, il ne retourne que rarement à Kinshasa, une distance qui contribue à nourrir la légende autour de son personnage, entre faste, mode et nuits parisiennes. Il y fait la connaissance de grandes figures de la musique congolaise de l’époque, comme Papa Wemba, Bozi Boziana, Antoine Evoloko ou encore Kester Emeneya, qui le chantent,il pose même sa voix sur des morceaux. Auteur-compositeur, ses chansons sont interprétées par Bozi Boziana ou Papa Wemba, avec qui il sort l’album  » Champs-Élysées  » en 1984.Sa chanson  » Religion ya Kitendi « , sortie en 1989, a érigé la recherche vestimentaire en véritable sens de la vie.
Mais en France, Niarcos a également connu quelques démêlés judiciaires. Emprisonné au centre pénitentiaire de Fresnes dans une affaire de stupéfiants, c’est là qu’il tombe malade, avant de mourir le 10 février 1995 à l’hôpital de la Salpêtrière.

Démêlés avec la Justice en France

La Société des ambianceurs et des personnes élégantes (plus connue sous l’acronyme S.A.P.E ou sape) est un mouvement culturel et de société originaire de la République du Congo. Ses adeptes, appelés les sapeurs et parfois black dandies, s’habillent chez les grands couturiers ou font concevoir leurs vêtements sur le même modèle, puis paradent dans la rue ; ils pratiquent la  » Sapologie « , art de bien se  » saper « .

L’origine de la sape est mal connue. Les sapeurs se revendiquent plus ou moins des dandys européens du XIXe siècle et pourraient avoir commencé leur activité dans les années 1920. À l’époque, il s’agit d’une façon d’imiter le colonisateur en accaparant son style vestimentaire et ses manières, d’une part pour être intégré dans leurs sphères, mais aussi par provocation.

IT/ La religion  » kitendi « 

La sape prend son essor après la seconde guerre mondiale, quand les soldats et étudiants congolais de retour d’Europe rentrent chez eux en rapportant la mode parisienne. Stervos Niarcos est considéré comme le fondateur officiel de la sape moderne et de la religion  » kitendi  » (habillement en lingala) tandis que Papa Wemba démocratise le mouvement. La sape se popularise réellement au cours des années 1960 à Brazzaville, puis à Kinshasa, avant de se développer ensuite dans les diaspora congolaises, en France et en Belgique. Elle gagne ensuite en popularité au Cameroun, au Gabon ou encore en Côte d’Ivoire.