La consultation préscolaire redynamisée, une des stratégies de lutte contre la malnutrition en RDC
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En RDC, la mortalité chez les enfants de moins de 5 ans est essentiellement due au paludisme, à la diarrhée, aux infections respiratoires aiguës, aux maladies évitables par la vaccination telles que la rougeole, le tétanos néonatal, généralement sur fond de la malnutrition qui est responsable de 45% de décès d’enfants de cette catégorie d’âge, selon Lancet, juin 2013. Le constat est que depuis 15 ans, le taux de prévalence de la malnutrition chronique stagne autour de 43%, soit 1 enfant de moins de 5 ans sur 2, alors qu’1 enfant sur 10 de cette catégorie d’âge souffre de malnutrition aigüe.
La Tempête des Tropiques a abordé mercredi deux spécialistes en nutrition qui ont expliqué qu’il existe des mesures simples et peu coûteuses de prévention ou traitement de toutes ces affections. Il s’agit du Dr Toussaint Tusuku, chef de division chargé des interventions au Programme National de Nutrition (PRONANUT) et du Dr Annie Mitelezi, administratrice chargée de la nutrition au bureau du Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) en RDC. Les deux experts ont indiqué que la consultation préscolaire est une opportunité pour la prévention de la malnutrition chronique et des autres maladies tueuses d’enfants.
Qu’est-ce que la consultation préscolaire ?
La consultation préscolaire, c’est cette activité qui consiste, pour les mères, à amener leurs enfants au centre de santé une fois par mois jusqu’à l’âge de 2 ans et une fois par trimestre jusqu’à l’âge de 5 ans pour contrôler et suivre leur santé, leur croissance et leur développement harmonieux.
Le Dr Tusuku du PRONANUT explique que la consultation scolaire est appelée actuellement « Consultation préscolaire redynamisée » pour faire la différence avec ce qui se passait avant. Les parents confondaient la CPS avec la vaccination. Ils venaient avec leurs enfants à la consultation préscolaire (CPS) uniquement pour les faire vacciner jusqu’à l’âge de 11 ans, et après il n’y avait plus rien. Et pourtant, indique le Dr Tusuku, la vaccination n’est qu’une intervention parmi tant d’autres de la CPS redynamisée.
Au cours de la CPS redynamisée qui se déroule dans un climat détendu entre les prestaires des soins et la mère, poursuit-t-il, l’enfant bénéficie d’un paquet d’interventions promotionnelles et d’un paquet d’interventions préventives.
Les interventions promotionnelles sont notamment le suivi de la croissance de l’enfant, la promotion de l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant (allaitement maternel optimal, alimentation de complément adéquate), la promotion des autres pratiques familiales telles que l’utilisation de la moustiquaire imprégnée d’insecticide, le lavage des mains, l’utilisation des latrines hygiéniques,….
Les interventions préventives sont notamment la vaccination pour les enfants de 0 à 11 mois, la supplémentation en vitamine A au premier contact à 6 mois, le déparasitage au mebendazole pour éliminer les vers. Ces interventions permettent de prévenir les maladies et la malnutrition. Selon ce médecin, dans la consultation préscolaire, il y a la stratégie fixe qui consiste à amener les enfants au centre de santé et la stratégie avancée lorsque les prestataires de soins vont vers les ménages éloignés de ces centres de santé avec l’aide des relais communautaires qui sensibilisent les parents.
L’UNICEF apporte son appui à la CPS
Selon le Dr Annie Mitelezi, administratrice chargée de la nutrition à l’UNICEF/RDC, cette agence de l’ONU apporte un appui financier au ministère de la Santé pour la formation des prestataires chargés de mener la consultation préscolaire redynamisée. L’UNICEF, poursuit-elle, met également à la disposition des prestataires des matériels appropriés tels que les fiches qui permettent de monitorer la consultation préscolaire.
Pour la nutritionniste Annie Mitelezi, la nouvelle stratégie « consultation préscolaire redynamisée » permet de mettre l’accent sur le consuling personnel. Dans l’ancienne approche, dit-elle, il fallait attendre que les mères soient nombreuses au centre de santé pour les sensibiliser alors que dans la nouvelle approche, même si c’est une seule mère qui arrive, on la reçoit et on lui donne des conseils pour la bonne croissance de l’enfant.
Ainsi, une femme peut venir avec son enfant au centre de santé à 8 heures et moins d’une heure après elle peut aller vaquer à d’autres occupations, affirme le Dr Mitelezi. En plus des conseils en groupe, insiste-t-elle, on met l’accent sur les conseils individuels à donner à une mère parce que le problème de tel enfant n’est pas nécessairement le problème de tel autre.
Par Norbert Tambwe






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