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Vie d’un opposant intraitable

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Vie d’un opposant intraitable

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Étienne Tshisekedi wa Mulumba, mort le 1er février dernier aux cliniques de l’Europe-Sainte-Elisabeth de Bruxelles d’une embolie pulmonaire, laisse un grand vide derrière lui. Depuis la rédaction, en décembre 1980, de  la lettre des 13 parlementaires, il n’a cessé d’être de tous les combats de l’opposition congolaise. En 1982, l’homme participe à la fondation de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS).

À la suite de cela, lui et ses compagnons de lutte sont plusieurs fois emprisonnés ou encore relégués dans leur village natal.  Tshisekedi  doit aller vivre dans son village natal de Kabeya-Kamuanga, dans le Kasaï oriental sans oublier qu’il a été à plusieurs reprises emprisonné dans l’arrière pays.

Plusieurs fois Premier ministre

Tshisekedi accède une première fois au poste de Premier ministre entre le 29 septembre et le 1er novembre 1991. La cohabitation est tellement houleuse avec le président Mobutu qu’il est écarté  au profit de Bernardin Mungul Diaka.

Au cours de la Conférence Nationale Souveraine (CNS),il est élu  Premier ministre le 15 août 1992, remplaçant à cette fonction Jean de Dieu Nguz A Karl-I-Bond. Il est de nouveau mis de côté par la seule volonté de Mobutu qui lui préfère, Faustin Birindwa le 18 mars 1993.

La troisième fois qu’il est nommé à la tète du gouvernement, le 2 avril 1997, alors que la rébellion de l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo/Zaïre (AFDL) marche sur Kinshasa, il n’y reste qu’une semaine.

Avec l’arrivée de Laurent Désiré Kabila au pouvoir, en mai 1997, la cohabitation entre les deux personnalités s’avère difficile. Au point que les nouvelles autorités le relèguent une nouvelle fois dans son village, lui fournissant même une tondeuse afin qu’il s’y adonne à des activités agricoles. Rentré plus tard dans la capitale, Tshisekedi refuse en 2003 d’entrer dans le gouvernement de transition.

Le 23 décembre 2011, à l’issue d’une élection présidentielle reconnue par  plusieurs organismes locaux et internationaux comme truffée d’« irrégularités », Joseph Kabila est proclamé Président de la république. Étienne Tshisekedi, arrivé premier au cours du premier tour, revendique la victoire définitive. Il se proclame par la suite président de la République Démocratique du Congo,  prêtant même  serment depuis sa résidence de Limete.

En juillet 2014, Tshisekedi quitte la RD Congo pour la Belgique, où il est traité pour des problèmes de santé. Il y demeure jusqu’en juillet 2016, où il effectue un retour à Kinshasa, accueilli par des centaines de milliers de sympathisants. Fin janvier 2017, alors que l’UDPS participe aux négociations avec le président Kabila, le vieux combattant quitte Kinshasa pour son dernier voyage.

Parcours d’un combattant

Étienne Tshisekedi wa Mulumba est né le 14 décembre 1932 à Luluabourg (chef-lieu du Kasaï Occidental), d’Alexis  Mulumba et Agnès Kabena Mwauka. L’homme  obtient son diplôme de docteur en droit à l’université Lovanium de Kinshasa en 1961, devenant ainsi le premier diplômé en droit du Congo.

Déjà en 1960, il est membre du collège des Commissaires généraux, gouvernement provisoire mis en place par Joseph-Désiré Mobutu après un coup d’État, en tant qu’adjoint du Commissaire à la Justice, Marcel Lihau.

De  1961 à 1965, Étienne Tshisekedi est le recteur de l’École nationale de droit et d’administration (ENDA). Il participe au gouvernement congolais et devient ministre de l’Intérieur et des Affaires coutumières du président Mobutu en 1965. Il prend part à la rédaction de la Constitution congolaise de 1967.

Cette même année, au conclave de N’Sele, Tshisekedi rédige, avec Mobutu, Justin Bomboko et Singa Udjuu, le manifeste de la Nsele, créant ainsi le Mouvement populaire de la Révolution. Le manifeste de la Nsele, dans sa version originale, prévoyait l’existence de deux partis politiques au Congo. Mobutu le modifie unilatéralement en consacrant le monopartisme, avant d’éloigner progressivement Tshisekedi à cause de son intransigeance vis-à-vis du parti unique.

Par YHR

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