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Tollé général autour de l’invalidation annoncée du passeport congolais :

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Tollé général autour de l’invalidation annoncée du passeport congolais :

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Majorité et Opposition pour une fois unanimes pour condamner la décision du vice-ministre des Affaires étrangères Aggée Matembo Toto

Les passeports semi-biométriques ne seront plus valides dès le 16 octobre prochain, annonce le vice-ministre des Affaires étrangères, Aggée Aje Matembo Toto, dans un communiqué daté  du vendredi 15 septembre dernier. Pourtant, il était prévu, lors du lancement du passeport biométrique, que les détenteurs des anciens passeports puissent les garder jusqu’à leur expiration, avant de se procurer le nouveau modèle avec puce.

Il est donc officiellement annoncé que « les anciens passeports congolais semi-biométriques encore en circulation n’auront plus cours légal sur toute l’étendue de la République Démocratique du Congo » à dater du 16 octobre 2017. Le vice-ministre des Affaires Etrangères justifie cette décision par « l’impératif d’uniformiser l’identification des citoyens lié à des considérations sécuritaires ». Aux Congolais résidant à l’étranger et qui rentrent au pays, le passeport indésirable sera confisqué à la frontière. La photocopie du document confisqué leur sera remise pour des modalités d’usages, indique encore le communiqué.

Cette décision, du reste impopulaire, a soulevé des vagues de protestation tant à la cité que dans des salons politiques. Même Claude Mashala et Yves Kisombe, tous deux de la Majorité présidentielle (MP), ont sévèrement critiqué cette mesure impopulaire qui vient ruiner davantage le peuple congolais. De même que Zacharie Bababaswe, qui exige le retrait, « sans délai », de cette décision invalidant les passeports semi-biométriques.

A cheval entre Pékin et Kinshasa, un commerçant qualifie cette décision d’ « escroquerie » pure et simple. Pour lui, « ces autorités savaient très bien que les passeports semi-biométriques perdraient leur valeur avant expiration, mais ont quant même eu l’audace de nous les vendre à un prix exorbitant ». Il souhaite que ceux dont les passeports sont encore valides ne versent rien pour l’échanger contre  le nouveau document.

Sur les réseaux sociaux, des pétitions se multiplient pour contrer cette mesure d’Aggée Matembo. « N’avalez pas cette mesure », soutiennent des Congolais résidant à l’étranger. « Qui va percevoir cet argent, c’est qui le vendeur ? », se demandent d’autres, qui veulent savoir quelle est la famille qui profitera de la vente du nouveau passeport biométrique.  « C’est encore une preuve que le ventriotisme est la doctrine politique de nos dirigeants », lance un enseignant de l’EPSP en grève.

Une décision inconstitutionnelle, selon la DC de Diomi Ndongala

La Démocratie chrétienne (DC), parti cher à l’opposant Eugène Diomi Ndongala, n’a pas tardé de réagir à ce communiqué qui a créé la panique dans le chef de la population. Cette formation politique dénonce l’ « inconstitutionnalité » du communiqué du ministère des Affaires Etrangères de la RDC, prétendant invalider brusquement tous les passeports et limitant ainsi le droit fondamental à la libre circulation des citoyens congolais.

Dans une réaction signée par le porte-parole adjoint de la DC, Marc Mawete, le bureau politique de la Démocratie Chrétienne, (DC), tient à exprimer toute sa désapprobation par rapport à la volonté du ministère des Affaires Étrangères de la RDC d’invalider « subitement » les passeports des citoyens congolais, par un « Communiqué » N°130/0001/17, daté du 15/09/2017, qui annonce que ces documents de voyage n’auront plus cours légal à partir du 16 octobre 2017.  La DC souligne que les autorités congolaises semblent avoir un problème d’application, à géométrie variable, du concept de « délai légal ».

Alors que tous les mandats électifs, du président de la République aux sénateurs, en passant par les députés nationaux et provinciaux, ont tous expiré, fait remarquer le parti cher à Diomi Ndongala, les droits et la validité des documents des citoyens congolais sont souvent écourtés, « par des simples communiqués qui ne sont ni des actes réglementaires, ni légaux, mais aussi selon des modalités qui lèsent les droits fondamentaux des citoyens ». En effet, la libre circulation et le droit de venir et partir de la R.D.Congo, sont protégés par l’Art.30 de la Constitution actuellement en vigueur en RDC.

D’autant plus que le fait de soumettre les citoyens congolais, déjà appauvris par une grave crise économique et un chômage chronique, à de nouvelles contraintes financières pour se procurer un nouveau passeport (déjà parmi les plus chers au monde), dans un délai irréaliste d’ à peine 1 mois, « cache mal la volonté du régime de vouloir contrôler et sûrement limiter le droit à la libre circulation des Congolais, aussi bien ceux résidant en RDC qu’à l’étranger ».

Le stock important qui requiert un changement soudain de passeport, va constituer un argument pour octroyer le document de voyage congolais, au temps et à la tête du demandeur. « Cela bloquera la libre circulation des citoyens congolais les plus engagés… », constate la DC.

Voilà pourquoi, la Démocratie Chrétienne invite les citoyens congolais à protester et ne pas accepter que, de par un simple « communiqué » , des autorités hors mandat veuillent imposer à tout un peuple, une limitation de leur liberté de circulation, protégée par la Constitution de la RDC, à l’approche de l’expiration du « délai politique » du 31/12/2012.

Mende défend… sans convaincre

Suite aux vives réactions aussi bien de la classe politique que de la société civile, l’inamovible porte-parole du gouvernement, Lambert Mende Omalanga, a fait une apparition médiatique à la télévision nationale pour tenter d’expliquer cette décision de son collègue des Affaires Etrangères, évoquant des raisons sécuritaires. Mende explique qu’il ne sera plus possible de faire circuler deux passeports instantanément, l’un semi-biométrique et l’autre biométrique.

Il annonce que les semi-biométriques seront tous retenus à l’aéroport, pour que leurs propriétaires acquièrent les nouveaux, conformément à la volonté de l’Organisation de l’aviation civile (OACI). « La circulation simultanée des passeports semi-biométriques et biométriques pose un réel problème de fiabilité », dit le ministre des Médias.

Par LM

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