Tshisekedi certifie les sanctions américaines contre Kabila
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Par LM
Face à la presse, Félix Tshisekedi a franchi un nouveau cap dans son affrontement avec Joseph Kabila en validant publiquement les sanctions américaines visant son prédécesseur, Joseph Kabila. Une prise de position rare, brutale, qui expose au grand jour la guerre politique désormais totale entre les deux anciens alliés.
À Kinshasa, le chef de l’État congolais n’a laissé aucune place à l’ambiguïté. Interrogé sur les sanctions imposées par Washington contre Joseph Kabila, accusé de soutenir des groupes armés dans l’Est de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi a repris à son compte les accusations américaines. » Ces sanctions se justifient. Ils n’ont vu que ce que moi j’avais vu depuis plusieurs années « , a lancé le président congolais, avant d’enfoncer le clou : » Les Américains ne sont pas des enfants de cœur. Aujourd’hui, ils sont à la manœuvre contre tous ceux qui nuisent à leurs intérêts « .
Derrière cette déclaration se dessine une accusation d’une gravité exceptionnelle : celle d’un ancien président soupçonné d’avoir entretenu l’instabilité sécuritaire dans l’Est du pays au point d’entrer en collision avec les intérêts stratégiques américains dans la région des Grands Lacs. Ces propos actent la rupture totale entre les deux hommes qui avaient pourtant orchestré, en 2018, la première alternance pacifique de l’histoire congolaise. À l’époque, l’accord politique entre le Front commun pour le Congo (FCC) de Joseph Kabila et le Cap pour le changement (CACH) de Félix Tshisekedi avait permis une cohabitation inédite au sommet de l’État. Mais derrière la façade institutionnelle, la méfiance n’a jamais disparu.
Deux ans plus tard, Tshisekedi rompait avec son prédécesseur et lançait l’Union sacrée de la Nation, nouvelle coalition destinée à neutraliser l’influence politique de Kabila au sein des institutions. Le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD), formation de Joseph Kabila, a été suspendu. Plusieurs de ses proches ont été interpellés.
Quant à l’ancien président, retiré officiellement de la vie politique, il est soupçonné de tirer les ficelles d’une stratégie de déstabilisation nationale. Les sanctions américaines sont venues renforcer cette offensive politique. Washington accuse Joseph Kabila d’implication dans le financement et le soutien logistique de groupes armés opérant dans l’Est de la RDC, notamment au Nord-Kivu et en Ituri. Les autorités américaines évoquent des » menaces contre la paix et la sécurité régionales « .
Dans l’Est du Congo, les violences continuent de ravager les populations civiles. Entre la résurgence du Mouvement du 23 Mars (M23), les attaques des Forces Démocratiques Alliées (ADF) et la prolifération de groupes armés locaux, la région reste au cœur d’une guerre complexe où se mêlent enjeux sécuritaires, rivalités régionales et contrôle des ressources minières.






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